Affichage des articles dont le libellé est L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis. Afficher tous les articles

mercredi 23 août 2017

L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis (fin)

De gauche ; Henrik Zygalski, Jerzy Różycki, Marian Rejewski


Toutefois, leur réussite ne se limite pas là.
Marian « Henrik, j’ai découvert une chose intéressante à propos de la structure répétitive. »
Henrik « Comment ça ? »
Marian « Quand deux permutations sont conjuguées si et seulement si elles ont la même structure de cycle, le nombre de cycles de mêmes longueurs sera… »
Henrik « Pair ! Alors l’inverse doit être aussi possible ! Parce que ….. »
Marian « Tout à fait, si on suppose que le nombre arbitraire est a1, l’ordre de a2, a3 sera constitué…. »
Gwido Langer « A, attendez ! Je ne comprends pas du tout ce que vous dites ! »
Rejewski appliqua la loi de la structure répétitive à la théorie des groupes. Il découvrit ‘’Le théorème de Rejewski’’.
Ce théorème servit à déterminer les résultats corrects de manière plus efficace et le temps nécessaire pour le décryptage en fut réduit.

L’orgueil et l’inattention de l’armée allemande qui croyait qu’Enigma était invincible contribuèrent également à leur décodage.
Henrik « Encore une fois la clé du message est ‘’ABCABC’’. D’autres sont aussi ‘’AAAAAA’’ ou ‘’BBBBBB’’. Je trouve ça négligeant. »
Henrik « Mais je comprends que ce soit laborieux puisqu’ils doivent en changer une centaine de fois par jour. »
Henrik « …… »
Marian « …… »
Henrik « …..Ah. »
Marian « Oui, c’est ça. En fait, ça peut nous servir. »
Marian « Quelle est la clé du message la plus fréquente d’aujourd’hui ? »
Henrik « Euh, c’est ‘’BOYLLQ’’. »
Marian « Décryptons le message en supposant que c’est ‘’ABCABC’’ à la base. »
Marian « Si nous réussissons, nous aurons de la chance ! »
 En combinant ce moyen de détermination et du théorème de Rejewski, le décryptage d’Enigma fut encore plus simple.

Henrik « Marian, j’ai aussi inventé un nouveau moyen de décryptage ! »
Marian « C’est vrai ? »
Henrik « Oui, on utilise ces six feuilles perforées. »
Henrik « À partir des caractères que l’on voit à travers ces trous, on peut restreindre la possibilité. »
Henrik « L’avantage de ce moyen, c’est que l’on peut totalement ignorer le câblage du disque d’entrée. »
Marian « Oh ! Ça doit être pratique ! C’est quand même dur de prendre compte des centaines de milliards de combinaisons. »

 Non seulement Rejeswki mais aussi grâce à l’ingéniosité de Zygalski et des membres du bureau, en fin de compte, ils pouvaient décrypter soixante-dix pour-cent des cryptogrammes.
Rétrospectivement, Rejewski dit qu’ils auraient pu déchiffrer quatre-vingt-dix pour-cent s’il y avait eu un peu plus de main-d’œuvre.

Marian « Ah ! La troisième Bombe est en panne ! Jerzy, répare-la, s’il te plaît ! »
Jerzy « Entendu ! »
Henrik « Oh ! Je reçois trop de messages ! Quelqu’un peut-il m’aider ? »
Marian « J’arrive tout de suite ! »
Un membre « Ohé ! La cinquième Bombe est aussi en panne ! »
Marian « Ah merde ! Alors qu’on l’a réparée juste la semaine dernière. Bon, on va réessayer ! »
Gwido Langer « ……. »
Gwido (Hi, hi. Ils travaillent bien.)
Gwido (J’avais raison de ne pas leur avoir donné de ‘’liste de clés du jour’’.)


Il y a plusieurs mois….

Gwido « Ha ! C’est, c’est la liste de clés du jour que nous convoitions tant ! »
Son supérieur « Ouais, c’est un cadeau de la part de la France. »
Gwido « Avec ça…..ils n’auront plus rien à faire. »
Son supérieur « Bon. Ils devront quand même continuer le décryptage, en revanche ils auront une charge de travail moindre que maintenant. C’est clair. »
Gwido « …….Je vous remercie. Nous l’utiliserons avec plaisir. »
Son supérieur « Bonne continuation, Commandant Langer. »
Gwido « ……. »
Gwido (Avec cette liste de clés du jour, ils n’auront plus besoin de travailler comme des bêtes……)
Gwido (Si je pensais vraiment à eux, je devrais leur donner cette liste…….mais il y a une seule chose qui m’inquiète.)
Gwido (Au cas où nous n’en aurons plus, comment ferons-nous ? )
Gwido (Un jour, nous ne pourrons plus obtenir de liste. Si on entre réellement en guerre, l’espionnage sera beaucoup plus difficile.)
Gwido (En bref, un jour nous serons obligés de décrypter sans liste de clés du jour…..)
Gwido (………)
Gwido (…….Je suis désolé, mais il faut que je la cache dans un tiroir.)
Gwido (Mon devoir, c’est de les exercer au décryptage en parant au danger qui s’approche. )

————————————————

Gwido (Les Bombes, les feuilles de Zygalsky, tous les autres moyens de décryptage….)
Gwido (Toutes ces idées résultant de leurs efforts ne seraient pas nées si je leur avais donné la liste de clés du jour.)
On pourrait considérer que cette décision du Commandante Langer contribua au développement de la capacité de décryptage de Rejewski et de ses collègues.

Ils purent inventer de nouvelles méthodes de décryptage car ils consacraient sans répit toute leur énergie au décodage d’Enigma.


 Mais la réalité était atroce.

 En 1938…

Marian « Qu’est-ce qu’il y a ? Je n’arrive pas à décrypter avec les Bombes. »
Henrik « ……Mes feuilles ne marchent pas non plus. »
Marian « Je, j’ai un mauvais pressentiment. »
Henrik « L’armée allemande a changé à nouveau de moyen ? »

Gwido « C, c’est pas vrai ! »
Marian « Qu’y a-t-il ? Commandant. »
Gwido « …..Deux rotors supplémentaires ont été ajoutés à Enigma. »
Marian « Eh ? »
Henrik « Mais non…..! »
Jusqu’ici le nombre de rotors était de trois. Cette fois, le quatrième et le cinquième rotor furent ajoutés.
P(5,3)=543=60 ; la combinaison des positions des rotors fut multipliée par dix.

Marian « ……A, alors, installons soixante Bombes ! Ainsi, on pourra...... »
Gwido « C’est impossible….Tu dois déjà connaître le budget annuel du Biuro Szyfrów. »
Gwido « L’installation de soixante Bombes coûtent quinze fois plus que le budget initial du bureau. L’armée polonaise n’a pas assez d’argent. »
Gwido « De plus, comment tu peux gérer ce nombre de Bombes ? Même aujourd’hui, tu es occupé à les réparer et tu arrives à peine à les gérer. »
Marian « …….. »
Marian « Henrik ! »
Henrik « Je devrais créer dix fois plus de mes feuilles….., Mais j’aurai besoin de beaucoup de temps pour ça. »
Henrik « En plus, de toute façon nous devons déterminer la connexion du quatrième et cinquième rotor. Nous avons besoin d’informations sur l’armée allemande. »
Gwido « D’accord…, je vais en discuter avec mon supérieur. »
Gwido (C’est le moment d’utiliser la liste de clés du jour !)


Gwido « P, pourquoi !? Pourquoi l’espion refuse le contact avec la France !? »
Son supérieur « Aucune idée….Peut-être que le contrôle est renforcé. Je n’en sais rien. »
Son supérieur « Je suis désolé, je ne peux plus obtenir de liste de clés du jour. »
Gwido « C, ce n’est pas vrai ! »
Gwido « Bon sang ! Pourquoi je ne peux pas l’obtenir quand j’en ai vraiment besoin ! »


 Un mois plus tard, l’armée allemande décida l’installation de quatre prises supplémentaires.
 Par conséquent, le nombre d’alphabets échangeables du disque d’entrée fut dix de six.
 Maintenant le nombre des rotors passa de trois à six, les prises furent dix de six. À première vue, cela ne semblait pas être un grand changement….
Mais la combinaison de la fixation de base devint astronomique ; 158962555217826360000.
 Devant ces chiffres, les membres du Biuro Szyfrów étaient impuissants.
 Rejewski et ses collègues avaient été appelés afin d’affronter ‘’les chiffres énormes’’ mais c’étaient également ‘’les chiffres énormes’’ qui les vainquirent.

 En 1939, le premier septembre, commença l’invasion de l’armée allemande en Pologne.

Gwido « Êtes-vous prêts ? »
Marian « ……. »
Henrik « …….. »
Gwido « Nous devons quitter immédiatement le pays. »
Marian « Commandant Langer…… »
Marian « À, à quoi bon a servi ce que nous avons fait jusqu’ici ? »
Gwido «…… »
Marian « Nos travaux n’ont servi à rien quand on en a eu vraiment besoin…… »
Marian « Alors que le décryptage aurait dû servir à éviter cette situation. »
Marian « Tout ce que nous avons fait était en vain…… »
Gwido « C’est faux, Rejewski. »
Gwido « Vos travaux ne sont pas vains. »
Gwido « Parce qu’ils ont été transmis à deux nations. »
Marian « …….Eh ? »
Gwido « Quand nous ne pouvions plus décrypter, j’ai eu une idée. »
Gwido « Dans la Pologne qui manque de matériel, on n’a pas pu réaliser toutes vos idées. »
Gwido « Mais je me suis demandé, si ce n’était pas possible dans des grands pays comme l’Angleterre et la France… »
Gwido « J’ai donc invité les officiers du service de renseignement de ces deux nations à Varsovie. Je leur ai confié tout le fruit de nos travaux. »
Gwido « Ils étaient tout étonnés, que ce soit un petit pays comme la Pologne qui ait maîtrisé Enigma.
Gwido « À l’aide de nos informations, ces deux nations rétabliront une méthode plus stable du décryptage d’Enigma. »
Gwido « Permettez-moi de vous le répéter. Aucun de vos travaux n’a été vain.
Gwido « Le fruit de tous vos efforts sera hérité dans un nouvel endroit. »
Gwido « Les jours où vous transperciez des cryptogrammes du regard pendant des heures, les jours où vous écriviez des formules mathématiques jusqu’à ce que les tables soient noires… »
Gwido « Jusqu’à aujourd’hui, aucun moment n'aura été futile. »
Marian « ……. »
Henrik « ……. »
Gwido « ……Bon, partons maintenant. Avant que l’armée allemande ne vienne ici. »
Marian, Henrik « Entendu. »

 La même année, le 6 octobre, la Pologne tomba sous la domination de l’Allemagne.
 Pour cette raison, la France et l’Angleterre déclarèrent la guerre à l’Allemagne.
 C’était le début de la Seconde guerre mondiale.

mardi 22 août 2017

L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis (5)

Marian « ‘’La clé du jour’’ et ‘’la clé du message’’……On ne peut pas sous-estimer l’armée allemande. »

Biuro Szyfrów a connu ce nouveau moyen grâce aux informations reçues par la France. 

Henrik « On comprend maintenant pourquoi certains alphabets ont des combinaisons. Le premier et le quatrième caractère, le deuxième et le cinquième caractère, le troisième et le sixième caractère sont en réalité les mêmes. »
Marian « Mais nous n’avons encore rien achevé. Il faudrait déterminer la clé du jour à partir de ces combinaisons. »
Henrik « J’ai créé la liste du premier et le quatrième caractère. »
Cette liste est appelée ‘’La liste 1-4’’. Il existe aussi la liste 2-5 et la liste 3-6.
Henrik « Même si on connait toutes les combinaisons, on ne peut plus avancer d’ici. Il faudrait qu’on découvre une autre chose à partir de cette liste pour le décodage. »
Marian « Une autre chose…… »


Plusieurs mois plus tard……

Marian « Je ne comprends plus rien. J’ai mal à la tête…… »
Henrik « De plus, cette liste change chaque jour, je ne peux plus suivre…… »
Marian « Hum, en l’occurrence, il faudrait revenir au début. Souvenons-nous du jour où nous avons trouvé ces rapports.
Henrik « Oui. Le jour où tu étais très enchanté de découvrir que quand le premier caractère est O, le quatrième caractère est N. »
Marian « J’avais aussi dit que quand le premier caractère est J, le quatrième caractère est O, quand le premier caractère est N, le quatrième est J. »
Marian « Euh ? »
Marian « Quand le premier caractère est O, le quatrième caractère est N…… »
Marian « Quand le premier caractère est N, le quatrième caractère est J…… »
Marian « Quand le premier caractère est J, le quatrième caractère est O…… »
Henrik « Si le premier caractère est O……Ah ! »
Henrik « Ils se répètent …… ? »
Marian « En effet. Les trois caractères O, N, J se répètent. »
Marian « C’est possible que d’autres alphabets se répètent aussi…..Examinons toutes les répétitions de la première liste 1-4 ! »
Henrik « Entendu ! Je vais en faire la liste ! »

Les alphabets qui se répètent ;
     ·      AMRIKA (5 caractères)
·      BDUFB (4 caractères)
·      CGPHEC (5 caractères)
·      JONJ (3 caractères)
·      LZWL (3 caractères)
·      QTSXYVQ (6 caractères)

Marian « Il semble que la liste 2-5 et la liste 3-6 ont aussi une structure répétitive qui est toutefois différente de celle de la liste 1-4. »
Marian « J’ai créé également une autre liste de répétition avec la liste 1-4 d’un autre jour. Celle-ci est aussi différente que celle de la première liste 1-4. »
Henrik « La répétition change chaque jour……C’est presque évident que cette structure répétitive change selon la clé du jour. »
Marian « ……’’Change selon la clé du jour’’ ? »
Marian « Cela veut dire qu’on peut déterminer la clé du jour à partir de ces listes de répétition……. »
Henrik « Eh ! »
Marian « Parce que cela veut dire que ‘’La clé du jour’’ et ‘’la structure répétitive’’ se correspondent l’une et l’autre. »
Marian « Alors, c’est possible de déterminer ‘’la clé du jour’’ à partir de ‘’la structure répétitive’’ ! Hein ! »
Rejewski a trouvé dans ces structures répétitive une amorce pour déterminer la clé du jour.
Comme un inspecteur identifie un criminel à partir d’une seule empreinte digitale, il a cru qu’il pourrait déterminer une clé du jour à partir d’une seule structure répétitive.


Henrik « Mais, mais le nombre des combinaisons des clés du jour atteint dix milliards. »
Henrik « Crois-tu vraiment qu'on peut toutes les examiner une par une ? »
Marian « ……. »
Marian « Je l’avais oublié…….Le temps qu’on les examine, l’univers aura disparu. »
Le nombre de dix milliards neutralise toutes les attaques par force brute. Ce fait était assez accablant pour les décourager.
Mais Rejewski ne pouvait pas renoncer à l’idée de décrypter à partir de la structure répétitive.
Marian « Une structure qui correspond à une clé du jour…..Dans le domaine du chiffre, il n’y a pas d’information plus utile que ça. »
Marian « Il doit forcément exister......un moyen de déterminer la clé du jour avec cette structure répétitive…… »
Henrik « Si on pouvait maîtriser le disque d’entrée, ce serait plus simple…..Mais même la combinaison des câblages du disque d’entrée est d’environ cent milliards »
Marian « Dès maintenant, je n’ai plus aucun espoir…… »
Marian « Mais par exemple, s’il n’y avait pas de disque d’entrée, ce serait combien ? »
Henrik « Environ cent mille. Ce nombre n’est pas impossible à gérer sans machine. »
Marian « Ah bon…… »
Marian (Le rôle du disque d’entrée est d’échanger des alphabets…et rien de plus.)
Marian (Le véritable problème, c’est le nombre énorme de combinaisons. Ce qui complique réellement Enigma, ce sont plutôt les rotors. )
Marian (Échanger…… ? Peut-être……)
Marian « ! »
Henrik « Marian ? Qu’est-ce que tu fais ? Pourquoi tu retires les prises du disque d’entrée ? »
Mairan « J’ai une petite idée. »
Marian « Bon, j’ai créé deux répétitions. Il y en a aussi d’autres, mais on commence d’abord par là.»

AUFHKWA
BNMB

Henrik « La répétition de six caractères et celle de trois caractères. »
Marian « Ensuite, on connecte N et U, F et M avec des prises. »
Marian « Et hop ! »

ANMHKWA
BUFB

Henrik « Ah ! Les caractères qu’on a liés se sont remplacés ! »
Marian « Oui ! Le câblage du disque d’entrée échange seulement la position des caractères. Le nombre de caractères dans une structure répétitive ne change pas ! »
Marian « En bref ! Si on fait attention ‘’au nombre de caractères dans une structure répétitive’’, on n’a pas besoin de penser au câblage ! »
Marian « Maintenant, on peut déterminer la disposition et la fixation des rotors ! »
Marian « Faisons immédiatement la liste des structures répétitives et des fixations des rotors ! »
Henrik « Mais, attends ! C’est vrai qu’on pourrait déterminer la fixation des rotors, mas comment pourrait-on connaître le câblage du disque d’entrée ? »
Marian « Ne t’inquiète pas ! »
Henrik « Eh ? »
Marian « Je t’expliquerai plus tard. Maintenant la création de la liste est plus importante ! »
Henrik « D, d’accord…… »

 La fixation des rotors est de A-A-A jusqu’à Z-Z-Z.
La disposition des rotors est de 1-2-3 jusqu’à 3-2-1.
 L’équipe de Rejewski a examiné toutes les structures répétitives depuis la première fixation dont le nombre des combinaisons était de 105456.
 Ce travail a nécessité d’énormément d’efforts. Ils ont mis un an pour achever cette liste.


Marian « Enfin…..enfin, nous avons fini. »
Henrik « C’était long……C’était très long, Marian….. »
Marian « Mais…..notre travail doit mériter le temps qu’on lui a consacré. »
Marian « Alors……maintenant essayons de décrypter le message d’aujourd’hui avec notre liste. »
Henrik « Oui……Cherchons d’abord la structure répétitive du message d’aujorud’hui. »
Henrik « Il y a une répétition de 5 caractères et trois répétitions de 7 caractères dans la liste 1-4. »
Marian « 1-4 (5, 7, 7, 7) ……et ensuite ? »
Henrik « Trois répétitions de trois caractères dans la liste 2-5. Et…… »
Marian « Hum……. »
Marian « Enfin, c’est ça ! »

1-45,7,7,7
2-53,3,3,5,6,6
3-63,5,9,9

Marian « Et la fixation des rotors qui correspond à cette structure répétitive est…… »
Marian « J’ai trouvé ! La disposition des rotors 1-2-3, la fixation des rotors H-D-X ! »
Henrik « Au moins nous avons réussi la première étape…..Alors mettons la machine à cette fixation. »
Marian « Au final, nous devons déterminer le câblage du disque d’entrée. »
Henrik « Oui, avec ton moyen, on réussira. »
Marian « Merci….alors….. »


Quelques heures avant…

Henrik « Retirer toutes les prises ? »
Marian « Tout à fait. Et on entre le cryptogramme entier avec la clé du jour. »
Henrik « Mais c’est impossible de le décrypter tant qu’il y a le disque d’entrée….. »
Marian « Réfléchis bien. Le rôle du disque d’entrée, ce n’est que l’échange de caractères liés. »
Marian « Donc, si les rotors sont correctement fixés, il y aura forcément quelques mots compréhensibles. »
J’avais expliqué que l’on utilise la clé du jour uniquement pour crypter la clé du message. Toutefois l’armée allemande cryptait éventuellement un message avec une seule clé du jour en cas d’urgence.

———————— 

Marian « Non, ça marche pas……ça marche pas non plus…… »
Marian « ! »
Marian « Henrik ! Regarde ça ! C’est ce que j’ai restitué sans disque d’entrée ! »
Henrik « C’est…… »

BELRIN

Henrik « C’est….. »
Marian « Oui, ça doit être ‘’BERLIN’’ à la base. »
Marian « Par ce mot, on comprend que ‘’L’’ et ‘’R’’ sont liés, ‘’B’’, ‘’E’’, ‘’I’’, ‘’N’’ ne le sont pas. »
Marian « Si on répète ça, en fin de compte, on pourra identifier toutes les combinaisons de six caractères, qui sont liées sur le disque d’entrée. »

 Sans affronter directement les dix billiards de combinaisons, Rejeswki a séparé les problèmes par le disque d’entrée et les rotors, il a choisi de trouver une solution pour chacun de ces éléments.
 Ce moyen lui a permis de réduire les combinaisons possibles à 105456, finalement il a réussi à neutraliser le disque d’entrée qui était un grand obstacle.

Marian « ……. »
Henrik « …….. »
Marian « ‘’BWEBWE’’, ‘’ABCABC’’, ‘’KUTKUT’’, ‘’VERVER’’…… »
Marian « On arrive à décrypter tous les cryptogrammes de six caractères……! »
Henrik « Ah……. »
Henrik « HOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO ! On a enfin vaincu Enigma ! »
Marian « On a gagné ! Dès cet instant, on peut avoir toutes les informations confidentielles de l’armée allemande ! »
Marian « Ahahahahahaha ! Je ne peux plus m’arrêter de rire ! »

 En 1933, le bureau du chiffre de la Pologne a réussi le décryptage d’Enigma.
 C’était le moment où les codes secrets invincibles furent dévoilés pour la première fois.


Marian « La clé du jour d’aujourd’hui est ‘’3-1-2’’ et ‘’M-W-C’’. »
Henrik « Entendu. Alors, je positionne la machine sur ça…… »
Henrik « Bon, j’ai déterminé le câblage du disque d’entrée. »
Marian « Alors, décodons la clé du message….. »
Henrik « Avec cette clé, on décrypte ensuite les cryptogrammes…… »
Marian « Hum…..il semble que rien ne se passe comme d’habitude. Tant mieux pour nous ! »
Henrik « On n’a plus besoin de craindre les mouvements de l’ennemi. Je suis content. »
Marian « Vu qu’avant nous craignons tous les jours une attaque-surprise de l’armée allemande. »

 Grâce à la découverte du procédé de décryptage d’Enigma, la tension de l’armée polonaise envers l’étranger se détendit.
 Le fait que l’Allemagne ne pouvait plus surprendre la Pologne était un grand soulagement pour eux.
 À ce moment-là, l’Allemagne ne s'était pas encore rendu compte de la fragilité du cryptogramme de six caractères, toutefois elle n’était pas un adversaire si facile.


En 1937...

Jerzy Rózycki « Écoutez, tout le monde ! »
Henrik « Qu’est-ce qu’il y a ? »
Marian « Jerzy ? Qu’y a-t-il ? »
Jerzy « L’Allemagne……a changé de moyen de cryptographie…. »
Jerzy « La liste ne marche plus…… »
Marian « Eh ? »
Henrik « Ce n’est pas vrai ! »

L’armée allemande changea de réflecteur et leur liste ne correspondait plus à la nouvelle cryptographie.

Henrik « C’est pas vrai…..Alors, nous devons créer de nouveau une nouvelle liste de correspondances ?
En mettant un an ? C’est impossible ! »
Marian « Calme-toi, Henrik ! Il doit y avoir quelque moyen ! »
Henrik « Mais…..on ne peut rien faire sans notre liste actuelle. »
Marian « Hum…. »
Marian (Créer de nouveau une liste de correspondances…...Mais non, ce n’est pas possible. La première raison, c’est que nous n’avons pas le temps. Mais c’est surtout parce que si une telle chose nous arrive une deuxième fois, nous devrions en créer encore une.
Ne tombons pas dans les mêmes errements ! Il faut chercher un moyen qui permette de décrypter quel que soit leur moyen d’envoi.)
Marian (Heureusement qu’ils utilisent toujours les cryptogrammes de six caractères. Il doit y avoir quelques failles.)
Marian « L’homme est-il inférieur à la machine ? »
Henrik « Évidemment. La vitesse de calcul est déjà insurmontable. »
Marian « Hi, hi, hi…..C’est ça. »
Henrik « ……Qu’y a-t-il ? Marian ? »
Marian « Que je suis idiot ! Pourquoi n’ai-je pas réalisé une chose si simple ? »
Marian « L’homme ne peut surmonter la machine dans le domaine de la vitesse de calcul. En vrai, l’ennemi de la machine n’est pas l’humain. »
Marian « Œil pour œil, dent pour dent. Une machine pour une machine. »

Henrik « Une machine…..? »
Marian « Henrik, tu m’as dit, ‘’ La vitesse de calcul est déjà insurmontable.’’….. »
Marian « On peut dire la même chose pour ‘’le décryptage’’, n’est-ce pas ? »
Marian « Créons immédiatement une machine de décryptage. »
Marian « Je ne peux plus laisser les messages de l’armée allemande tels quels. »
Marian « Je ne veux plus jamais éprouver la peur d’être attaqué. »
Henrik « Marian…… »
Henrik (C’est vrai….il a tout à fait raison. Quand j’y pense, Marian a toujours été comme ça.)
Henrik (Il a établi la théorie de décryptage à partir d’une petite découverte et il nous a donné l’espoir.
Même à cet instant, il persévère pour que la Pologne ne soit plus envahie par l’Allemagne…… )
Henrik (Mais moi, qu’est-ce que je peux faire ? Qu’est-ce que je pouvais faire ? »
Henrik (Tout ce que je faisais, c’était de lui dire des choses décourageantes… )
Henrik (Mais, moi….)
Henrik « Marian, tu m’as dit, ‘’L’homme est inférieur à la machine’’…..ou c’est moi qui t’ai fait le dire.»
Henrik « Rappelons que ce sont nos propres forces qui ont maîtrisé Enigma. Donc…., euh…… »
Henrik « Je veux dire, l’homme…euh, non, je veux dire que tu n’es pas inférieur à la machine. »
Marian « ……Merci. »
Marian « Bien sûr que je ne pense pas que l’homme soit inférieur à la machine. »
Marian « Comme tu m’as dit, la machine n’a pas en effet d’inspiration mais….. »
Marian « Ce que nous avons et que la machine n’a pas et ce qui est notre moteur du décryptage, c’est ‘’la peur’’. »
Henrik « ……C’est vrai. »
Henrik « ……Tu m’as dit, ’’ Je ne veux plus jamais éprouver la peur d’être attaqué.’’ Mais c’est un sentiment que tout le monde partage. »
Henrik (La machine manque de conscience du danger, mais nous, l’humain, non, Et nous pouvons changer cette conscience en forces.)
Henrik (Nous ne perdrons jamais contre la machine. L’armée allemande, ne pense pas que tu puisses nous échapper par un simple changement de moyen d’envoie…… !)

 Ainsi, l’équipe de Rejewski inventa l’instrument électromécanique ‘’Bombe’’.
 L’origine de ce nom est incertaine, mais selon certains, il viendrait du nom d’une glace que Rejewski mangeait souvent.
 C’était une machine qui déterminait la fixation des rotors correcte parmi 17 567 combinaisons en essayant toutes les possibilités une par une. 
 Étant donné que la combinaison des dispositions possibles des rotors était six, six machines furent installées. Cet essor leur permit de décrypter de nouveau Enigma. 

L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis (4)

Général « Envoyer une autre clé en plus de la clé du jour ?
Subordonné « Oui, Général. Ainsi, la sécurité d’Enigma sera renforcée. »
Général « Je ne comprends pas bien. Pourrais-tu m’expliquer depuis le début ? »
Subordonné « Oui. L’origine de ces deux problèmes, c’est le fait de crypter énormément de messages avec une seule clé. Alors on pourrait diviser un message et attribuer une clé à chacun des messages. »
Subordonné « Ce sera une clé pour décrypter le message……Alors supposons qu’elle s’appelle ‘’la clé du message’’. De cette manière, on pourrait réduire la quantité de caractères pour chaque clé. D’après ma prévision, le nombre de caractères d’un cryptogramme sera réduit à quelques centaines. »
Subordonné « Cela signifie également que le nombre de caractères que l’on doit retaper à cause d’une faute de frappe sera réduit. De plus, le décryptage sera plus difficile. »
Subordonné « Et si on utilise ‘’la clé du jour’’ uniquement pour crypter ‘’la clé du message’’, il sera encore plus difficile de crypter la clé du jour.
En ce moment, nous entrons plus de dix milles caractères avec une seule clé du jour, mais le nombre sera finalement de quelques milliers. »
Subordonné « Je vous explique avec un exemple pratique. Je joue le rôle de l’envoyeur, pourriez-vous jouer le rôle du récepteur ? »
Général « D, d’accord. »
Subordonné « Utilisons ‘’la clé du jour’’ d’aujourd’hui. »
Subordonné « D’abord, l’envoyeur choisit ‘’la clé du message’’ au hasard. Toutefois il choisit uniquement la fixation des rotors, le reste doit être la même chose que ‘’la clé du jour’’.
La clé du message devra être changée une centaine de fois par jour, si on change aussi de câblage du disque d’entrée, ce sera alors trop compliqué. »
Subordonné « ‘’La clé du message’’ de mon choix est Z-X-C. »
Subordonné « Ensuite, on tape cette ‘’clé du message’’ deux fois, on la crypte et on l’envoie.
Si on crypte ‘’ZXCZXC’’ avec la clé du jour, on obtiendra……’’YAAEYQ’’. »
Subordonné « Au final, je mets la fixation des rotors à Z-X-C et je tape mon message et c’est tout. »
Subordonné « Ensuite, j’explique le rôle du récepteur. D’abord, dès que vous recevez ce message de six caractères, vous devez mettre la machine à la clé du jour. »
Général « Hum. »
Subordonné « Et si vous tapez ‘’YAAEYQ’’…… »
Général « Oh, j’ai réussi à restituer ‘’ZXCZXC’’. »
Subordonné « La raison pour laquelle on tape deux fois ‘’la clé du message’’, c’est pour visualiser la faute de frappe du récepteur. »
Général « Je vois……même si le récepteur tapait par erreur ‘’ZXV’’ au lieu de ‘’ZXC’’, il ne s’en rendrait pas compte mais….. »
Général « Si ‘’ZXEZXV’’ s’affichait au lieu de ‘’ZXCZXC’’, il se rendrait compte de sa faute. Puisqu’il sait d’avance qu’il y aura trois mêmes caractères deux fois. »
Subordonné « Tout à fait, Général. »
Subordonné « Et maintenant comme on sait que ‘’la clé du message’’ est ‘’ZXCZXC’’, si vous mettez la fixation des rotors à Z-X-C, après vous pourrez restituer et décrypter le cryptogramme sans aucun problème. »

Subordonné « Si je résume, c’est comme suit ;

Le procédé de cryptage de l’envoyeur.
Premièrement, choisir "une clé du message" au hasard que le récepteur utilisera pour la fixation des rotors. 
Deuxièmement, mettre la fixation des rotors à la clé du jour, taper deux fois "la clé du message", crypter et envoyer celle-ci. 
Troisièmement, mettre la fixation des rotors à la clé du message et entrer le message principal.
Le procédé de décryptage du récepteur.
Premièrement, dès qu’il reçoit le message de six caractères, mettre la fixation des rotors à la clé du jour. 
Deuxièmement, décrypter ce message de six caractères et mettre la fixation des rotors à cette clé du message. 
Troisièmement, jusqu’à la réception du prochain cryptogramme de six caractères, décrypter les messages avec cette clé du message.
Général « Hum, j’ai globalement compris. Je ne savais pas qu’un moyen si simple pouvait rendre le cryptage beaucoup plus compliqué. Le monde du chiffre est immesurable. »
Subordonné « Une petite découverte ou une simple idée peut renforcer la sécurité mais peut aussi éventuellement l’affaiblir, c’est ce qui est intéressant dans le monde du chiffre.»

L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis (3)

En Pologne…

Henrik « Pas mal de temps s’est écoulé depuis notre entrée au bureau du chiffre, mais nous n’avons rien trouvé. Marian est de bonne humeur aujourd’hui, a-t-il eu une quelque clé pour le décodage ? Marian ! As-tu trouvé quelque chose ? »
Marian « Non, rien du tout ! »
Henrik « D, d’accord…… »
Marian « Mais je pense qu’il vaut mieux trouver quelque astuce plutôt que de regarder uniquement le texte pendant des heures. J’ai l’impression qu’il y a quelque chose d’important ici. »
Henrik « ……Je suis du même avis que toi. »

OQWNEA JVWOLA NQSJEW OUYNTM

 C’était un texte crypté composé de seulement six caractères, ce qui arrivait de temps à autre.
Rejewski et ses collègues avaient copiés tous ces messages de six caractères.
Ils avaient l’intuition que c’était la clé pour le décodage.

Henrik « Que signifient ces six caractères…… ? Le nom d’un avion ? »
Marian « J’avais aussi pensé la même chose mais c’est étrange qu’il y ait des noms d’avions alors qu’on n’est pas encore en guerre. »
Henrik « Alors, peut-être que ce ne sont pas des noms spécifiques. Est-ce possible qu’ils forment tous un même mot ? »
Marian « Je ne crois pas que l’armée allemande soit si idiote. Évidemment, ils savent bien que ‘’la répétition est l’ennemi du secret confidentiel’’. »
Henrik « Si on peut trouver une quelconque loi, ce sera plus simple. »
Marian « Loi…… »

OQWNEA JVWOLA NQSJEW OUYNTM

Marian « …… ! »
Marian « Eurêka ! »
Henrik « Quoi ? As-tu trouvé quelque chose ? »
Marian « Quand le premier caractère est O, le quatrième est N ! Cette loi est commune dans tous les cryptogrammes de six caractères ! Si le premier est O, le quatrième est toujours N ! »
Henrik « OQWNEAOUYNTM……C’est vrai ! »
Marian « Mais ce n’est pas tout. Quand le premier caractère est J, le quatrième est O. Si le premier est N, le quatrième est J ! »
Henrik « Il semble que chaque alphabet a une telle combinaison…… »
Marian « De plus, cette combinaison n’est pas seulement entre le premier et le quatrième caractère !
Regarde OQWNEA et NQSJEW ! Quand le deuxième est Q, le cinquième est E ! »
Henrik « Ça veut dire qu’il existe aussi une combinaison entre le deuxième et le cinquième caractère ?
Marian « Oui, il me semble. D’après cette règle, il doit exister également un rapport entre le troisième et le sixième aussi ! »

 D’abord Rejewski a découvert un rapport entre le premier et le quatrième caractère, le deuxième et le cinquième, le troisième et le sixième.
 C’était un point faible d’Enigma. Par conséquent, cette faille imperceptible était le premier pas pour vaincre le mythe de la machine de chiffrement invincible.

L'histoire d'ENIGMA ; le décryptage des codes nazis (2)



Le premier jour à Biuro Szyfrów…

Gwido Langer « Alors, commençons par la présentation de chacun. »
Marian « Je, je m’appelle Marian Rejewski. Enchanté. »
Henrik « Moi, je m’appelle Henrik Zygalski. Enchanté.»
Gwido « Etes-vous donc les mathématiciens qui viennent de l’Université Poznan, c’est bien ça ? Je suis le chef du bureau, Gwido Langer. Je suis commandant. Alors, je vous montre les codes secrets que vous allez affronter. Regardez. »
Marian « C’est…… »
Henrik « Qu’est-ce que c’est que cette machine ? »
Gwido « C’est la machine de cryptographie utilisée par l’armée allemande. Elle s’appelle ‘’Enigma’’. C’est un mot grec qui signifie littéralement ‘’énigme’’. Comme son nom l’indique, elle est invincible. Il n’y a aucune personne qui a réussi à la vaincre jusqu’à présent. »
Marian « Apparemment, elle ressemble à une machine à écrire…… »
Gwido « En effet. De plus, elle est si petite qu’on peut l’emporter avec soi. Toutefois, cette petite machine est capable de comprendre plus de dix billiards de combinaisons de chiffres. »
Marian « ……Je vois. C’est pour cela que vous avez préféré les mathématiciens. »
Gwido « J’imagine que vous, mathématiciens êtes habitué au nombre énorme. De la même manière, vous devez être beaucoup plus versés dans le traitement des chiffres que les linguistes. »
Henrik « C’est la raison pour laquelle vous cherchiez des mathématiciens….On pourrait considérer que vous avez pris une bonne décision. »
Gwido « ……Bon. Alors, je vous guide vers mon bureau. Celle-ci est une machine qui reçoit des messages cryptés…… »
Ainsi, leur lutte contre Enigma commença.  

Pendant ce temps, à l’armée allemande…

Un subordonné « Général, pourriez-vous m’écouter un petit moment ? »
Général « Je t’en prie. »
Subordonné « L’équipe du bureau de cryptage voudrait savoir sur la situation actuelle d’Enigma. Par exemple, sur le traitement de la ‘’clé’’…… »
Général « La situation actuelle d’Enigma…..En ce moment, nous changeons de ‘’clé’’ une fois par jour. Nous l’appelons ‘’la clé du jour’’. Et nous distribuons à tous les opérateurs ‘’la liste des clés du jour’’ chaque mois. Et ainsi, on peut mettre le récepteur à la clé du jour et décrypter les messages. La clé du jour d’aujourd’hui, c'est……celle-là.

La fixation des rotors ; H-Q-M
La disposition des rotors ; 3-1-2
Le câblage du disque d’entrée ; A-MC-PF-OJ-KN-QR-S. »

Subordonné « Je vois…… »
Général « Peut-être qu’ils craignent que ‘’la liste des clés du jour’’ soit volée par l’ennemi ? Si tu t’inquiètes de cela, il n’y a pas de souci. Les soldats sont tous sévèrement entraînés à détruire "la liste" au cas où ils subiraient une attaque de l’ennemi. »
Subordonné « Mais Général, il me semble que l’appréhension du bureau du chiffre est ailleurs. Ce moyen actuel a deux problèmes. Le premier, c’est qu’une faute de frappe risque de rendre le texte crypté entièrement illisible.
Par exemple, supposons que ‘’T’’ est le 1288ème caractère dans un texte crypté. Et pour le restituer et décrypter, il faudrait taper ‘’T’’ à la 1288ème frappe.
Mais, si on tape ‘’T’’ avant, on tape forcément un autre caractère à la 1288ème frappe. Ce qui signifie que le texte d’après sera incompréhensible. 
Pour rectifier ce problème, il faudrait tout recommencer depuis le début. Sur le champ de bataille où la vitesse de la communication est primordiale, cette perte de temps sera mortelle. 
Et le deuxième problème, c’est qu’il y a le risque d’être déchiffré. »
Général « ……Explique. »
Subordonné « En ce moment, Enigma envoie environ entre 50 000 et 70 000 caractères par jour…… Si on entre réellement dans la guerre, ce nombre montera à plus de 100 000 caractères. 
Cette masse de caractères pourrait permettre à l’ennemi de découvrir quelques règles dans un texte.
Bien entendu, Enigma est une machine de chiffrement très puissante……Mais il faudrait éviter de compter trop sur ses capacités. Sinon, on finira par répéter la faute du chiffre ADFGVX. »
Général « …..Tu as raison. »
Subordonné « ……Cependant, le département de cryptographie a trouvé une solution pour ces deux problèmes. »
Général « Est-ce vrai ? Raconte-moi. »
Subordonné « Oui, d’abord concernant ‘’la clé du jour’’…… »