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lundi 8 juin 2020

Le vice de l'homme

Ces derniers temps, je me suis complètement désintéressé du français. J’abandonnais la lecture et l’écriture ; la poussière accumulée sur des livres d’André Gide que je n’ai pas encore lus représente ma perte de passion pour l’apprentissage des langues. Mais lorsque j’y repense, j’étais apathique depuis le début ; je ne voulais rien faire. Cependant, j’essaie de continuer à faire des exercices de français, comme je le fais actuellement, pour ne pas être réduit à une bête qui ne parle pas de langage humain.
Depuis sa naissance, l’humanité n’a jamais cessé d’accumuler les péchés. D’innombrables fois, l’être humain s’est entretué, a détruit la nature pour la remplacer par de laids bâtiments en béton, a causé la disparition d’un bon nombre d’espèces animales, a mis du cornichon dans un hamburger, et a inventé Facebook. Malgré ces actes impardonnables, l’être humain continue de nourrir la fleur du mal. Mais par exemple, quel est le symbole qui représente le mieux le vice de l’humanité ? La bombe nucléaire qui permet d’anéantir une ville entière en quelques secondes ? Un policier blanc qui étrangle un Noir avec sa jambe ? Les documents officiels qu’un homme politique a détruits pour dissimuler un détournement du fond ? Non, c’est la lettre de motivation. Par nature, la lettre de motivation est un tissu d’hypocrisie et de mensonge ayant pour but de tromper l’homme. D’ailleurs, personne n’a la motivation de rédiger une lettre de motivation. Si on doit en écrire une, c’est parce qu’on est obligé de le faire. Je dirais donc que la lettre de motivation, faite pour sélectionner les candidats est complètement inutile. S’il y a un employeur qui pense qu’elle permet de savoir si un candidat a vraiment une motivation, il a un cœur innocent et pur comme un agneau qui vient de naître. Je veux l’embrasser et le chérir.
Il faut réfléchir à un moyen de sélection de candidats plus efficace et surtout, plus sincère. Je propose le moyen suivant ; aligner des candidats, et ils devront se battre contre des recruteurs. Si les premiers gagnent, ils sont embauchés. Les recruteurs vaincus devront quitter l’entreprise. Sinon, pourquoi ne pas aligner les candidats, et un recruteur jette une balle sur celui qu’il veut prendre/recruter en criant : « Pikachuu ! Je t’ai choisi ! » ? Je pense que ce sont de belles personnes qui recevront une balle sur la tête, mais je trouve que c’est plus franc.
Par ailleurs, alors que le travail que je voudrais faire consisterait à allonger le cou d’une girafe, le corps d’un chat, ou à rester couché sur mon lit toute la journée à grignoter du gâteau, je ne trouve que des offres d’emploi inintéressantes qui affichent souvent des mots incompréhensibles comme « digital » ou « marketing ».

samedi 11 avril 2020

Les 12 coups de midi

Lorsque je suis chez moi à midi, je regarde les 12 coups de midi. Il s’agit d’une émission de quiz animée par un homme jovial qui a une tache rose sur le visage. Tous les jours, il y a de nouveaux participants qui sont tous des amateurs parmi lesquels meilleur participant appelé « maître » reste sur le plateau jusqu’à ce qu’il perde. En ce moment, le maître est un homme d’un certain âge aux cheveux blancs. Il s’appelle Éric. Éric est très fort et il ne se trompe presque jamais. Tous les jours, il y a de nouveaux participants qui sont tous des amateurs et dont le meilleur, appelé « maître », reste sur le plateau jusqu’à ce qu’il perde. Comme je ne suis pas très cultivé et que je manque de références culturelles, je ne connais souvent pas les réponses.
Chaque fois qu’Éric donne une bonne réponse, je me dis « Ce salaud ». Je l’appelle donc salaud secrètement. Il y a quelques semaines, un Alsacien d’un certain âge au gros ventre un peu comme Obélix participait à l’émission. Il parlait avec un fort accent alsacien. Une jeune femme lui a dit qu’elle ne comprenait pas trop ce qu’il disait. Moi non plus. Le Monsieur a défié le maître, Éric. Comme moi aussi j’habite en Alsace, j’espérais qu’il gagnerait. Mais Éric a donné une bonne réponse. L’Alsacien a perdu. « Ce salaud », me suis-je dit.
Toutefois je ne déteste pas Éric. Au contraire, je l’admire. En plus, il a l’air gentil. Du moins, il n’a pas l’air d’un pédophile. Cependant, comme il est si cultivé qu’on dirait une encyclopédie humaine, je me demande si ce n'est pas robot, en réalité. Il faut faire attention. Peut-être qu’il se recharge quelque part

Le confinement


J’étais un enfant introverti qui aimait lire des livres, dessiner des mangas plagiat de Tezuka, créer des voitures en carton et monter des maquettes plastiques de Gundam. Je n’aimais pas jouer dehors avec d’autres enfants. D’ailleurs, j’étais nul en sport. Si je jouais au tennis de table, je ne touchais pas la balle. (Il est donc tout à fait faux de croire que tous les Asiatiques sont forts au ping-pong).Inutile de préciser que je ne sais pas faire du kung-fu, Le sport que je détestais le plus est celui que tous les Japonais adorent ; le base-ball. Je détestais le base-ball parce que premièrement, un match de base-ball dure longtemps, et que deuxièmement, la balle du base-ball est si dure qu'il est dangereux de la recevoir au visage. D’ailleurs, pourquoi les gens pensent qu’il est possible de frapper une si petite balle avec une batte si fine ? Je détestais aussi le kendo, une sorte d’escrime japonaise, qui est obligatoire au collège. En somme, le kendo n’était pas si dangereux car on mettait une armure, mais je le détestais car le professeur nous obligeait de crier « Meeeeeeen ! » quand on frappait sur la tête de l’adversaire. 



Mais les adultes voulaient que je sorte dehors et que je chasse au ballon avec d’autres enfants. Dans le monde de l’adulte, il existe une loi non écrite selon laquelle l’enfant idéal et sain joue dehors dans la nature et que l’enfant casanier deviendra hikikomori dans l’avenir, ou dans le pire des cas, meurtrier en série ou pédophile ou schizophrène (vous choisissez ce que vous voulez).


Des années se sont écoulés depuis mon enfance, et je suis devenu adulte. Cependant, mon caractère n’a guère changé. Je ne dessine plus de manga plagiat de Tezuka, mais je dessine de temps à autres soit sur le papier soit sur l’ordinateur. J’aime sculpter et monter des maquettes plastiques de Gundam. J’aime toujours lire surtout en français. Regarder un match de base-ball ne me dérange pas, mais je déteste y jouer.
En ce moment, le coronavirus dévaste le monde entier, et les Français et les ressortissants résidant dans la France métropolitaine sont interdits de sortir. Enfin, le moment est venu. Le moment que j’ai attendu plus de vingt ans. Ce n’est évidemment pas l’épidémie qui s’empare cruellement de la vie des personnes innocentes, mais le moment où je peux dire avec fierté : « Je ne sors pas » et que je puisse critiquer ouvertement ceux qui sortent dehors sous prétexte que c’est mauvais pour la santé.

jeudi 23 janvier 2020

éplucheur

Je n’écoute pas de rap. Mais de temps en temps, j’imaginerais un rap pour exprimer ma reconnaissance envers l’inventeur de l’éplucheur. 
Je connaissais l’existence de l’éplucheur depuis longtemps. Toutefois, je persistais à utiliser un couteau. Lorsque j’épluchais une pomme, une carotte, une pomme de terre, j’utilisais toujours un couteau. Je pensais que ceux qui utilisent un éplucheur sont des tricheurs. Un jour, lorsque j’ai fait mes courses au supermarché, un éplucheur à un euro a attiré mon attention. Je l’ai mis dans mon panier sans réfléchir. Ce soir-là, j’ai utilisé pour la première fois un éplucheur. J’ai épluché une pomme de terre. J’ai caressé légèrement sa surface. Une pellicule de la peau de la pomme de terre, si fine qu’on aurait dit une plume d’ange est tombée. J’étais ému. Avec un éplucheur, il est plus facile d’éplucher qu’avec un couteau. Je me suis demandé ce qu’avait été ma vie jusqu’ici. C’était nul. Maintenant j’ai rencontré un éplucheur et ma vie a totalement changé.
Je ne connais pas l’inventeur de l’éplucheur. J’ignore sa nationalité. J’ignore s’il est encore vivant ou pas. J’ignore si c’est un homme ou une femme, mais je suis plein de reconnaissance envers cette personne.
C’est pourquoi j’aimerais exprimer ce sentiment sous forme de rap.

L’inventeur de l’éplucheur
Tu es un sacré tricheur
Yo Yo
J’aime ce truc magnifique
Car l’éplucheur, c’est pratique

mardi 21 janvier 2020

One Piece

 Parfois, je me demande comment je me sentirais si j’avais les mêmes pouvoirs qu’un personnage de fiction. Par exemple, dans le manga « One Piece », ie héros est un garçon qui a mangé « le fruit du caoutchouc ». À cause de ce fruit mystérieux, son corps a les mêmes propriétés que le caoutchouc. C’est-à-dire qu’il peut allonger son corps. Dans le manga, il profite de cette particularité pour battre des méchants.
 En réalité, cette capacité d’être comme du caoutchouc a l’air assez utile. Par exemple, lorsque je me couche le soir. Sur le lit, je lis un livre. Quelques instants plus tard, j’ai sommeil et j’aimerais éteindre la lumière. Mais la lumière et loin. En même temps, je ne veux pas me lever. Coincé dans cette situation, seul le temps passe. Mais si j’avais les pouvoirs du héros de « One Piece », je n’aurais pas ce problème. J’allongerais mon bras pour éteindre la lumière.
On peut utiliser ces pouvoirs lorsqu’on regarde la télé. On suppose que le soir je me détend et regarde vaguement « Quotidien ». À un moment, j’ai envie de regarder Arte, mais la télécommande est loin. En même temps, je n’ai pas envie de me lever, donc je continue de regarder « Quotidien » alors que je n’en ai pas envie. Dans cette situation, si j’avais les pouvoirs du héros de « One Piece », je pourrais prendre la télécommande sans me lever pour regarder tranquillement Arte.
 Comme je l’ai déjà évoqué ci-dessus, dans le manga, le héros de « One Piece » profite de ces pouvoirs pour battre les ennemis. Cela me semble utile quand j’ai envie de battre quelqu’un que je n'aime pas. Par exemple, supposons qu'il y ait un professeur sévère qui ne donne jamais plus que 10. Je dis « Je ne pardonnerai pas celui qui fait pleurer mes "compagnons"!!!»(le héros de One Piece dit souvent ce genre de propos). Toutefois, il est en réalité quasiment impossible d’employer ces pouvoirs pour ce but puisque la loi interdit et pénalise les agressions physiques. Donc « One Piece » est un manga où le héros résout des problèmes par la violence.
 Toutefois, ces pouvoirs ont aussi des inconvénients. Le caoutchouc s’étire en effet, mais à force de l’utiliser, sa qualité se dégrade et finalement il se coupe. Peut-être que dans « One Piece », un jour, les bras du héros se couperont soudainement au moment où il essaiera de battre un ennemi.

mercredi 15 janvier 2020

La chambre de torture

 Comme mes lunettes se sont cassées, j’ai dû me rendre dans une chambre de torture. La chambre de torture était située dans un village où je n’étais jamais allé. Je n’avais jamais entendu le nom de ce petit village. Je n’avais pas d’autre choix que d’y aller car aucune chambre de torture n’était disponible sur Strasbourg. 
 Dès que ma colocataire et moi sommes arrivés à la chambre de torture, j’ai donné ma carte vitale à la réceptionniste qui avait un accent en français. Ensuite, nous avons attendu notre tour dans la salle d’attente remplie de personnes âgées. Lorsque l’heure de notre rendez-vous a été dépassé de quinze minutes, une médecine a appelé mon nom : « Madame XXX » bien que je ne sois pas une dame et que je ne l’ai jamais été. Dans son cabinet, il y avait plusieurs instruments de torture. Elle m’a dit de mettre ma tête sur une appareil doté de deux petites fenêtres rondes par lesquelles je voyais une minuscule lumière verte. La lumière alternait entre floue et nette. À un moment, de l’air est sorti de l’une des fenêtres et a percuté mon œil. C’était la première torture. J’ai eu peur et pleuré. Par la suite, j’ai dû subir la même chose avec mon autre œil. Comme j’avais peur de l’air qui sort soudain, je voulais fermer les yeux, mais j’étais obligé de les garder écarquillés. La deuxième torture était plutôt divertissante. J’ai mis ma tête sur un appareil semblable, et cette fois, je voyais une image de montgolfière qui alternait entre floue et distincte. C’était exactement la même image dans les chambres de torture du Japon. Pourquoi cela doit être une image de montgolfière et pas autre chose ? Pourquoi, par exemple, cela ne peut pas être une image de Donald Trump qui répète à flou et distincte ou qui s’approche et s’éloigne ?
 Après cette torture, la torture de lire des lettres minuscules m’attendait. Si je disais que je ne voyais pas trop, on m’a dit d’essayer quand même. C’était la dernière torture. Dans la chambre de torture au Japon, j’avais subi d’autres types de torture. Une fois, on a mis une goutte d’eau dans mes yeux. Après ce traitement, tout était ébloui et je suis devenu aveugle. Je ne voyais plus rien pendant des heures.
Cette fois, c’était la chambre de torture des yeux. Je voudrais éviter coûte que coûte d’aller dans la chambre de torture des dents.

mardi 14 janvier 2020

Steve Jobs


Le professeur de cours de méthodologie de traduction ressemble si fortement à Steve Job que tout le monde l’appelle Steve Jobs et que personne ne connaît son vrai nom. Que Steve Jobs soit conscient de sa ressemblance avec Steve Jobs ou non, Steve Jobs porte souvent un pull noir comme Steve Jobs. Lorsqu’il présente son powerpoint avec un pointeur, j’ai l’impression d’assister à la présentation du nouveau modèle de l’iphone.
La semaine dernière, j’avais le contrôle final de ce cours. Les questions étaient plutôt simples. Comme j’ai terminé vite de composer, il me restait beaucoup de temps. Je m’ennuyais. Si je levais la tête, je voyais Steve Jobs parler à voix basse avec un autre professeur. J’ai dessiné son portrait dans la marge de la feuille du sujet. En le dessinant, je m’amusais de plus en plus. J’ai ajouté une bulle dans laquelle j’ai écrit : « Aujourd’hui, je vous présente le nouveau modèle de l’iphone… ».
Quelques instants plus tard, le moment était venu de rendre ma copie. Je me suis levé avec ma copie et j’ai rejoint mes camarades qui faisaient la queue. À ce moment-là, j’ai entendu une fille dire : « Faut-il rendre le sujet ? ». J’ai eu peur. Sur mon sujet, était dessiné le portrait de Steve Jobs. Devant moi, Steve Jobs demandait aux étudiants d’émarger avant de partir. J’ai essayé de voir s’ils rendaient le sujet mais en vain. J’ai fait travailler mon cerveau davantage que pendant que je composais. Que faire ? Le moyen le plus réaliste, c’est de feindre de ne pas avoir le sujet. S’il me demandait de rendre le sujet, j’aurais l’air de n’avoir jamais eu le sujet en faisant une tête qui voudrait dire : « Un sujet ?  Qu’est-ce que c’est ? je n’ai jamais entendu ce mot. Est-ce un mot français ? ». Ainsi, je parviendrais à embrouiller l’esprit de Steve Jobs. Il se dirait que c’était peut-être lui qui se trompait et que le mot « sujet » n’existait pas en français. Ou le moyen le plus simple, c’était sans doute de faire semblant de l’avoir perdu. Je ferais semblant de fouiller dans mes poches et mon sac à dos et monologuerais pour qu’il l’entende : « Ah, c’est étrange…alors qu’il était là à l’instant… ». Le dernier moyen, c’était d’exploser afin de protéger le document confidentiel des mains de l’ennemi.
Mon tour d’émarger est venu. J’ai rendu ma copie tout en froissant le sujet dans une poche de mon manteau. Finalement, Steve Jobs ne m’a pas demandé de le rendre.


samedi 9 novembre 2019

Photoshop

Aujourd’hui, j’avais un examen sur Photoshop. Je pense que tout le monde connait Photoshop. C’est un logiciel qu’utilisent les filles qui prennent des photos d’elles-mêmes pour les publier sur Instagram. Il permet d’effacer les rides, de lisser et éclaircir la peau, ou bien d’agrandir les yeux, de rapetisser le nez etc. En bref, c’est un logiciel qui permet de retoucher des images.
Le sujet de l’examen demandait de confectionner la couverture d’un livre imaginaire en utilisant l’une des images fournies par le professeur. J’ai choisi celle dans laquelle plusieurs enfants, riants et joyeux, levaient les bras pour exprimer pleinement leur joie d’être nés dans ce monde. Lorsque j’ai vu le sujet, j’ai un peu paniqué de sorte que j’ai commencé à créer mon image sans savoir ce que je voulais faire. Finalement, j’ai créé l’image de bras d’enfants qui poussaient dans l’herbe. Comme titre de mon livre imaginaire, j’ai mis « Le champ de mains ». Au bout d’un moment, j’ai jeté un rapide coup d’œil aux réalisations de mes camarades. Elles étaient multicolores, empreintes d’une atmosphère joyeuse avec des enfants qui riaient. Le titre de ma voisine était « Pique-nique avec Martin », quelque chose de ce genre. À ce moment-là, j’ai compris que j’avais échoué, que ce que le professeur attendait n’était pas une image de bras qui poussent dans l’herbe, mais plutôt celle d’enfants qui s’amusent. Comme c’était trop tard, je n’y pouvais rien. 

vendredi 8 novembre 2019

La fin des vacances

Les vacances de Toussaint sont terminées. J'ai profité pleinement de ces journées merveilleuses. D’abord, je ne suis jamais sorti. J’ai sculpté trois chats et un bébé de manchot empereur. J’ai regardé « Erased » et « Nichijou ». De surcroît, comme ma colocataire est rentrée chez ses parents pendant les vacances, j’ai pu monologuer à voix haute autant que je voulais. J’ai pu m’entraîner à imiter la façon de parler du colonel Muska (« Où allez-vous ? », « Mon vrai nom est Romuska Palo Ur Laputa », « Regardez, les gens sont comme des ordures ! »). J’ai fait aussi une émission de radio tout seul (« Bonjour à tous ! Bienvenue à mon émission. Je vous présente la lettre d’un auditeur qui signe "Grosse créature blanche et visqueuse'' : ‘’Depuis une semaine, ma propriétaire qui habite à côté de chez moi fouille dans mes ordures. Dès que je lui adresse la parole, elle fuit. c'est de l'amour ?’’ »).

samedi 29 juin 2019

G

 Je suis allé chez le coiffeur. La personne qui s’occupe de ma coupe est toujours la même. C’est une jeune femme souriante qui est dix centimètres de plus grande que moi. À cause de la température, elle portait un vêtement décolleté. C'était une stimulation trop forte pour un puceau. De temps à autres, je sentais son souffle sur mon cou et mon oreille. J'ai failli mourir d'une crise cardiaque.
 Dans le salon, on entendait une émission de radio. Pendant que la coiffeuse me coupait les cheveux avec des ciseaux brillants, ils ont passé un morceau que j’avais déjà entendu quelque part. Les paroles disaient : « You’re just somebody that I used to know ». Cest une chanson très célèbre qui avait reçu un prix célèbre il y a quelques années. Jai essayé de me souvenir du nom du chanteur. Je pensais que cétait juste un pseudonyme, sans nom de famille, un peu comme « Aragon » ou « Eminem ». Et si je ne me trompais pas, son nom commençait par « G », « GA » ou « GO ». Mais je n’arrivais pas à me le rappeler. « Go…go, go, gorilla ? », me suis-je dit. « Gaulois ? … Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains... Toutes? Non! Un petit village d'irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l'envahisseur ! ...Non, c'est pas ça ». « Go, Gollum ? Gollum ! Gollum ! My precioouuuuss….. Non, c’est autre chose ». Finalement, je ne suis pas parvenu à me souvenir du nom du chanteur. Pendant la coupe, j’avais l’impression irritante que des fourmis grouillaient sous ma peau. 
 Ensuite, cela a été un moment de torture. La coiffeuse s’est assise sur une chaise, et a sorti une tondeuse pour parfaire son œuvre. La vibration de la tondeuse me chatouille toujours. Comme d’ordinaire, je me suis mordu les lèvres pour ne pas rire ; j’ai essayé de penser à des choses tristes comme l’exécution de la famille Romanov (Un peloton d’une douzaine d’hommes apparaît et le geôlier déclare : « Nikolaï Alexandrovitch, les vôtres ont essayé de vous sauver, mais ils n’y sont pas parvenus. Et nous sommes obligés de vous fusiller. Votre vie est terminée. »). Mais chaque fois que j’essayais de me représenter le massacre, Gollum intervenait, et j’avais envie de rire.
 J’ai finalement pouffé. « Ça va ? », s’est inquiétée la coiffeuse. « Ça me chatouille », ai-je dit honnêtement. « D’autres clients ne disent pas ça ? », ai-je ajouté pour masquer mon embarras. « Si, les enfants….. », m’a-t-elle dit.
 C’était sur le chemin du retour que je me suis souvenu que le nom du chanteur était Gotye.

lundi 24 juin 2019

À la recherche d'un appartement


 J’ai déménagé. J’avais vécu pendant trois ans dans une résidence universitaire qui me rappelle une prison. Ma chambre était petite. Les parties communes étaient délabrées.
Je n’avais pas choisi cette résidence. C’était le Crous qui l’avait choisie pour moi lorsque j’étais au Japon. Il était compliqué de chercher un logement étant dans un pays éloigné de plus de neuf mille kilomètres. Je n’avais pas d’autre choix que de l’accepter. Je l’ai acceptée. Je suis venu.
 Si je ne l’ai pas quittée au bout d’un an, c’est parce que j’avais la flemme de chercher un autre appartement. Ce n’était pas difficile d’imaginer que la quête d’un logement serait une corvée. De plus, je travaillais comme interprète pendant l’été et je n’étais pas souvent à Strasbourg durant les grandes vacances. La raison qui m’a retenu dans cette résidence ressemblant à un HLM était la présence de deux chats. Ces deux chats me permettaient de tolérer une vie qui semble être au seuil de dignité limite garantie par la Constitution japonaise : « Toute personne a droit au maintien d'un niveau minimum de vie matérielle et culturelle ». Mais à la troisième année, l’un des deux chats, le petit, avec qui je jouais souvent, a fugué. Depuis lors, il n’est jamais revenu.
 Comme je craignais de devenir fou si je restais dans cette résidence, j’ai décidé de me mettre à chercher un appartement après avoir terminé ma licence. Ce printemps, j’ai reçu un mail de Crous disant que je devais le quitter parce que j’y avais vécu trois ans, et que c’était le nombre maximal de renouvellement. C’était une belle occasion.
 Toutefois, comme je l’avais imaginé, chercher un appartement n’était pas simple surtout lorsqu’on est à la fois étudiant et étranger. On m’a dit que les personnes vivant à l’étranger ne peuvent pas se porter comme étant mes garantes. Il y avait plusieurs garanties morales comme celle de Visale, mais j’ai aussitôt découvert que la plupart des agences immobilières ainsi que les propriétaires n’y faisaient pas confiance. Au début, je guettais le Bon Coin. J’ai envoyé des messages à plusieurs annonces. Une fois, une certaine « Jeanne » m’a répondu par mail. Elle me disait qu’elle m’acceptait sans garant mais à condition de payer 400 euros comme garantie. Étrangement, elle demandait de verser cette somme via un site suspect avant même de visiter l’appartement. Elle me disait que je pourrais le visiter vendredi. Je lui ai dit que je n’étais pas disponible vendredi. Elle me disait que je pourrais le visiter vendredi. J’ai pensé qu’elle était folle. Si elle n’était pas folle, c’était un escroc sans aucune jugeote. J’ai cherché sur Google les photos que « Jeanne » avait mises sur son annonce. Il s’est avéré que les images étaient prises d’une agence immobilière quelconque. J’ai enregistré le mail de « Jeanne » sur plusieurs sites de rencontre homosexuelle, et j’ai bloqué son mail.
 La situation en devenait désespérante. Je n’ai aucune famille en France. Mes amis sont étudiants. Personne ne peut se porter comme étant mon garant. À ce moment-là, j’ai eu une idée. Je me suis souvenu que ma correspondante Pauline est professeure. Me disant que c’était normal même si elle refusait ma proposition, je lui ai demandé de se porter comme ma garante. Elle l’a accepté.
 Jusque-là, j’étais un soldat sans armes. Maintenant j’avais l’impression d’avoir une épée et un bouclier. J’ai commencé à visiter des appartements. Mes conditions sine qua non étaient les suivantes : 1. Pas très loin de l’université. 2. L’appartement doit être idéalement doté d’une baignoire. 3. L’appartement doit idéalement avoir deux pièces. Parmi ces conditions, le plus important était la baignoire. J’en avais marre de la douche. Je voulais prendre un bain. Une fois, j’ai trouvé un appartement près de l’université, avec une baignoire, et qui n’était pas cher du tout. Le plafond et le sol étaient un peu abîmés, mais j’ai envoyé mon dossier à l’agence avant que quelqu’un d’autre ne le prenne. L’agence m’a dit que j’aurais la réponse dans la semaine. Une semaine, puis deux semaines se sont écoulées. Je n’avais toujours pas de réponse. J’ai donc appelé l’agence. On m’a alors dit que mon dossier était refusé. Je n’étais pas particulièrement déçu car je n’ai confiance en personne. Et comme dit Woody Allen dans « Annie Hall », « life is divided into the horrible and the miserable».
 Jusqu’à ce moment-là, je pensais que je pourrais avoir un appartement si je donnais à l’agence un dossier complet. Mon dossier était refusé tandis qu’il était complet et le personnel qui s’en est occupé m’avait dit que tout était bon. J’ai alors changé de stratégie. J’ai décidé d’envoyer mon dossier à plusieurs agences immobilières en même temps. Ce n’était peut-être pas très sincère, mais beaucoup d’agences ne tenaient pas leur promesse. On est quitte.
 Deux mois ont passé. Je n’avais toujours pas de logement. Dans un mois, je devais quitter ma résidence. Un jour, sur Facebook, je suis tombé sur l’annonce d’une fille. Elle disait qu’elle cherchait d’urgence quelqu’un qui louerait son appartement. Sur les photos qu’elle avait mises en ligne, on voyait deux pièces, une baignoire et l’appartement n’était pas loin de l’université. Je lui ai envoyé un message. J’ai visité son appartement le jour même. C’était exactement ce que je recherchais. Elle m’a dit qu’elle allait envoyer un mail à son agence. Quelques jours plus tard, elle m’a demandé de revenir à son appartement et m’a dit qu’il y aurait une personne de l’agence immobilière et deux autres candidates.
 Je suis ainsi revenu à l’appartement. Quelques minutes plus tard, une employée de l’agence, qui est une dame très gaie et bavarde est arrivée. Ensuite, une fille nous a rejoints. L’autre fille, qui portait des lunettes, est aussi arrivée avec un peu de retard. L’employée de l’agence nous a dit que la propriétaire préférait quelqu’un de calme qui voudrait rester longtemps, parce qu’une ancienne locataire qui était aussi étudiante, invitait fréquemment ses amis pour faire la fête. Beaucoup de choses m’ont traversé l’esprit. Les deux filles avaient l’air calmes et gentilles. Elles étaient françaises. Le fait que je sois de nationalité japonaise allait peut-être jouer en ma défaveur. Mais je sais que les femmes n’aiment pas souvent les femmes. J’ai présenté mon dossier à la personne de l’agence. Elle nous a dit d’attendre la semaine prochaine pour avoir la réponse. La semaine prochaine, j’ai eu la réponse de sa part qui n’était ni oui ni non. Elle disait que la propriétaire souhaitait que mes parents se portent aussi mes garantes en plus de ma correspondante. C’était facile. J’ai dit oui. Ma recherche d’un appartement, longue et épuisante, s’est ainsi terminée. Je n’ai plus besoin de guetter sur le Bon Coin. Je n’ai plus besoin de visiter un appartement. D’une fenêtre de mon appartement actuel, dans la soirée, on voit une grande roue illuminée.


vendredi 24 mai 2019

L'application de rencontre

 Il y a longtemps, une amie a téléchargé une application de rencontre sur son portable. Ce n’est toutefois pas une application de rencontre amoureuse. Il s’agit d’une application « platonique » qui est faite pour trouver des amis. Du moins, c’est ce qui écrit dans l’explication. À ce moment-là, un très fort sentiment de rivalité est né dans mon esprit. Un sentiment de rivalité pour quoi ? Je ne sais pas. En tous cas, c’est ce qui s’est passé. J’ai téléchargé la même application sur mon portable.
 J’ai ouvert l’application, mais j’ignorais comment l’utiliser. J’ai demandé à cette amie son mode d’emploi. « C’est comme Tinder », m’a-t-elle dit. Mais je ne connaissais pas Tinder. J’ai touché un peu partout sur l’écran. Le visage d’une femme inconnue s’est affiché. J’a eu peur et j’ai pleuré. J’ai glissé le doigt. Le visage d’une autre femme inconnue s’est affiché. J’ai eu peur et j’ai pleuré. J’ai glissé le doigt. Le visage d’un homme inconnu s’est affiché. J’ai eu peur et j’ai pleuré. C’était comme le catalogue d’êtres humains à vendre. 
 Quoi qu’il en soit, je me suis peu à peu habitué à utiliser cette application de rencontre, et j’ai parlé avec quelques personnes. Mais j’avais vraiment la flemme de leur répondre. Alors au bout d’une ou deux semaines, je l’ai oubliée. Le temps qui s’écoulait a fait que de la mousse pousse sur cette application, autour de laquelle se sont élevés des arbres. Sur ces arbres des oiseaux se sont rassemblés pour faire des nids. Après une pluie diluvienne qui a duré sept jours, une rivière s'est formée. Autour de l’eau, des êtres humains se sont réunis et ils ont fondé un village. Leur village a grandi petit à petit. Quelques fois, des épidémies ont ravagé le village, mais il y avait toujours des gens qui ont survécu. Une partie de la communauté a quitté le village pour vivre ailleurs. Malgré d'innombrables guerres et massacre, l'être humain n'a cessé de vivre en rêvant d’un jour où la paix et l’amour inondent leur monde, et lorsqu’un million d’années se sont écoulées depuis que j’ai téléchargé cette application, je l’ai rouverte, en découvrant qu’une femme se plaignait car je ne lui répondais pas.

mercredi 15 mai 2019

Tu peux me prêter ton portable ?


 Je ne sais pas pourquoi, mais en France il m’arrive souvent qu’un inconnu me demande de lui prêter mon portable. Ce qu’il me dit, c’est toujours la même chose : que son portable est cassé, mais qu’il doit appeler quelqu’un en urgence. Pourquoi y a-t-il autant de gens qui ont un portable cassé ? Je ne leur prête jamais mon portable pour la simple raison que je n’ai pas envie de prêter mon smartphone à un inconnu. Il se peut que ce demandeur veuille voler mon Pocophone F1 de Xiaomi (oui, j’ai abandonné l’Iphone depuis quelques temps. Adieu, Apple !). Il se peut que ce demandeur jette un coup d’œil sur l’historique de mon portable et découvre que je voudrais bien m’acheter un kotatsu pour l’hiver. Il se peut qu’il se mette à courir dès qu’il aura mon smartphone dans sa main. Depuis que je me suis fait arnaquer de dix euros par une femme soi-disant « sourde », je n’ai plus confiance en personne.

 Mais ce n’est pas bien de se méfier tout le temps des gens. Il y a des gens bien dans ce monde. Je ne sais pas qui, mais je pense qu’il y a des gens bien. Évidemment, il est possible que leur portable soit vraiment en panne et qu’ils aient un coup de fil urgent à passer. Je pense que je leur prêterai mon portable s’ils tombent par terre, qu’ils crachent du sang et qu'ils tremblent de tous leurs membres. Pour l’instant, je n’ai jamais été abordé dans la rue par quelqu’un qui serait tombé par terre, crachant du sang et tremblant de tous ses membres. Aujourd’hui, pendant que j’attendais le bus, un homme costaud avec des lunettes de soleil m’a demandé de lui prêter mon portable en me montrant son smartphone Samsung à l’écran brisé. Je lui ai dit que je ne pouvais pas prêter mon portable à un inconnu et je me suis excusé. Il est parti. Maintenant, en écrivant ce journal, j’ai l’impression que j’aurais dû me lever, lui dire à la manière d’un personnage d’animé : « Salaud, bats-moi si tu veux mon portable », ce qui aurait été facile pour lui parce qu'il était plus costaud, plus musclé que moi qui suis adorable et faible comme un agneau. Il m’aurait battu, aurait volé mon Pocophone F1 et se serait ensuite enfui. Je serais tombé par terre en crachant du sang et j’aurais demandé à quelqu’un de me prêter son portable.

lundi 6 mai 2019

La fin de ma licence

 La Cathédrale Notre-Dame a brûlé. L’empereur a abdiqué. Mon semestre s’est achevé. Mes trois ans de ma licence se sont terminés. Je pensais que lorsque j’aurai terminé mon dernier examen, tout le monde (les professeurs, les étudiants, les animaux de la forêt noire, les prêtres, les nettoyeurs) m’attendrait à la sortie de l’amphithéâtre, et qu’ils m’acclameraient en faisant claquer des pétards, en sifflant, parce que c'est souvent comme ça dans le dernier épisode d'un animé, mais en fait, non. Personne ne m’attendait. C’était comme si un film se terminait dans un cinéma vide sans que personne ne le sache. 
 Ces trois années m'ont semblé à la fois courtes et longues. Je peux me souvenir de certains cours, et d’autres, non. Le moment le plus dur était bel et bien la première année. Je venais de débarquer du Japon. La première inscription pédagogique que l’on devait effectuer sur place était chaotique, et on ne pouvait pas vraiment choisir ses cours car seuls les codes étaient indiqués et pas le contenu. Ainsi, je suis tombé sur un cours de littérature française qui ne m’intéressait pas du tout Le résultat de ma première dissertation était catastrophique, et le cours de phonétique était incompréhensible. C’était comme si je me noyais dans une immense piscine. Toutefois, j’ai terminé ma première année avec de plutôt bonnes notes parce que j’avais travaillé d’arrache-pied. La deuxième année, je m’ennuyais. Je savais maintenant comment les cours et les examens s’organisaient en France. La plupart des cours ne m’intéressaient toujours pas. Le cours de littérature française que j’avais choisi était toujours si ennuyeux que j'aurais encore préféré observer des fourmis qu'aller à cette séance de torture de deux heures. La deuxième année, bien que j’aie souffert moins qu’à la première année, je l’ai terminée avec une moyenne un peu plus basse à cause du manque de motivation. Cette année, les cours me semblaient plus faciles qu’en première année et deuxième année, ou simplement je me suis habitué à la vie universitaire. Du moins, je ne me noyais plus. Je nageais plutôt aisément. La dissertation en trois grandes parties qui m'avait torturé quand j’étais neuveau, était devenue une habitude. Les cours de littérature que je détestais d’habitude alors que je suis en lettres, étaient plutôt intéressants cette année. Est-ce une fin heureuse ou une fin malheureuse ? Sans doute ni l’une ni l’autre car ce film dure encore. 

dimanche 21 avril 2019

Enseigner le japonais


 Plusieurs mois se sont écoulés depuis que j’ai commencé à enseigner le japonais. Il y a longtemps, j’avais mis sur un site une annonce disant que je souhaitais enseigner le japonais, et je l’avais vite oublié. Un jour, une inconnue m’a envoyé un message sur Facebook Messenger. Elle me demandait si j’étais la personne qui avait mis cette annonce. En effet, c’était moi. Elle m’a dit qu’avec un ami, elle cherchait quelqu’un qui pouvait leur apprendre le japonais parce que leur précédent professeur avait déménagé à Bordeaux. Comme je suis honnête ou tout simplement parce que je ne sais pas mentir, je lui ai dit que je pouvais essayer, en soulignant que ma spécialité est le français, et pas le japonais.
 On s’est alors rencontrés dans un café. Je lui ai demandé comment leur professeur précédent organisait ses cours. Elle m’a dit qu’elle et son ami suivaient le manuel de japonais « Minna no nihongo », qui coûte cher. J’ai eu l’impression qu'enseigner le japonais était assez simple. C’était fin 2018. Les cours ont commencé l’année suivante.
J'ai utilisé le manuel avec mes deux élèves au premier cours. Malgré mes quelques maladresses, tout s’est bien passé. Pendant le deuxième cours, je me suis rendu compte d’une chose importante : je ne connaissais rien de la grammaire japonaise. Mes élèves m’ont posé des questions ; j’ai réfléchi, sans trouver de réponse. « Désolé, je ne sais pas », leur ai-je dit, dépité.
 Depuis ce jour-là, j’ai ressenti le besoin de « organiser » mes cours. J’ai commencé à étudier ma langue maternelle dont j’ignorais beaucoup de choses. Je ne savais pas qu’il y a deux types d’adjectifs en japonais, ceux qui se terminent en i et ceux qui se terminent en na. Je ne savais pas qu’il y a en gros trois types de verbes. Je ne savais pas qu’il n’y a que deux temps en japonais, le présent et le passé, car le futur et le présent se confondent dans cette langue. Je ne savais pas qu’il n’y a pas de concordance des temps. Je pense que mes amis français en LLCE ou LEA de japonais connaissent la grammaire japonaise beaucoup mieux que moi. Ainsi, j’ai compris qu’apprendre, c’est enseigner, et qu’enseigner, c’est apprendre.


lundi 15 avril 2019

Les droits de l'homme


 Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen a été adoptée. Elle constitue non seulement la notion fondamentale de la Révolution française, mais cette loi qui a reconnu pour la première fois les droits de l’homme, a laissé des influences considérables sur notre société actuelle. À l’époque, le terme « citoyen » désignait uniquement les hommes blancs de sorte que le droit des gens de couleur et des femmes n’était pas garanti par cette déclaration. Toutefois, depuis lors, la France n'a cessé de développer la notion de droits de l’homme. Elle a accueilli jusqu’ici des réfugiés de diverses origines comme les espagnols fuyant la guerre civile, les africains victimes du désastre politique de leurs nations ou les chinois se sauvant du maoïsme. En 1981, sous le gouvernement de François Mitterrand, l’Assemblée nationale a adopté l’abolition de la peine de mort. Aujourd’hui, plus de la moitié des citoyens français sont contre la peine capitale, ce qui montre que la conscience sur les droits de l’homme est répandue au sein du peuple. En 2017, le Président de la République a annoncé que l'Hexagone allait accueillir 10 000 réfugiés dans deux ans. Ainsi, nul ne doute que la France est un pays des droits de l’homme, gardienne de l’humanité.

 Toutefois, j’écris cet article dans le but de dénoncer. Dénoncer que dans ce pays des droits de l’homme a commis une terrible transgression de cette notion humanitaire : celle de faire commencer le premier cours de la journée à 8 heures. Je ne peux pas supporter qu’on arrache ma peau à la chaleur de la couette pour me faire marcher dans des rues froides où il fait encore nuit. Ma tête est endormie ; mon corps engourdi par le sommeil bouge mécaniquement comme une automate. Personne ne marche dans les rues parce qu’il est trop tôt, tout simplement. Il n’y a même pas de personne âgée insomniaque qui traîne son chien. Ainsi, j’arrive à l’université, à moitié endormie. Je m’assois à une place. Le professeur parle blablabla et je ne comprends rien. Vers dix heures, un trou noir immense naît dans mon estomac ; une fringale. C'est alors que mon ventre pousse des gémissements douloureux. Tout cela, c’est parce que je me suis levé trop tôt le matin. Même au Japon où les gens travaillent comme des fourmis, le premier cours commence le plus souvent à 9 heures. Je le dis haut et fort : je ne veux plus me lever tôt le matin. Mon caractère conciliant ne me permet pas d’exiger une grasse matinée, mais je veux que le premier cours commence à 9 heures.

vendredi 12 avril 2019

La visite


 L’agent immobilier que j’ai contacté m’a proposé de se voir devant l’appartement qu'il allait me faire visiter, le 11 avril 2019 à 12h05. Je suis arrivé devant ce bâtiment à quinze minutes en avance. C’était un endroit que je connaissais bien, près de la gare centrale, juste à côté du centre commercial les Halles. Devant, il y avait une boutique qui s’appelait « Japan Shop ». Je n’avais pas de livre sur moi. Je n’avais rien. Je n’avais qu’un portable. J’ai attendu l’agent immobilier dehors, en observant des gens. Des filles passaient ; des personnes âgées marchaient lentement ; des jeunes qui avaient des allures de voyous déambulaient. Puis d’autres filles passaient ; d’autres personnes âgées marchaient lentement ; d’autres jeunes qui avaient des allures de voyous déambulaient. Au bout de quinze minutes, une femme souriante peut-être dans sa trentaine marchaient vers moi, et m’a tendu la main. L’agent immobilier que je croyais être homme était en fait une femme. Nous avons monté les escaliers étroits et elle m’a fait visiter l’appartement. Il y avait deux pièces assez spacieuses, et une autre pièce avec une douche et un lavabo. Elle a ouvert les fenêtres et m’a fait voir ce qu’il y avait dehors. Je voyais le bas de la rue où j’avais attendu l'agent immobilier tout à l’heure et le « Japan Shop », ainsi que des gens qui entraient dans les Halles. Je me suis projetté dans ce deux-pièce, j'ai imaginé que je dormais, que je lisais ou que j’observais des passants depuis la fenêtre. Elle m’a demandé ce que je pensais de cet appartement : « C’est sympa », ai-je dit, en répétant ce qu’elle avait dit lorsqu’on est entré dans l’appartement, mais comme j’ai jugé que mon commentaire était trop sec, j’ai ajouté : « Les loyers sont pas chers et l’appartement est très bien situé ».
 Dans l’ensemble, le logement avait l’air bien, même s’il y a le « Japan Shop » devant, j’ai l’impression d’être surveillé et que j'éprouve une certaine pression inexplicable. J'ai dit à l’agente que je voulais visiter aussi d’autres appartements. Nous nous sommes de nouveau serré la main, comme il y a six minutes lorsque nous nous étions rencontrés. Je me suis mis à marcher en direction de la place Kléber.

jeudi 11 avril 2019

Une fille m'a dit que je ressemble aux personnages d'Ionesco, mais qu'est-ce que cela signifie ? Je lui ai demandé ce qu'elle entendait par là, mais elle ne m'a rien dit tout en gardant un beau sourire au coin de ses lèvres.


 Je ne sais pas combien de dissertations j’ai écrit depuis que je suis entré à l’université. J’en ai écrit beaucoup, mais je ne me souviens plus de ce que j’ai développé dedans. Une fois, dans un sujet de dissertation où on interrogeait sur l’utilité de la littérature, j’ai écrit que les livres sont essentiellement faits de papier de sorte qu’on peut en faire des origamis. C’est la seule chose dont je me souviens. Je ne sais pas où toutes ces dissertations que j’ai rédigées sont allées après être passées aux mains des professeurs. Certains enseignants proposaient de rendre aux étudiants leurs dissertations. Je suis allé récupérer mes copies uniquement lorsque je savais d’avance que j’avais de bonnes notes (c’était plutôt rare), sinon je les ignorais. Je ne sais pas ce qu’ils ont fait de mes dissertations. Peut-être en ont-ils fait un ragoût et les ont mangées. Certains ont peut-être encadré ma dissertation et l’ont accrochée au mur. Peut-être d’autres l’ont-ils jetée à la poubelle ou bien mes œuvres imparfaites dorment-elles toujours dans leur bureau. C’est ainsi que tout en préparant les quelques examens qui me restent à passer, je pense aux dissertations que j’ai écrites jusqu’ici.
 Ces derniers temps, je me sens fatigué. Parce que j’ai des examens et que je dois apprendre par cœur les titres de livres que je ne lirai sans doute jamais. Parce que je cherche un logement pour ne pas dormir dans la rue à partir de l’année prochaine. Parce que j’ai passé le TOEIC. Parce que je postule à plusieurs masters. Parce que je ne veux pas me lever tôt le matin. Dans mes rêves, je parle souvent avec un chat.

mercredi 10 avril 2019

Mon anniversaire


 Aujourd’hui, c’était mon anniversaire. Je suis allé au restaurant avec ma copine et nous avons regretté ma naissance qui avait eu lieu il y a déjà plus de vingt ans. Mais lorsque j’y pense, aujourd’hui n’a rien à voir avec mon anniversaire. Je n’ai pas de copine. Je ne suis pas allé au restaurant.


lundi 1 avril 2019

L'Eva n'est pas un robot


 Je répète encore et encore que l’Evangelion n’est pas un robot. Je répète : l’Evangelion n’est pas un robot. Astro Boy est un robot. Doraemon est un robot. Gundam est un robot. Mais l’Evangelion n’est pas un robot. L’Evangelion est un humain artificiel gigantesque.
 C’est son armure qui fait ressembler l’Éva à un robot. En réalité, il est fait de chair et d’os, et il saigne lorsqu’il est blessé. Dans la série télévisée, lorsque l’Eva 01, piloté par Shinji Ikari, se bat contre le quatorzième Ange, Zeruel, il est amputé du bras gauche duquel jaillit une fontaine de sang. Par la suite, l’Eva 01 arrache l’un des bras de cet Ange, et s’en sert pour régénérer son bras perdu. À ce moment-là, ce bras ressemble à celui d’un être humain sans armure. Sinon, dans « Evangelion : 2.0 You Can (Not) Advance », l’Eva 01 manipulé par le Dummy Plug, massacre totalement l’Eva 03, et on voit des organes et une abondance de sang de l’Eva 03 éparpillés dans toute la ville. Il y a de nombreuses autres scènes qui montrent que les Eva sont des humains artificiels (la scène où l’Eva 02 est massacré par des Eva de production en masse etc.), mais je ne cite pas tout.
 À propos, chaque Eva comprend l’âme de la mère de son pilote (sauf l’Eva 00 dont on ne sait pas grand chose). L’Eva 01 comprend donc l’âme de la mère de Shinji, Yui Ikari, morte d’un accident lors de l’expérience de l’activation de l’Eva. (C’est par exemple la raison pour laquelle Gendo Ikari, lorsque le Dummy Plug est rejeté par l’Eva 01, murmure : « Pourquoi tu me rejettes, Yui ? »). Rei Ayanami est l’hybride de Yui et de l’un des premiers Anges, Lilis, de sorte qu’elle est le sosie de la mère de Shinji, et c’est pourquoi Gendo la traite d’une manière particulière. Il est froid avec Shinji parce qu’il est « jaloux ». Lorsque l’armée de défense attaque le siège de NERV, il dit : « je n’ai jamais éprouvé d’amour paternel envers Shinji voire même je le haïssais en tant qu’être qui a m’a privé l’amour de Yui ». Le Plan de la complémentation de l’humanité a pour objectif d’unifier tous les êtres humains et d’en faire un seul être harmonieux. « The End of Evangelion » permet de comprendre que les êtres humains « complétés » se transforment en un liquide orange, appelé LCL. On peut alors approximativement dire que les SEELE et Gendo Ikari partagent le même objectif, celui de « compléter l’humanité ». Toutefois, tandis que les SEELE cherche l’ascension de l’humanité et l’émancipation du péché original, Gendo veut seulement revoir Yui dans un monde où l’humanité est réunie en un seul être. Si on ne saisit pas cet élément, la série télévisée serait totalement incompréhensible.
 Il y a une autre chose sur laquelle je veux insister : je préfère mille fois Asuka à Rei. On m’a dit qu’avec l’âge, on commence à aimer Misato. Pour l’instant, je trouve qu’Asuka est la plus attrayante de toutes les héroïnes.