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mercredi 13 décembre 2017

''Est-ce un écho ?'' Kaneko Misuzu

 Si je dis « Jouons ensemble »,
Tu me dis « Jouons ensemble ».

Si je dis « Idiot »,
Tu me dis « Idiot »

Si je dis « Je ne joue plus avec toi »,
Tu me dis « Je ne joue plus avec toi ».

Et plus tard,
Je me sentirai seul.

Je dis « Désolé »,
Tu me dis « Désolé »

Est-ce un écho ?
Non, personne.

mardi 24 octobre 2017

''After Dark'' Asian Kung-fu Generation



Je m'enfuis pendant que l'ombre de mon dos se répand 
Je m'envole au dessus de la ville enivré par un parfum doux
Sans m'apercevoir que mes ailes ont disparus
Au loin, j’entends des pleurs qui me sont familiers

Le vent nocturne emportant cet éphémère espoir
Jusqu’où pourrai-je aller ?

Le monde tremble comme s’il voulait s'emparer de tout
Je suis déjà éveillé
Mais je n’ai encore rien fait
Je dois faire un pas

Je flotte interrompant ma journée paresseuse
Je vole en regardant de haut le ballet des nuages naissants

Une odeur de sang se répand dans un coin de la ville 
Au loin, j’entends des pleurs qui me sont familiers 

Une lune rouge écarlate finit de s'étendre 
Je veux en finir avec mes journées sans but 
Pour leur donner un sens 

Le monde tremble comme s’il voulait s’emparer de tout 
Je suis déjà éveillé 
Mais je n’ai encore rien fait
Je dois faire un pas

mercredi 4 octobre 2017

''Quand ta maladie sera guérie''



Le bruit tendu que fait un ongle
Traverse à mon insu
Stupéfait d’un champ plein de fleurs
Figé comme un feu d'artifice

Quand ta maladie sera guérie,
Le printemps arrivera dans cette ville.
J’espère que ta peur disparaîtra
Dissimulant les parties brûlées de ton cœur

Tu as bu de l’eau d’un robinet rouillé
Et m’as adressé un sourire triste
Si un jour tu peux sourire un peu,
Allons-nous nous rencontrer dans cette ville.

La joie, la tristesse sont en fait une même chose
Qui tourne à l’infini
Après notre millième rencontre,
Nous vivons dans la même ville.
Nous vivons le présent
Nous avons vécu autrefois.
Si nous pouvions nous rencontrer encore,
Je n’aurai plus besoin de rien
Même si je serais triste parfois

On est tombé amoureux au même moment,
On a fait couler le temps

J’aimerais regarder le même monde
J’aimerais peindre de la même couleur que la tienne
J’aimerais sentir le même vent
J’aimerais vivre la même époque
J’aimerais rire avec toi en même temps
J’aimerais me souvenir d’un même endroit
J’aimerais être ému d’un même mot
J’aimerais heurter le même doigt de pied
J’aimerais être ensemble sous un même parapluie
J’aimerais marcher d’un même rythme

Parce que comme ça,
Je pourrais tout partager avec toi
On n’aura plus besoin d’échanger un mot
Pour être toujours amoureux

samedi 19 août 2017

''Les yeux disent'' Kenji Miyazawa



La fin s'approche
Le sang jaillit
Comme une fontaine
Depuis la veille, sans que je puisse dormir, l’hémorragie ne s’arrête pas
Maintenant tout est serein et bleu
Il semble que je vais mourir bientôt
Mais que ce vent est charmant
Parce que j’atteindrai un monde pur dans quelques instants,
Le vent monte vers le ciel bleu,
Et souffle-t-il jusqu'ici ?

Il produit une vague semblable aux herbes de l’automne,
Elle se répandit sur les bourgeons d’érables et les fleurs ressemblant à la chevelure
Une natte de jonc éparse qui a une trace de brûlure est aussi bleue.
Je ne sais pas si vous êtes de retour d’un congrès médical,
Vous qui portez une redingote noire,
Avez consacré tous vos efforts à me sauver,
Je n’aurais aucune plainte même si je meurs
Malgré ce flot de sang,
Je ne ressens rien.
Est-ce parce que la moitié de mon âme a déjà quitté mon corps ?
Toutefois, la seule chose regrettable,
C’est que je ne peux pas vous le dire à cause de l’hémorragie.

Le paysage que vous regardez de là doit être désastreux
Mais ce que je vois,
C’est le ciel bleu limpide,
Et le vent transparent.

mercredi 5 juillet 2017

Voyager / Flyby (Motoo Fujiwara)



''Voyager''

Le XX YY

J’ai ressayé de communiquer toutefois je n’ai reçu aucune réponse.
Quelle que soit la distance,
Je suis toujours sur votre orbite

J’ai lancé une lumière vers le ciel nocturne
Ces sanglots m’avaient une fois appartenu
Même si ma mémoire m'abandonne,
Mon activité continue, j'errerai dans le lointain

Répondez-moi
Ça fait longtemps depuis qu’on m’a envoyé de la surface des vivants
Depuis lors, j’ai passé mon temps à compter le nombre des étoiles qui passent
Je vous envoie cette mélodie que j’ai créée par enchaîner les notes qu’avaient laissés ces étoiles.

''Flyby''

Quelle que soit la distance,
Je suis toujours sur mon orbite
Quelle que soit la distance,
Vous êtes toujours sur votre orbite

Répondez-moi
J’ai fait un tour de votre cœur et je suis revenu maintenant
La distance ne s’est pas raccourcie,
Mais j’ai toujours été là
Au revoir.
Vous pouvez m’oublier
Mais je ne vous oublierai pas.
Je vous demande une réponse,
Je vous demande une réponse.

Je vous envoie cette mélodie
Avec la voix qu’on m’a donnée

Le XX YY

J’ai ressayé de communiquer toutefois je n’ai reçu aucune réponse
Quelle que soit la distance,
Je suis toujours sur l’orbite de votre cœur

vendredi 9 juin 2017

''Les raisons pour lesquelles j'ai pensé à mourir'' Amazarashi


J’ai pensé à mourir parce qu’un goéland chantait sur le quai
Becquette le passé qui flotte et sombre sur les vagues et va-t’en
J’ai pensé à mourir parce que les fleurs d’un abricot s'étaient épanouie le jour de mon anniversaire
Si je m’assoupis sous l’ombre de cet arbre, pourrais-je rejoindre les cadavres d’insectes et  la terre ?

 Un bonbon à la menthe, le phare d’un port, un pont rouillé, un vélo abandonné
Je ne peux aller nulle part devant le poêle dans une station de bois
Aujourd’hui est comme hier, si je veux changer "demain", il faut changer ‘’aujourd’hui’’
Je le sais, je le sais mais...

J’ai pensé à mourir parce que mon cœur s'était vidé
Je pleure car je ne me sens pas satisfait,  c'est parce j’aurai souhaité l’être

 J’ai pensé à mourir parce que les lacets de mes chaussures s'étaient défaits
Je n’arrive pas à les renouer tout comme les relations humaines
J’ai pensé à mourir parce dans mon reflet un garçon me regardait 
Je me suis prosterné sur mon lit pour lui demander pardon

 L’oscillation faible de l’écran, la vie grouillante au-dessus de ma chambre 
La sonnerie de l’interphone, un garçon dans la cage se bouchant les oreilles 
Don Quichotte qui se bat contre un ennemi invisible dans une pièce de six tatami 
Sa fin sera de toute façon misérable

 J’ai pensé à mourir parce qu’on m’a dit que j’étais froid 
Je pleure de vouloir être aimé, parce que j’ai connu la chaleur des gens 
J’ai pensé à mourir parce que vous me souriez joliment 
Je ne pense qu’à mourir parce que je suis trop sérieux pour vivre 

 J’ai pensé à mourir parce que je ne vous avais pas rencontré 
J’ai aimé un peu ce monde qui vous avait donné naissance  
Je compterais sur un monde où vivrait une personne comme vous

mardi 6 juin 2017

''La publicité pour Cutty Sark lui-même'' Haruki Murakami



Cutty Sark

Cutty Sark

Si je répète ce mot dans la bouche

À un certain moment,

Ce ne sera plus un Cutty Sark

Ce n’est plus du whisky anglais

Rempli dans une bouteille verte

Ce n’est que la sonorité d’un mot

Qui a été Cutty Sark autrefois

Sa forme est partie ailleurs

Comme la queue d’un rêve

Mettons des glaçons dans cette sonorité du mot

C’est très bon

vendredi 2 juin 2017

''En voyage'' Sakutaro Hagiwara



J'ai envie d'aller en France
Mais la France est trop loin

J'étrenne mon complet neuf
pour partir en voyage

Lorsque le train traverse la montagne
en me penchant par la fenêtre bleutée

Je me réjouis seul
de l'aurore de ce matin de mai
Je laisse mon cœur 
sur les pousses des jeunes herbes

「旅上」

萩原朔太郎

ふらんすへ行きたしと思へども
ふらんすはあまりに遠し

せめては新しき背広をきて
きままなる旅にいでてみん。

汽車が山道をゆくとき
みづいろの窓によりかかりて
われひとりうれしきことをおもはむ

五月の朝のしののめ
うら若草のもえいづる心まかせに。

mercredi 31 mai 2017

''Le secret de l'usine de spaghettis'' Haruki Murakami



Ils appellent mon bureau l’usine de spaghettis. 
''Ils'' désignent l’homme-mouton et les belles jumelles. 
Le mot ''l’usine de spaghettis'' n’a pas de grand sens. 
En bref, régler la température de l’eau, parsemer du sel, mettre le minuteur, c’est ça.

Lorsque j’écris un manuscrit, l’homme-mouton vient en agitant ses oreilles.

'' - Franchement, j’aime pas trop cette phrase.
- Ah bon? dis-je.
- Elle est quelque peu présomptueuse, de plus, elle manque de poésie.
- Tant pis.'' dis-je.
J’ai quand même fait des efforts.
''- Peut-être que tu as mis trop de sel, me dit la jumelle 208.
-Refais la, dit la 209.
- Je peux aussi t’aider'', dit l’homme-mouton.
Non merci. Si l’homme-mouton intervient, tout sera gâché.
''Apporte-moi une bière'', dis-je à la 208. 
Et à la 209,
"Et toi, taille trois crayons, s’il te plaît.''
Tandis que la 209 taille des crayons avec un couteau à fruits, je bois une bière. 
L’homme-mouton grignote des fèves séchées.
Lorsque les trois crayons aiguisés s’apprêtent, je frappe des mains et je les expulse de mon bureau. 
Travail, travail.

Pendant que je travaille sur mon manuscrit, ils chantent une chanson main dans la main dans le jardin. 
Elle est comme cela,

Mon pays natal est al dente
Ni trop tôt, ni trop tard
C’est le blé dur
qui se brille en or

La lumière du printemps se verse sur eux. 
C’est un paysage assez chouette.

mercredi 3 mai 2017

Le maître du rêve(夢の飼い主)

La traduction de 夢の飼い主(yume no kainushi)(le maître du rêve) de Bump Of Chicken.
C'est dommage que je n'ai trouvé le morceau que sur niconico-douga alors que c'est une belle chanson.


Je ne me souviens pas du moment où je suis né.
Mais je me souviens que je respirais.
J'ai intuitivement reconnu ma créatrice.
J'ai frotté mon petit corps blanc contre le sien.
Elle s'est aperçue de ma présence et elle m'a donné un nom.

''Depuis quand tu es là ? Tu veux que je t'embrasse ?''
Je ne savais pas comment répondre, je me suis donc serré contre elle.
Ça réchauffera un peu.

Sa vie qui était insignifiante a changé.
Elle lui a donné de la nourriture, elle s'est promenée avec lui, elle l'a beaucoup câliné.
Elle lui a mis un collier, elle l'a même habillé et elle l'a attaché avec une laisse.
Lorsque quelqu'un rend visite, elle se vante de le lui montrer.

''Il ne se sépare jamais de moi. Il s'attache à moi.''
Je ne m'en sépare pas, parce que j'ai peur qu'elle m'oublie
Si cela suffit pour qu'elle s'occupe de moi.

Je ne me sens pas seul, parce que je suis avec toi.
Mais tu appelles mon nom de moins en moins.

Je ne me souviens pas du moment où je suis né.
Mais je me souviens que je respirais.

J'ai eu une apparence qui était loin de ce que représente mon nom.
J'ai même oublié ma couleur et la manière de bouger.
Elle a aussi oublié mon nom qu'elle avait choisi elle-même.

Elle a versé des larmes sur les joues du rêve, qui n'était plus comme avant.
Son toucher avait aussi changé.
Elle l'a déshabillé des vêtements qu'elle lui avait fait porter.
Ah, je m'en souviens. Il avait un corps si blanc...

''Je le salissais avec mes propres mains ? C'est moi qui l'enfermais ?''
Elle m'a débarrassé du collier qui m'étranglait.
J'ai été libéré.

Je serai toujours avec toi, je ne m'en séparerai jamais.
Mais tu n'as pas besoin de mettre ni collier ni laisse.
Si je me serre contre toi, c'est parce que j'ai envie.

Je ne me sens pas seul, parce que je vis avec toi.
Mais appelle mon nom de temps en temps, s'il te plaît.

N'oublie pas ça, hein.

生まれた時は 覚えてないが 呼吸はしていた
理由は無いけど 生みの親は ひと目で判った

まだ小さくて 白い体 擦り寄せてみた
彼女は やっと それに気付いて 名前を付けた

「いつから側に居たの? 抱いて欲しいの?
答える術も無いから ただ 身を寄せたよ
少しは あったかいかな

くだらなかった 彼女の日々は 大きく変わった
餌を与えて 散歩にも行って 沢山触った
首輪を巻いて 服まで着せて 紐で繋いだ
人が来れば 見せびらかして 鼻を高くした

「少しも 離れないの よく 懐いているの」
忘れられたくないから ひたすら身を寄せるよ
それで 覚えていてくれるなら

寂しくはないよ 君と居られるから
ただ 名前を呼んでくれる事が
少しずつ 減ってきた

生まれた時は 覚えてないが 呼吸はしていた

既に 名前とは 懸け離れた 姿にされていた
自分の色と 動き方を 忘れてしまった
彼女もいつか 付けた名前を 忘れてしまった

変わり果てた 夢の頬に 涙落とした
触ってみても その感触は 別のものだった
自分で着せた 服を脱がして 涙落とした
あぁ そうだった こんなに白い体をしていた

「この手で 汚していたの? 閉じ込めていたの?
苦しかった首から 首輪が外れた
僕は自由になった

いつでも 側にいるよ ずっと 一緒だよ
首輪や 紐じゃないんだよ 君に身を寄せるのは
全て僕の意志だ

寂しくはないよ 君と生きているから
ただ名前を 呼んでくれるだけで いいんだよ

ねぇ それだけ 忘れないで

lundi 1 mai 2017

''Le chant des roues'' (車輪の唄)



Les roues rouillées, en faisant un bruit perçant, amènent nos corps à l’aube jusqu’à la gare.
Tandis que je pédale, la chaleur de ton corps contre mon dos.
En montant le long du chemin, je t'entends sourire et tu me dis d'un ton amusé,
''Encore un petit effort, on y est presque''.

La ville était très calme,
''C'est comme si nous étions tout seul au monde'', ai-je murmuré.

En même temps, j'ai perdu mes mots.
Parce qu'en haut de la pente, le soleil levant qui nous accueillait était trop beau.

Je sais que tu as souri, à ce moment-là, derrière moi.
Je n'ai pas pu te regarder parce que moi, je pleurais.

Le ticket le plus cher au guichet, je ne connais pas la ville à laquelle il conduit
Alors que j'utiliserai le ticket le moins cher, je l'ai soigneusement mis de côté.

Le grand sac que tu avais acheté avant-hier, coincé dans le composteur.
Sans pouvoir passer, tu m'as regardé.

Sans croiser ton regard, j'ai hoché la tête, j'ai dégagé la corde de ton sac qui s'emmêlait

La sonnerie annonce notre adieu, la porte s'ouvre seulement pour toi.
Tu fais un pas plus éloigné que mille pas, et me dis,
''Promet-moi, nous nous reverrons un jour.''

Sans pouvoir te répondre, les yeux baissés, j'ai agité la main.

Ça ne fait aucun doute, à ce moment-là, toi....

Je descends la pente plus vite que le vent, que je puisse te rejoindre.
Les roues rouillées, en faisant un bruit perçant, atteignent à peine le train mais il s'en éloigne petit à petit.

Je sais que tu pleurais, à ce moment-là, derrière la porte.
Je n'ai pas pu regarder ton visage, mais ta voix tremblait.

Je te promets, nous nous reverrons un jour.
Pour que tu puisses me voir au loin, j'ai agité la main.

Bien que la ville avait commencé à s'agiter
''C'est comme si j'étais tout seul au monde", ai-je murmuré.

Les roues rouillées, en faisant un bruit perçant, m'amènent au loin.
Une chaleur faible laissée sur mon dos.

錆び付いた車輪 悲鳴を上げ
僕等の体を運んでいく 明け方の駅へと

ペダルを漕ぐ僕の背中
寄りかかる君から伝わるもの 確かな温もり

線路沿いの上り坂で
「もうちょっと、あと少し」後ろから楽しそうな声

町はとても静か過ぎて
「世界中に二人だけみたいだね」と小さくこぼした

同時に言葉を失くした 坂を上りきった時
迎えてくれた朝焼けが あまりにも綺麗過ぎて

笑っただろう あの時 僕の後ろ側で
振り返る事が出来なかった 僕は泣いていたから

券売機で一番端の
一番高い切符が行く町を 僕はよく知らない

その中でも一番安い
入場券を すぐに使うのに 大事にしまった

おととい買った 大きな鞄
改札に引っ掛けて通れずに 君は僕を見た

目は合わせないで頷いて
頑なに引っ掛かる 鞄の紐を 僕の手が外した

響くベルが最後を告げる 君だけのドアが開く
何万歩より距離のある一歩 踏み出して君は言う

「約束だよ 必ず いつの日かまた会おう」
応えられず 俯いたまま 僕は手を振ったよ

間違いじゃない あの時 君は・・・

線路沿いの下り坂を
風よりも早く飛ばしていく 君に追いつけと
錆び付いた車輪 悲鳴上げ
精一杯電車と並ぶけれど
ゆっくり離されてく

泣いてただろう あの時 ドアの向こう側で
顔見なくてもわかってたよ 声が震えてたから

約束だよ 必ず いつの日かまた会おう
離れてく 君に見えるように 大きく手を振ったよ

町は賑わいだしたけれど
世界中に一人だけみたいだなぁ と小さくこぼした

錆び付いた車輪 悲鳴を上げ
残された僕を運んでいく

微かな温もり

samedi 28 janvier 2017

Hier


Hier tout était plus beau

la musique dans les arbres

le vent dans mes cheveux

et dans tes mains tendues

le soleil


Agota Kristof

mercredi 25 janvier 2017

La noyée (2)

Tout-à-coup, un désir violent de la posséder l'a envahi.
Le fait qu'elle n'était plus vivante l'a étrangement excité.
Après le vol de son âme, son corps s'était transformé en un objet.
Maintenant ce n'était qu'une masse de plusieurs organes dont le fonctionnement était complètement arrêté.
C'était un objet, telle une statue antique.
C'était une sculpture qui représentait une plénitude absolue, l'essence d'un moment précieux, qui était pétrifié à jamais.
Il l'a imaginée dans son appartement.
Il l'entreposerait dans une vitrine.
Ainsi, il pourrait vivre avec elle jusqu'à sa mort.
Il lui dirait bonjour chaque matin.
Il lui dirait bonne nuit lorsqu'il irait se coucher.
Mais cette idée était ridicule car c'était un cadavre.
Cela impliquait qu'elle pourrirait de jour en jour dans la vitrine.
Elle se déformerait peu à peu, son sourire magnifique serait lui aussi ingurgité par les innombrables vers.
Ce ne serait finalement qu'une masse grotesque de chair et de liquide.
Mais pour l'instant, c'était une fille dont le visage lui adressait immuablement un sourire doux.
Depuis qu'il l'a découverte tout à l'heure, cette expression angélique qui était remplie de bonheur n'a nullement changé.
L'instant où elle a esquissé ce sourire éthéré était rendu éternel par une force surnaturelle.

La noyée était vêtue d'une blouse ornée de volants.
Lorsqu'elle était vivante, sa blouse avait été impeccablement blanche, comme la neige lorsqu'elle venait tout juste de tomber.
Maintenant sa toilette était tachée de multiples souillures d'égout, de terre, d'herbe du fond du fleuve.
Sous la lumière nocturne de Paris, sa blouse émettait une faible clarté jaunâtre.
La blouse qui avait absorbé l'eau était devenue transparente et collait à la peau de la fille.
Au travers, il voyait l’entièreté de son corps nu.
Sa nuque gracile, ses seins plutôt discrets mais d'une bonne forme qui lui rappelaient deux pamplemousses.
Une dune blanche en pente douce se trouvait entre ses cuisses.
Ses longues jambes étaient écartées d'une manière libre en laissant tout son poids à la gravité terrestre.

Il céda finalement au désir sexuel.
Il frôla de ses doigts le profil de la noyée.
La courbe de son visage était aussi lisse que celle de la lune.
Passant par son cou, ses doigts descendirent jusqu'à sa poitrine.
La rigidité cadavérique envahissait petit à petit la fille.
Il sentait la peau froide et rigide comme le marbre contre sa paume.
Avec l'index, le majeur et l'annuaire, il est descendu jusqu'à la dune croissante.
En sentant encore une touche quelque peu élastique, ses doigts ont finalement cessé la descente au genou.
Au comble du bonheur, il a versé quelques larmes.
Ces larmes sont tomés dans l'interstice imperceptible entre les lèvres supérieure et inférieure de la noyée puis ont disparu à jamais dans l'abysse.

Toutefois, en même temps il était écoeuré.
C'était un écoeurement si fort qu'il n'en avait jamais ressenti de tel.
L'odeur qui montait de la Seine lui provoquait une nausée aussi féroce que son avidité sexuel était violent.
Il avait envie de vomir.
Il voulait complètement vider son estomac.
Malgré plusieurs tentative, rien n'est monté dans son œsophage.
Tout ce qu'il a pu verser étaient des larmes et du suc gastrique acide.
Il ne supportait plus cette situation à laquelle il était condamné.
Entre la paradoxe d'un sentiment de bonheur et de cette nausée atroce, son être était sur le point de se déchirer.
Avant d'appeler la police, il a embrassé la noyée.
L'odeur désagréable d'un poisson pourri a rempli sa bouche, puis est sortie par ses narines.
Lorsqu'il en est séparé, il a soudainement ressenti une montée de vomi.
Il s'est levé et a couru à la rive.
Il a rendu tout ce qu'il y avait dans l'estomac.

lundi 23 janvier 2017

La noyée


C'était un soir en 1900 à Paris.
Un homme se promenait seul le long de la Seine.
Il aperçut soudainement un objet étrange dans la Seine.
Cet objet était échoué sur la rive opposée à celle qu'il longeait.
Ayant été balancé par les vagues douces, il oscillait lentement et paisiblement.
Il était blanc.
De loin, il était semblable à une méduse.

Était-ce le débris d'une ombrelle ?
Non, une ombrelle devait bien avoir des ossatures.
Était-ce un chapeau feutre ?
Non, il n'y avait pas de chapeau aussi grand.
La lumière des réverbères était trop faible pour l'éclairer.
Il ne voyait que très vaguement.
Les quelques personnes qui se baladaient autour de lui ne s'en étaient pas rendus compte ou du moins, ils étaient indifférents.
Il entendit au loin les cris d'un fou insomniaque qui semblait s'adresser à lui-même.
La nuit était déjà tombée.
Il essaya de se débarrasser de la présence de cet objet étrange dans sa tête.
Mais plus il essaya de l'oublier, plus sa curiosité s'élargissait sans cesse.
Il décida finalement d'aller le vérifier.
Pour s'en rapprocher, il descendit par l'escalier.
Une mauvaise odeur sortait de la Seine.
En s'approchant peu à peu, son cœur battait de plus en plus rapidement.
Il commençait à sentir mal.
Il voulait vomir.
Mais maintenant il lui était impossible de rentrer chez lui sans l'avoir vu.
Il reconnu d'abord une masse de cheveux noir de jais.
Il réfléchit quelques instants puis se rendit compte que c'était une femme.
C'était le cadavre d'une noyée.
''Elle'' se couchait à plat ventre.
Sa partie inférieure du corps était dans l'eau glaciale de la Seine.
Il ne voyait donc pas son visage.
Il frôla de ses doigts son épaule frêle.
Sa chair morte était si souple qu'il crut qu'elle s'effriterait en un coup.
Sa peau qui avait absorbé l'eau était aussi transparente qu'il vit même ses veines bleuâtres.
Curieusement, il n'eut pas peur.
Le temps s'était arrêté autour de lui.
Il était submergé par un sentiment de bonheur, comme s'il venait de retrouver une amante qu'il n'avait pas vu depuis longtemps.
Il avait hâte de découvrir son visage.
Il glissa son bras sous sa poitrine, la renversa ensuite tout en soutenant le poids de son corps.
La noyée lui souriait.
Il fut ému par ce sourire angélique qui l'attendait.
Il ôta le sable parsemé sur son visage, puis débarrassa son front de ses cheveux mouillés et collants, pour dévoiler ses traits.
Il la contempla longuement comme s'il admirait une statue grecque.
Ses yeux étaient clos, son nez dessinait un trait droit tel une allée.
Sa lèvre supérieure légèrement retroussée esquissait un sourire harmonieux avec l'inférieure.
Il s’efforça de tirer son corps de la Seine, cependant, elle était alourdie par l'eau.
Si bien qu'il tomba en arrière, couvert par la dépouille de la fille.
Il senti le parfum sucré de celle-ci, mélangé à la mauvaise odeur d'égout de la Seine.

vendredi 13 janvier 2017

Le hurlement du vent




Je me suis réveillé tout-à-coup à minuit.
J'ai entendu la pluie taper violemment contre la fenêtre.
Ça a sonné comme si quelqu'un frappait à la porte.
Le vent hurlait, ébranlait les arbres et les maison comme s'il était enragé.
Je n'arrivais plus à me rendormir.

J'étais dans un bateau.
J'étais un marin solitaire naufragé.
Personne n'était autour de moi.
J'étais seul.
Les vagues s'acharnaient à avaler mon bateau.

Je me suis enfoui sous mes couvertures.
Le grondement du vent ressemblait à la voix d'un homme.
Une image d'un homme corpulent, souriant d'une manière sinistre est apparue dans mon esprit.
Cette image ressemblait à une vieille photo.
J'ai vu ses gencives étrangement écarlates entre ses dents jaunâtres.
Il s'approchait de plus en plus de moi.
Son sourire grotesque était figé tel un masque.

Ce matin lorsque je me suis réveillé, tout était calme.
Je n'entendais aucun bruit.
J'ai ouvert les volets.
La ville était comme à l'ordinaire comme si rien ne s'était passé la veille.
Malgré le hurlement du vent et la pluie battante, aucun arbre n'était tombé, aucun dégât ne s'était produit.
Puis j'ai vu par la fenêtre un homme essuyer soigneusement un carreau de sa maison.
Il me souriait.

jeudi 12 janvier 2017

L'outre-tombe



J'étais chez mes parents.
Je regardais la télé avec mon père.
À l'écran, il y avait quatre ou cinq personnes dont les visages étaient étrangement défigurés.
Ils étaient assis côte à côte.
Il n'y avait rien derrière eux, juste du blanc.
Ils bredouillaient quelque chose aux microphones.
Je n'ai pas compris ce qu'ils disaient.
Mon père m'a regardé sans aucune expression puis dit sèchement,

''Ce sont des victimes de la guerre.''

 Je me suis réveillé dans mon appartement.
J'ai d'abord vu le plafond, puis les murs.
Après avoir réfléchi quelques instants, je me suis rendu compte que c'était un rêve.
Un mauvais rêve.
Mais qu'est-ce que ces gens invalides étaient en train de nous dire?
Il ne faut pas s'en souvenir.

samedi 7 janvier 2017

Ein Traum



Ich habe ein Ohr an der Küste gefunden

Aus der Ferne, sah es wie eine Muschel aus

Aber das war es nicht

Es war zweifellos ein Ohr

Ich habe es in die Hand genommen

Es war kalt, weiß und weich

Ich habe es gegen mein Ohr gelegt

Ich habe eine Frau schluchzen gehört

Le Saule Pleureur



J'ai enfermé

une fille que j'aimais dans un arbre

Cent ans après, 

l'arbre a commencé à sangloter avec une voix de femme

Ainsi est né le saule pleureur

La chaussette rouge

J'ai caché ta chaussette rouge dans le désert


Va la chercher


Avant que l'aube ne te dévore

La Lune

Sous le clair de lune, J'ai souri.