vendredi 6 janvier 2017

Supermarché



Je suis allé au supermarché pour faire des courses.
Là, j'ai vu des cuisses de grenouilles surgelées vendues à seulement 4 euros.
Je me suis demandé si j'allais les acheter.
Finalement, je ne les ai pas achetées car la quantité était trop grande et je n'aurais pas pu tout manger.
Mais lorsque j'y retourne, j'aimerais en acheter et essayer les cuisses de grenouilles.
Y avez-vous déjà goûté?
En fait, j'aime les mets étranges tels que la cervelle, les escargots...
Sur ce point-là, la France est un pays qui me donne du plaisir.

À la caisse, il y avait un petit garçon et son père devant moi.
Le petit garçon lisait à haute voix les mots écrits sur une conserve.

''C-A-R-O-T-T-E...carotte!''

Son père l'a félicité, il a dit à la caissière qu'il était fier que son fils puisse lire alors qu'il était encore en maternelle.
Puis le garçon m'a salué.

''Bonjour.''

Ce joli mot français qui lie les personnes depuis des siècles.

''Bonjour'' lui ai-je dit.

Puis

''Ni-hao'' m'a-t-il dit.

''Je suis désolé, je ne suis pas chinois. Je suis japonais.'' lui ai-je dit.

Puis la caissière m'a salué en japonais.

''Kon-nichiwa''
''Watashi no namae ha Marie desu.''
''Anata ha kirei desu(vous êtes joli(e))''
''Aishiteru(je t'aime)'' a-t-elle ajouté.

C'est le moment où sa petite connaissance du japonais lui a servi probablement pour la première fois.

Le petit garçon et son père m'ont dit ''au revoir", je leur ai dit aussi ''au revoir''.
Après le paiement, la caissière et moi nous sommes dit ''au revoir'' et je suis rentré à la maison.

Partiel de 4 heures

Le journal du 5 Janvier





Hier, je me suis levé tôt vers 3 heures du matin.
J'ai pris l'habitude de me coucher tôt et de me lever tôt.
J'ai poursuivi la lecture de mon livre.
Il s'intitule ''Chronique d'hiver''.
C'est un essai de Paul Auster.
Je suis son fan depuis mon adolescence, j'ai lu plein de ses livres.
''La trilogie New-Yorkaise'' ''Moon Palace'' ''Léviathan"etc.
Ses livres sont toujours excitants.
L'histoire se déroule souvent à New York où l'auteur vit.
Le protagoniste se perd dans cette ville et se trouve impliqué dans un incident louche.
Il décrit la solitude urbaine et la force mystérieuse de la coïncidence.
Ses histoires sont imprévisibles.
Mais honnêtement celui-ci(''Chronique d'hiver'')me plaît moins que d'autres romans de Paul Auster.
Je le trouve trop personnel, trop intime, n'étant pas vraiment destiné à distraire les lecteurs.
Dans ce livre, l'auteur utilise la deuxième personne ''tu'' pour raconter les expériences qu'il a vécues.
Ce livre est une succession de ''ce jour-là, tu as fait telle ou telle chose...'' comme s'il parlait à lui-même.
Certes, c'est toujours un grand plaisir de pouvoir lire son roman pour ses fans de longue date mais pour ceux dont c'est la première fois, j'hésite à affirmer que ce soit un livre recommandé.
J'aime par dessus tout ''Moon Palace'', surtout son introduction.
L'une des meilleures introductions que j'ai jamais lue dans ma vie.

''  C'était l'été où l'homme a marché sur la lune pour la première fois. 
A l'époque j'étais très jeune, mais je ne croyais pas qu'il puisse jamais y avoir d'avenir. 
Je voulais vivre dangereusement, pour repousser mes limites aussi loin que possible et voir ce qui se passerait une fois arrivé là. 
En fin de compte, je faillis ne pas y arriver. 
Peu à peu, je vis mes ressources diminuer jusqu'à zéro; 
je perdis mon appartement;
 je me suis retrouvé à vivre dans la rue. 
Si je n'avais pas rencontré une fille nommée Kitty Wu, je serais sans doute mort de faim. 
Je l'avais rencontrée par hasard peu de temps auparavant, mais finalement j'en vins à considérer ce hasard comme une sorte de disponibilité, une façon de me sauver par l'intermédiaire de l'esprit d'autrui. 
Ce fut la première partie de ma vie.
 A partir de là, il m'arriva des choses étranges.
 Je trouvai un travail auprès du vieil homme en fauteuil roulant. 
Je découvris qui était mon père. 
Je traversai le désert à pied de l'Utah jusqu'à la Californie. 
C'est arrivé il y a longtemps bien sûr, mais je me souviens bien de ces jours-là, je m'en rappelle comme étant le début de ma vie.''

Après avoir pris un café et le petit-déjeuner, je suis monté dans le bus.
Contrairement à l'extérieur glacial, l'intérieur du bus était chauffé.
Cette chaleur tiède m'a fait somnoler.

À l'université, j'ai dû passer un partiel de 4 heures.
Écrire correctement une dissertation en français ne m'a jamais été facile.
Le sujet de la dissertation était ledit Paul Auster.
On avait étudié en cours sa première oeuvre ''L'invention de la solitude'',
La professeure partageait le même goût littéraire que moi.
Les livres qu'elle a choisis étaient de Patrick Modiano et de Paul Auster.
Moi, j'aime les deux.
J'ai lu de nombreux romans de ces deux écrivains.
Ma professeure est une italienne.
Je ne connais pas son âge.
A-t-elle une trentaine d'année?
je le crois.
Au moins, elle est encore dans sa jeunesse.
Elle habite en France depuis longtemps mais garde toujours un accent italien.
Dans son français, l'accent italien sautille et chante.
J'aimais la voir s'exprimer, parce que sa manière de parler associée à sa gestualité exagérée me donnait l'impression d'être au théâtre.
Je m'ennuyais pas dans ces cours.

Vers 13 heures, après être entré à la maison, j'ai bu du vin seul.
Il me semble que les Français n'ont pas l'habitude de boire seuls.
Ils préfèrent souvent boire avec des amis.
Au Japon, boire seul n'est pas considéré comme une activité solitaire.
De temps à autre, on a tous envie d'être seul et de se plonger dans la torpeur que l'alcool nous apporte.

mercredi 4 janvier 2017

Poème de l'huître



La chair blanche et souple de la mer

Une fois entrée dans ma bouche

fond comme la neige

Puis le goût salé de la mer envahit toutes mes sensations

Huître

Petit coquillage, un petit bijou de la mer

Êtes-vous née pour me faire plaisir?

Si je mets une goutte de sauce soja sur votre corps

Vous serez ce qu'on appelle bonheur

Un hiver sans vous est inimaginable

Comme il n'y a pas de neige sans hiver

dimanche 1 janvier 2017

Le français et moi

L'année 2017 commence.
Les vacances scolaires vont se terminer.
Avant les vacances, j'étais nerveux, stressé, angoissé à cause des examens.
J'avais trop peur de rater les examens en France.
De temps à autre, la nuit je rêvais que le sourire de François Hollande pesait sur moi.

Le poids du Président de la République était celui de la difficulté du français.
Je m'évadais de plus en plus du français.
Je perdais de plus en plus confiance en moi.
Le temps que je consacrais à l'anglais et à l'allemand augmentait alors que je suis venu en France pour être spécialiste de cette langue formidable dont j'étais amoureux depuis quatre ans.

Certes, j'ai voué mes quatre ans au français.
Quatre ans, ce n'est pas aussi long qu'une vie d'un homme mais pas trop court non plus.
En plus, François Hollande parle français, mais il n'est pas le français.
François Hollande est François Hollande, le français est le français, et moi, moi.
Tel est le monde,
Je me suis rendu compte que je n'ai pas besoin de ressentir le poids du français parce qu'en réalité il est léger comme une plume.

Pendant les vacances, j'ai réflféchi sur le français et moi.
Le point de départ a été ''La Nuit Américaine'' et ''les 400 coups'' de François Truffaut.
Je suis toujours quelqu'un de solitaire, pas beaucoup d'amis, plutôt fermé comme la coquille de l'huître.
Très résistant, je ne m'ouvrais pas même si on me brûlait.
Dans un appartement petit et suffocant à Tokyo, je passais mon temps à regarder des films car je n'avais pas d'autres choses à faire.
Lorsque j'ai regardé ''Les 400 Coups'', je me suis identifié au protagoniste, le garçon errant de Paris dont le modèle était le cinéaste lui-même.
Mais je n’errais pas.
Je restais dans mon appartement, les rideaux fermés, je lisais des livres.
Je peignais de temps en temps.
Je ne voyais personne.
J'errais.

Le lendemain, j'ai commencé à chercher des écoles de français.
J'en ai trouvé une.
Mon premier jour, un professeur m'a dit que ma prononciation était bonne malgré le fait que je n'avais jamais parlé un mot de français auparavant.
C'est dommage que cette école ne m'ait finalement pas convenu.
Elle n'était pas très stricte, mais destinée à se distraire en apprenant des phrases simples.
La deuxième école m'a convenu.
C'était une vieille école qui existait depuis avant la Première Guerre Mondiale.
Elle enseignait strictement la grammaire.
La plupart des étudiants étaient beaucoup plus âgés que moi mais ils étaient tous passionnés.

Par rapport à cette époque, il est évident que j'ai fait des progrès.
Toutefois, il est aussi évident que mon français n'est toujours pas naturel.
J'ai du mal à saisir les nuances.
Je ne pourrai être ni français ni japonais parce que je ne veux pas parler japonais.

Je ne suis plus à Tokyo, je suis en France en tant qu'étudiant, aimant toujours la solitude, je suis heureux.

Poème du Chat



Un corps duveteux

Avec les yeux noisette mouillés

comme une verrerie

je sens  la chaleur de son corps contre ma poitrine

Ô les chats

Que vous êtes adorables

Que vous êtes pensifs

Un animal libre

qui vagabonde

dans ma maison

dans le jardin

dans les déserts

Lorsque vous quitterez le monde

Souvenez-vous de moi

Je me souviendrai de vous

Lorsque je sentirai le vide entre mes bras