samedi 12 janvier 2019

''Partons en voyage'' Haruki Murakami


 Je vous ai parlé la dernière fois des meilleurs bagages à emporter en voyage. Cette fois, j’aimerais donner une suite à cet article en insistant sur le contenu de vos bagages.
 L'astuce, pour préparer un voyage, c'est évidemment de réduire la quantité de vos bagages. On a naturellement tendance à emporter de plus en plus d’affaires lors d’un voyage si bien qu’il faut s’astreindre à faire sa valise avec le moins d’affaires possibles. En effet, il y a souvent des gens qui s’inquiètent de ne pas avoir assez de vêtements. Mais leur voyage se termine souvent avec bon nombre d’habits qu’ils n’ont jamais enfilés.
 Je rassemble quotidiennement des vêtements pour voyages. En bref, ce sont des vêtements que je pourrai jeter pendant un voyage. Je vais emporter des T-shirts, des chaussettes et des sous-vêtements qui ne me sont plus nécessaires. Puis je m’en débarrasse les uns après les autres au fur et à mesure, dès que je les ai portés. Ainsi, je n’ai pas besoin de les laver, j’ai moins de bagages, et je fais coup double.
 Cependant, si vous êtes une femme, je vous déconseille fortement de faire de même pendant votre voyage de noces. Si vous dites à votre mari : « Je n’ai emporté que du vieux linge. Murakami disait que ce serait pratique comme ça », il se pourrait qu’il soit abasourdi. Il ne manquerait pas de vous demander qui est Murakami. Veillez donc à gérer la situation au cas par cas, pour que Murakami n’ait pas d’ennuis.
 En écrivant ainsi, je donne l’impression d’être un habitué des voyages. Mais j’ai moi-même un point faible : ce sont les disques. Lorsque je voyage à l’étranger, je vais toujours dans les boutiques qui vendent des disques d’occasion. S’il y en a de rares, j’en achète vingt ou trente. Si j’avais le temps, je pourrais les envoyer au Japon par la poste, mais c’est souvent difficile. Mon plan de voyage que j'avais si soigneusement préparé s'effondrerait alors d'un seul coup
 Et si ma femme est avec moi à cette occasion, elle ne manquera pas de se plaindre. Elle me dira par exemple : « Pourquoi tu en achètes autant alors qu’on en a déjà énormément chez nous ? ». Je n’y peux rien. C’est comme une maladie. Mais ma femme n’est pas bien placée pour me critiquer, parce qu’il lui arrive d’apporter chez nous un tas de jolies pierres qu’elle a trouvées au bord d’un lac. Elles sont encombrantes et très lourdes. Je me plains moi aussi. « Qu’est-ce qu’on va faire de toutes ces pierres, hein ? ». Voilà, on ne peut pas se critiquer ni l’un ni l’autre.
 En conclusion, je voudrais dire qu’un voyage n’est intéressant que s’il s’y passe des événements imprévisibles. Si tout se passe comme prévu, peut-être que le voyage perd tout son sens.
 Par ailleurs, c’est agréable de jeter de vieux vêtements les uns après les autres lors d’un voyage. Une chemise, une chaussette, ce n’est pas lourd, mais j’ai l’impression de perdre de plus en plus de poids. Vous pourrez essayer une fois si cela vous intéresse. Toutefois tout ce que je viens de vous raconter montre aussi que je suis incapable de jeter mes affaires lorsque je ne voyage pas. Avoir l'occasion de se débarrasser de ses affaires, c'est donc l'un des avantages du voyage.

''Manga-michi'' de Fujiko Fujio A


« Devant Shigeru Saino et Michio Maga s'ouvrait un chemin infini.Maintenant les deux garçons ont mis le pied sur cette voie !Ce chemin n'était autre que le "manga-michi", la voie du manga qui s’étendait à perte de vue !! »
 Je parle de mon manga préféré, « manga-michi » (littéralement « le chemin vers le manga, ou le chemin du manga », de Fujiko Fujio A. J’ai vu que de nombreux mangas sont traduits en français, mais cette œuvre n’est pas, et ne sera peut-être pas publiée en France malgré sa qualité et son importance incontestables.
 Avant de présenter l’intrigue, il faut souligner qu’au Japon, il y avait un duo de dessinateurs de manga légendaire, le défunt Fujiko F Fujio, auteur de « Doraemon » (Hiroshi Fujimoto) et Fujiko Fujio A (Moto-o Abiko). Ce duo a dessiné pendant longtemps de nombreux mangas, jusqu’à ce qu’ils se séparent naturellement en 1987. « Manga-michi » est une œuvre de Fujiko Fujio A, qui a été prépubliée de 1977 à 1982 dans le magazine « Weekly Shônen King ».
 Il y a plusieurs années, il y avait un manga des auteurs de « Death Note », sur un duo de dessinateurs imaginaires, intitulé « Bakuman ». « Manga-michi » est un peu comme « Bakuman », sauf que le premier est beaucoup plus ancien et que c’est une non-fiction.
 « Manga-michi » est un manga autobiographique racontant le parcours de Fujiko F Fujio et Fujiko Fujio A, remontant jusqu’à leur rencontre à l’école primaire à la campagne au Japon. Leurs noms ont été modifiés. Dans le manga, Fujio F Fujio s’appelle « Shigeru Saino », et Fujiko Fujio A « Michio Maga ». Un garçon qui aime dessiner, Miciho Maga, rencontre un autre garçon talentueux et fasciné par les mangas, Shigeru Saino. Ils deviennent tout de suite très intimes, et commencent à dessiner des mangas ensemble. Au collège, ils créent un magazine de manga écrit à la main, qui a énormément de succès auprès des garçons de leur village. Au lycée, ils commencent à envoyer leurs œuvres sous le pseudonyme de « Shigemichi Ashizuka » à un magazine de manga « Shônen Gahô » qui a réellement existé. On est à l’aube du manga japonais où Osamu Tezuka est encore très jeune, mais est déjà l’un des auteurs les plus populaires. À l’époque, le manga désignait principalement « yon-koma (manga en quatre cases) » et il s’agissait le plus souvent de gags. Et c’est surtout Osamu Tezuka qui a développé le manga que l’on connait aujourd’hui, qui raconte une histoire originale et une aventure. À un moment, le duo « Shigemichi Ashizuka » obtient pour la première fois sa place dans un journal local, avec son manga en quatre cases « Tenshi no Tama chan (Tama l’ange) », ainsi que leur salaire. Cependant, le journal arrête un jour de publier leur manga sans prévenir les auteurs. Cela a été à la fois leur succès et échec. A la même époque, Saino et Maga envoient une lettre d’admirateur accompagné de leur premier long manga, à Osamu Tezuka qui leur répond plus tard et les invite chez lui ! Saino et Maga qui habitent la préfecture de Toyama, dans le nord du Japon, partent pour Osaka où vit Tezuka. Tezuka exhorte les jeunes lycéens à continuer à dessiner. Saino et Maga apprennent que Tezuka avait dessiné plus de 1000 pages pour un manga de 400 pages, et ils en sont étonnés. Devant eux, Tezuka se met à travailler sur le premier épisode de son nouveau manga en feuilleton « Leo, le roi de la jungle ». Cette rencontre a laissé une forte impression aux jeunes garçons qui rêvent de devenir dessinateurs de manga. De retour à Toyama, ils jettent les manuscrits de « L’Utopie », l’œuvre sur laquelle ils travaillaient et décident de tout recommencer.
Ils continuent à dessiner et leurs mangas ont été publiés dans plusieurs magazines, mais ils terminent leurs études secondaires sans parvenir à devenir professionnels. Maga commence à travailler pour le bureau d’un journal et Saino pour une entreprise. Toutefois, le lendemain, Saino avoue à Maga qu’il a démissionné, et qu’il va se consacrer uniquement au manga. Maga est choqué de cette nouvelle parce que Saino est quelqu’un de très sérieux et de consciencieux. Maga va toujours travailler pour le bureau du journal, tout en continuant de dessiner avec Saino……
 On est encore au début de l’histoire. Ce manga devient encore plus intéressant dès que le duo prend la décision de s’installer à Tokyo. Au début, ils louent une chambre incroyablement petite (de seulement deux tatamis de superficie, soit guère plus de 3 mètres carrés) dans la maison de la tante de Maga, jusqu’à ce qu’ils emménagent dans le célèbre appartement « Tokiwa-sô » qu’habitaient beaucoup de dessinateurs légendaires, Osamu Tezuka, Shôtarô Ishinomori, Hiroo Terada, Fujio Akatsuka etc. À Tokyo, le duo a quand même assez de succès quoique les deux dessinateurs soient toujours pauvres. Mais obtenir une place dans les magazines est tellement difficile. Même si on y réussit, si l'œuvre n’attire pas suffisamment de lecteurs, elle sera immédiatement retirée. Un jour, le duo subit un grave échec et perd sa position dans les milieux du manga.
 Ce manga est non seulement palpitant, mais il permet également de comprendre de quelle manière le manga japonais s’est développé. L’art de la narration de Fujiko Fujio A est si habile que j’ai lu tous les tomes d’une traite. J’espère qu’il sera traduit et publié en France, le deuxième pays consommateur de mangas.

lundi 7 janvier 2019

L'interview de Kenzaburô Oé




 Je profite des vacances pour lire des livres que j’avais laissés sur mon étagère. Pour l’instant, je lis « Le Jeu du siècle » de Kenzaburô Oé que l’on m’avait offert l’an dernier.
 Aujourd’hui, j’ai regardé sur Youtube une interview de Kenzaburô Oé qui date de 2010. L’un des plus grands romanciers du Japon dit des choses intéressantes dans cette vidéo. Par exemple, il dit que pour lui le poème est la forme la plus aboutie de la littérature. Dans sa jeunesse, il a essayé de lire des poèmes en anglais en tant que texte original, mais à un moment, il s’est demandé s’il comprenait vraiment l’esthétique de ces poèmes. Finalement, il eut l’impression qu’il comprenait mieux les poèmes, avec leur version traduite en japonais par un traducteur qui avait un sens de l’écriture avec la langue originale. Comme quelqu’un avait dit que le poème est fondamentalement intraduisible, ce point de vue selon lequel on comprend mieux les poèmes traduits, est intéressant pour moi.
 Par ailleurs, Monsieur Oé dit que beaucoup d’écrivains japonais de l’ère Taishô (de 1912 à 1926) à l’instar de Shinichi Makino, Motojirô Kajii, Atsushi Nakajima, Shimei Futabatei, dans le but de créer un nouveau style, faisaient l’effort d’importer le rythme et la sonorité d’une langue étrangère tels que l’anglais, le français, le grec, le chinois, le russe dans leur japonais. Il dit ensuite qu’à l’ère de Shôwa (de 1926 à 1989), surtout après-guerre, les écrivains ont commencé à interroger des sujets lourds dans leurs œuvres si bien que leur style a perdu une certaine légèreté. Et durant cette ère, Monsieur Oé dit qu’il essayait toujours de faire retentir la sonorité de la langue étrangère, et selon lui, celui qui a achevé ce travail, et qui a réussi à acquérir une importance internationale est Haruki Murakami.
 J’apprécie ces deux écrivains depuis longtemps et je trouvais toujours qu’il y a une ressemblance entre eux (la présence de la violence et de citations, un univers mystérieux etc), mais je n’avais jamais regardé leurs œuvres de ce point de vue. Dans l’interview, Kenzaburô Oé parle de l’importance de l’élaboration de ses romans en montrant ses manuscrits remplis d'innombrables ratures et ajouts. Il dit qu’il élabore si obstinément que lorsqu’il achève un roman, les traces de la première version sont presque invisibles. Haruki Murakami disait la même chose dans un de ses essais. Mais la différence, c’est qu’Oé écrit à la main, et Murakami, avec un Mac.

''Face aux gens'' Haruki Murakami


 Je n’aime pas être observé quand je fais quelque chose, de sorte que j’essaie de rester chez moi autant que possible et d’y travailler seul. Toutefois, ma position sociale (oui, même une personne comme moi a une position sociale) m’oblige de temps en temps à paraître en public.
 Quoique j’y sois réticent, si je me dis : « Je ne peux plus rebrousser chemin » et que je me résous à le faire, normalement tout se passe bien. Pour une raison obscure, je ne suis jamais tendu devant une foule. Une fois, j’ai parlé environ trente minutes devant deux mille personnes dans une université américaine, et j’étais totalement à l’aise. J’étais détendu et j’ai pu parler sans problème. Mon audience a bien ri et ç’a été un moment agréable.  
 Il m’est arrivé plusieurs fois d’avoir à parler devant plus de mille spectateurs, mais le nombre n’a jamais été un problème. C’est peut-être parce que j’ai une mauvaise vue et que je ne vois pas clairement les visages des spectateurs. Je me dis : « Ah, il y a du monde » et c’est tout.
 Toutefois si je me tiens devant vingt à cinquante personnes, il m’arrive de perdre mes mots. Pourquoi ? Suis-je tendu parce que je vois bien les visages des gens ? Et s’il y avait beaucoup plus de monde ? J’ai l’impression d’avoir plus envie de parler une fois devant 50 000 personnes dans un endroit aussi énorme que le stade de Tokyo. « Hé, lisez-vous mes romans ? ». C’est une plaisanterie, bien sûr.
 Quoi qu’il en soit, je n’aime pas paraître en public. Même si je me débrouille une fois sur place, je serai épuisé plus tard. J’éprouve souvent un sentiment ressemblant à un dégoût de moi et je n’arrive plus à travailler. C’est pourquoi j’évite le plus possible de paraître en public. Merci de votre compréhension.
 Je ne suis donc jamais passé dans un programme télévisé. Comme je mène une vie ordinaire en prenant le bus, en me promenant et en achetant des poireaux et des radis blancs, ce serait compliqué si on m’abordait fréquemment dans la rue. Je ne voudrais pas qu’on dise : « Regarde, maman. Haruki Murakami passe à la télé. Il a une drôle de tête ». Mon visage ne regarde pas les autres.
 Il y a très longtemps, la NHK m’a demandé de parler dans une émission éducative. Comme d’habitude, j’ai poliment refusé cette proposition en disant : « Je ne veux pas montrer mon visage », le directeur de l’émission m’a dit : « Écoutez Monsieur Murakami. Mon émission fait moins de deux pour cent d’audimat. Il n’y a que peu de monde qui la regarde. Il n’y a pas à vous inquiéter ». « Ah bon », me suis-je dit, mais j’ai pensé aussitôt : « Mais attends, ce n’est pas la question ! ».
 Je connais quelqu’un qui demandait un rapport sexuel à une femme en lui disant : « Ça va vite finir » (il y a bon nombre de gens bizarres au monde). La logique du directeur de la NHK ressemble un peu à ça. J’imagine qu’il n’y a aucune femme qui se dit : « Ok, je vais le faire si ça finit vite » et qui accepte. Ce n’est pas comme un don du sang qu’on fait par devoir.
 Ainsi, je ne suis jamais passé à la télé. Serai-je tendu devant une caméra ou pas ?

samedi 5 janvier 2019

La chose la plus intéressante


 La chose la plus intéressante que j’aie vue récemment. Quelqu’un a modifié le cri d’un homme enfonce son pénis couvert de papier aluminium dans une prise, et il l’a posté sur Twitter en disant qu’il s’agissait du cri d’une baleine qui se laisse attraper pour sauver son bébé. Ce tweet a été repris de nombreuses fois, et une femme contre la chasse aux baleines a mis en commentaire : « Je ne peux m’empêcher de pleurer » alors qu’en réalité, c’est le cri douloureux d’un homme qui enfonce son pénis dans une prise.
 Aujourd’hui, j’ai regardé un documentaire sur l’hôpital psychiatrique en France. J’ai eu l’impression que je pourrais me faire beaucoup d’amis si j’y étais interné. Dans la vidéo, un homme schizophrène nommé Jean-Luc disait qu’il aimait jouer avec des animaux parce qu’ils sont gentils.
 Comme je suis moi aussi dépressif, j’ai souvent une vague envie de mourir, mais je ne me le permettrai pas avant d’avoir lu le dernier épisode de « One Piece » et d’avoir dit du mal d'Eiichirô Oda sur Internet.

TCF


 Plus de deux ans se sont écoulés depuis que j’ai commencé mes études de lettres en France. J’ai lu de nombreux livres et j’ai rédigé bon nombre de dissertations. Tantôt j’ai eu de bonnes notes, tantôt j’en ai eu de catastrophiques. Quand j’étais au Japon, je faisais des entraînements pour le DALF (Diplôme approfondi de la langue française) et le TCF (Test de connaissance du français). Depuis mon installation en France, j’ai arrêté de me consacrer uniquement au français, puisque tous les cours sont en français et c’est comme si j’apprenais cette langue sans fournir d’efforts particuliers. Étant donné que je pense passer le DALF C2 cet été, j’ai décidé de passer l’épreuve de TCF, plus simple que le premier, pour mesurer mon niveau.
 C’est pourquoi j’ai passé le test de TCF dans une école de langues aujourd’hui. Nous étions quatre candidats en tout. Il y avait une femme qui avait l’air arabe et deux Chinoises. On nous a conduits dans une salle équipée d’ordinateurs. Il y avait quelques questions dont je n’étais pas sûr, mais l'épreuve était globalement simple. À la fin de l’examen, nous avons tout de suite eu notre résultat provisoire affiché sur l’écran des ordinateurs. C'est alors que j’ai été profondément déçu. Mon résultat était C1, comme avant que je vienne en France. Mais ce qui m’a particulièrement déprimé est le fait que les notes des trois parties constituées de compréhension orale, maîtrise de structure de la langue, compréhension écrite, étaient largement plus basses que lorsque j’avais passé le TCF à l’Alliance française de Tokyo en 2015. À ce moment-là, j’avais obtenu 599 sur 700 dans toutes les parties, et j’atteignais presque le niveau C2. Étonnement, mon niveau de français a baissé en France ! En effet, lorsque j’avais passé ce test au Japon, je faisais des exercices pour le TCF quotidiennement. J’alimentais mon cahier de vocabulaire en soulignant les mots inconnus dans les livres, et j’étais beaucoup plus passionné par le français qu’aujourd’hui. Cette fois, je n’avais rien préparé. Ça peut être la cause de ce résultat décevant, mais c’est une excuse. J’étais si triste qu'en rentrant j’ai acheté une bouteille de bière, ce qui n'est pas dans mes habitudes. L’alcool était amer et a exacerbé ma migraine.

mercredi 2 janvier 2019

Les habitudes surprenantes des Français


Les habitudes surprenantes des Français :

1. Il semble assez fréquent que les Français prennent leur température anale.
 Ce fait a été mis en lumière quand j’ai dit à une Française qu’au Japon, la température de 37 degrés est considérée comme une « fièvre légère ». Elle m’a répliqué en disant que la température moyenne de l’humanité est de 37 degrés quelle que soit la race. J’ai persisté à lui dire que les Japonais pensent vraiment que la température moyenne est de 36 degrés et que moi-même, quand j’ai 37, je me sens malade. Alors, elle m’a demandé comment les Japonais prennent leur température. « Normalement sous l’aisselle », lui ai-je dit. Tout à coup, elle a eu l’air triomphant, et m’a dit fièrement que les Français prennent leur température dans l’anus et c’est la température la plus exacte. Au début, j’ai pensé qu’elle plaisantait. Mais il s’est avéré qu’elle était sérieuse. Plus tard, j’ai demandé à plusieurs Français s’ils prenaient leur température dans l’anus. Certains ont dit oui, d’autres ont dit non. Mais quoi qu’il en soit, il semble assez fréquent que les Français prennent leur température dans l’anus.

2. Les Français ne se déchaussent pas chez eux.
 Les rues sont sales. Il y a des mégots, des ordures et des crottes de chien (à moins que ce ne soit des excréments humains). Malgré cela, j’ai remarqué qu’il est assez normal de ne pas se déchausser chez eux. Si on marche avec des chaussures dans une maison, des morceaux de crottes et des microbes seront dispersés sur le plancher. De plus, si on porte toujours des chaussures en été, les pieds seront étouffés et émettront sans doute une mauvaise odeur. Une fois, j’ai demandé à un Français s’il dort avec des chaussures. Il m’a dit qu’il dort les pieds nus et j’ai été rassuré. En même temps, je trouve cette différence culturelle intéressante, puisqu’elle représente la manière de percevoir l’espace des Français et des Japonais, ou des Occidentaux et des Asiatiques.

3. Les Français se mouchent-ils avec un mouchoir en coton ?
 Une fois, pendant un cours, une prof âgée s’est mouchée. Se moucher n’est pas du tout un acte choquant. Je me mouche mille fois par jour au printemps. Mais ce qui m’a choqué, c’est qu’elle s’est mouchée dans un vrai mouchoir en coton. Au Japon, on utilise un mouchoir en coton pour s’essuyer la sueur ou les mains. « Mais si on se mouche avec un mouchoir en coton, on ne peut l’utiliser qu’une seule fois… », me suis-je dit. Quelques minutes plus tard, elle a sorti de nouveau le mouchoir et s’est mouchée une deuxième fois. J’ai été sidéré. Toutefois, c’est le seul cas où j’ai constaté qu’une personne se mouche avec un vrai mouchoir de sorte que je ne sais pas s’il s’agit d’un acte répandu.