jeudi 13 juillet 2017

''Un restaurant occidental'' Kenji Miyazawa




Deux jeunes gentlemen, vêtus comme des soldats anglais, le fusil brillant sur l'épaule, suivis de deux chiens qui ressemblaient à des ours blancs, se baladaient, sur des feuilles sèches au fin fond d’une forêt, en se parlant ainsi : « Hé toi, ne trouves-tu pas que cette forêt est étrange ? Je n’ai vu jusqu’ici ni oiseau ni bête. J’ai vraiment hâte de tirer sur n’importe quelle bête. 
- Ce sera tellement divertissant de tirer deux ou trois balles dans le flanc jaune d'un cerf. Il tournera plusieurs fois sur lui-même avant de tomber au sol.»

 La forêt était profonde. Le chasseur professionnel, qui les avait guidés jusque-là, après avoir marmonné quelque chose d’un air gêné, était parti quelque part. De plus, cette forêt était si effrayante que ces deux chiens qui ressemblaient à des ours blancs furent pris d'un malaise, et poussèrent de longs grognements, avant de s'écrouler, morts, l'écume à la gueule. 

« C’est une perte de deux mille quatre cents yens pour moi. », a dit l’un des gentlemen en examinant les paupières du chien. 
« Moi, j’en ai perdu deux mille huit cents », a dit l’autre en baissant la tête, d’un air dépité. Le premier gentleman dont le visage avait quelque peu pâli, regarda l’autre dans les yeux et dit, 
« Je souhaiterais rentrer. 
- Je commence à avoir froid, et en plus j’ai faim maintenant. Il vaut mieux rentrer. 
- Alors, rentrons maintenant. Ce n’est pas grave, à l’auberge d’hier on pourra acheter des oiseaux forestiers pour dix yens. 
- Je me rappelle qu’il y avait aussi des lapins. Ce sera comme si on les avait tués. Rentrons. »

Toutefois, ce qui les inquiétait le plus, c’était qu'ils étaient maintenant complètement perdus. Le grondement du vent se fit entendre, un murmure passa dans les herbes, les feuilles bruissèrent, les arbres grognèrent.

« Je meurs de faim. En plus, depuis tout à l’heure, j’ai mal aux côtes. 
- Moi aussi. Je n’ai plus envie de marcher. 
- Moi aussi, je n’ai plus envie de marcher. Ah, que Dieu nous sauve. J’ai envie de manger quelque chose. 
- J’ai aussi envie de manger quelque chose. » 
Deux gentlemen, dans le bruissement des herbes de la pampa, se dirent ces mots.

À ce moment-là, ils regardèrent en arrière et ils aperçurent une magnifique maison occidentale. Et sur le perron était accrochée une plaque sur laquelle était écrit : « Restaurant occidental MAISON DU CHAT SAUVAGE ».

« Hé, tu as vu ! quelle coïncidence ! Il semble que cet endroit soit quand même assez fréquenté. Entrons ! 
- C’est étrange qu’il y ait un restaurant dans un tel endroit. Mais quand même, on pourra y prendre notre repas. 
- Bien sûr que oui. C’est ce qui est marqué sur cette plaque. 
- Pourquoi ne pas entrer ? J’ai si faim que je vais m’évanouir. »  

Les deux hommes se tenaient devant le perron. Ce perron, en briques blanches céramiques, était vraiment impressionnant. Il y avait une porte en verre sur laquelle était écrit en caractères dorés : « Tous les clients sont les bienvenus. Il ne faut surtout pas hésiter à entrer. » Après avoir lu ce message, les deux hommes étaient réjouis et ils se dirent, 
« As-tu vu cela ? Le monde est vraiment bien fait. Nous n’avons pas eu de chance aujourd’hui, mais voilà maintenant qu’un vrai bonheur qui apparaît devant nous. C’est un restaurant, mais il me semble qu’il offre gratuitement des repas. 
- Il me semble à moi aussi. ‘’Il ne faut surtout pas hésiter à entrer’’, ça veut dire ça. »

Aussitôt, ils découvrirent l'étendue du couloir. Et au dos de cette porte en verre, il était écrit en caractères dorés, « Nous vous accueillons chaleureusement surtout les clients gros ou jeunes. » Vu que ces deux hommes remplissent ce critère, ils se réjouirent davantage. 
« Vois-tu cela ? Ce message dit que nous serons traités spécialement. 
- Puisque nous remplissons tous les deux ce critère. »

Ils avancèrent dans le couloir et ils arrivèrent devant une porte peinte en bleu clair. 
« Cette maison est étrange. Pourquoi y a-t-il tant de portes ? 
- C’est le style russe. Dans les endroits glacials ou dans les montagnes, les maisons sont toujours comme ça. » 
Lorsqu’ils essayèrent d’ouvrir la porte, ils aperçurent au-dessus des caractères en or. « C’est un restaurant exigeant. Merci de votre compréhension. » 
« Ce restaurant doit avoir beaucoup de clients dans cette forêt-là. 
- Bien sûr. Rappelle-toi qu'à Tokyo les restaurants prospères ne se trouvent pas souvent sur les grands boulevards. » 

En disant cela, ils ouvrirent la porte. Alors derrière était écrit : « Nous exigeons beaucoup de choses. Mais je vous prie de patienter. » 
« Qu’est-ce que cela veut dire ?  a dit l'un des gentlemen en faisant la grimace. 
- Cela veut dire sans doute que les clients sont trop nombreux et qu’ils ont besoin de temps pour les servir.
- Oui, ça doit être ça. Ah, j’ai hâte d’entrer dans une pièce chauffée. - Et de me mettre à la table. »

Toutefois il y avait encore une porte. À côté, un miroir était accroché et dessous était posée une brosse. Sur la porte était écrit en caractères rouges, « Chers clients. Passez-vous ici un coup de brosses dans les cheveux et débarrassez-vous de la boue de vos chaussures, s’il vous plaît. » 
« Ils ont tout à fait raison. Sur le perron, j’avoue avoir sous-estimé ce restaurant car il est situé dans un endroit si loin de tout. 
- C’est un restaurant rigoureux et de bonne tenue. J’imagine que les gens de la haute société le fréquentent. » 
Ils se débarrassèrent de leurs fusils, ils défirent les bretelles et les mirent sur une table.

Plus loin, une porte noire les attendait. « Je vous prie d’enlever vos chapeaux, manteaux et vos chaussures. » 
« Les enlèvera-t-on ? 
- Nous n’avons pas le choix. Quelqu’un de très important est peut-être là maintenant.» 
Ils accrochèrent leurs chapeaux et leurs manteaux à des patères, ils enlevèrent leurs chaussures et ils entrèrent par cette porte.

Sur l’autre côté de la porte, on avait écrit : « Prière de laisser ici épingles de cravate, boutons de manchettes, lunettes, portefeuilles, et autres objets métalliques et pointus. » À côté de cette porte, un coffre-fort noir luxueux avait été laissé ouvert avec une clef. 
« Il me semble qu’ils utilisent de l’électricité pour la cuisine. C’est pour ça que les objets métaux, notamment les objets pointus y sont dangereux. 
- C’est peut-être ça. Mais alors, devrons-nous régler l’addition ici quand nous partirons ? 
- Il me semble. 
- Sans doute. » 
Ils enlevèrent leurs lunettes, leurs boutons de manchette et les mirent dans le coffrefort qu’ils fermèrent à clef.

Après avoir fait quelques pas, ils se trouvèrent devant une autre porte sur laquelle était écrit : « Étalez entièrement cette crème sur votre visage et vos mains, s’il vous plaît. » Le vase était rempli de crème de lait. 
« Pour quelle raison devons-nous nous mettre cette crème sur notre corps ?
- Hum, c’est peut-être parce qu’il fait froid dehors, et que, si l'on entre brusquement dans une pièce chauffée, la peau sera gercée. La crème, c’est pour prévenir ça. L’invité qui est au fond semble vraiment très important. Ce sera peut-être pour nous l'occasion de rencontrer un noble. »
Ils se mirent de la crème sur le visage puis sur les mains, ensuite ils enlevèrent leurs chaussettes pour s’en mettre sur les pieds. Comme il en restait, ils firent semblant de s'en mettre sur le visage et ils en mangèrent.

Ils ouvrirent la prochaine porte avec précipitation, cette fois, il était écrit : « Avez-vous bien mis de la crème ? En avez-vous mis derrière les oreilles ? » Et un petit pot de crème était là. 
« En effet, je ne m'en étais pas mis sur les oreilles. Elles ont failli gercer. Le patron de ce restaurant semble très prudent. 
- Il est très attentif. Au fait, moi, j’ai hâte de manger quelque chose. J’en ai assez de ce couloir qui n'en finit pas. »

Devant eux se trouvait encore une porte. « Maintenant le repas est presque prêt. Nous ne vous ferons pas attendre quinze minutes. Nous pourrons servir immédiatement. Mais avant, mettez-vous du parfum qui se trouve dans ce flacon sur votre tête, s’il vous plaît. ».Cependant, ce parfum sentait le vinaigre. 
« Ça sent le vinaigre. Quest-ce quil y a ? 
- Ils doivent sêtre trompés. Par erreur, une servante fébrile aurait mis du vinaigre dedans. »

Ils ouvrirent la porte et entrèrent. Sur le dos de la porte, il était écrit en caractères gras : « Nous nous excusons de vous avoir demandé diverses choses jusqu'ici. Mais celle-ci est notre dernière demande. Je vous prie de vous badigeonner avec ce pot de sel, s'il vous plaît. » Un beau pot de sel bleu en céramique était effectivement là. Mais cette fois, d’un air stupéfait, les deux hommes se regardèrent avec leurs visages pleins de crème l'un et l'autre. 
« Je trouve cela étrange. 
- Je trouve cela aussi étrange. 
- Toutes ces demandes exigées de la part de ce restaurant.
- Donc, ce restaurant occidental, d’après mon avis personnel, n'est pas un restaurant qui sert des cuisines occidentales aux clients, il s’agit d’une maison qui fait de ces clients des plats occidentaux et en mange. C, c, c, c, c’est-à-dire, n, n, n, nous…. »
L'un des gentlemen se mit à trembler et ne pouvait plus rien dire. 
« Ç,ç,ç,ça veut dire, n, n, n, nous…… Mon Dieu ! » 
L'autre se mit aussi à trembler et ne pouvait plus rien dire. 
« F, f, fui… » 
En tremblant, les gentlemen essayèrent de pousser la porte qui se trouvait derrière, mais maintenant elle ne bougeait plus d’un pouce.

Au fond se trouvait une porte percée de deux gros trous de serrures en forme d’une fourchette et d’un couteau. Il était écrit dessus, : « Je vous remercie pour tous vos efforts et votre patience. Entrez maintenant. » De plus, à travers ces trous, deux yeux bleus les épiaient. 
« Mon Dieu, dit l'un en tremblant. 
- Mon Dieu », dit l'autre en tremblant également. Ils se mirent à pleurer.

Derrière la porte, quelqu’un chuchotait, 
« Ah, zut. Ils s'en sont rendu compte. Ils ne se badigeonnent pas de sel. 
- C’est normal. C’est à cause du mot de notre patron. Souviens-toi qu’il avait écrit ‘’J’suis désolé d'avoir exigé autant de choses de vous. Tout ça, c’est fini.’’ C’est imbécile de dire ça ! 
Je m’en fiche. Il ne partagera même pas un os avec nous. 
- C’est vrai. Mais imagine, s’ils n’entrent pas ici, c’est nous qui devrons payer plus tard ! 
- Va-t-on essayer de les appeler ? On va les appeler. Hé, Messieurs. Venez ici, venez ici, venez ici. Les assiettes propres sont déjà prêtes, on a aussi assaisonné des salades avec du sel. Après il ne reste plus que de vous mélanger aux salades et vous mettre sur ces assiettes toutes blanches. Venez ici ! 
- Hé, Entrez, entrez ! Ou peut-être que vous n’aimez pas les salades ? Dans ce cas, nous allons tout de suite allumer du feu pour vous frire. Venez ici tout de suite ! » 
Sous le coup de la peur, les visages des deux gentlemen se froissèrent comme du papier, ils se regardèrent l’un et l’autre, et pleurèrent en tremblant.

Quelqu’un derrière la porte étouffa un rire et cria à nouveau. 
« Entrez, entrez. Ne pleurez pas, la crème sur vos visages coulera. Oui, Monsieur, j’arrive tout de suite… Hé, entrez maintenant ! 
- Venez immédiatement ! Le patron s’est déjà mis une serviette autour du cou. Un couteau à la main, en se léchant les babines, il vous attend avec impatience ! » 
Les deux hommes pleurèrent encore et encore et encore et encore.

À ce moment-là, derrière eux, avec des aboiements, les deux chiens semblables à des ours blancs entrèrent brusquement dans la pièce en détruisant la porte. Aussitôt les deux yeux dans les trous de serrures se volatilisèrent. Les chiens grondaient encore en tournant sur place, puis ils poussèrent un cri aigu et sautèrent sur la porte. Elle s'ouvrit et les chiens disparurent dans la pièce comme s’ils s'étaient fait absorber. Dans les ténèbres qui s’étendaient au-delà de la porte, ils entendirent des cris tels que « Miaow, Kuwaa, Gorogoro » et au final, des bruissements.

La maison disparut comme de la fumée, quand ils reprirent connaissance, gelés à cause du froid, les deux hommes se tenaient sur l’herbe. Ils aperçurent leurs manteaux, chaussures, portefeuilles et épingles de cravates accrochés sur des branches et éparpillés sur des racines par-ci, par-là. Le grondement du vent se fit entendre, un murmure passa dans les herbes, les feuilles bruissèrent, les arbres grognèrent. Avec un grondement soudain, les chiens revinrent aussi.

Et derrière, quelqu’un leur criait, « Messieurs, Messieurs ! » Ils retrouvèrent tout à coup de la force et crièrent, « Ohé ! Ohé ! On est là ! Venez ! » Le chasseur professionnel avec une pèlerine en pailles arriva en fendant l’herbe. C’est à ce moment-là qu’ils furent soulagés. Et ils mangèrent des dangos qu’avait apportés ce chasseur. Sur le chemin du retour, ils achetèrent des oiseaux forestiers pour dix yens et ils s'en retournèrent chez eux. Mais après être rentrés à Tokyo, leurs visages froissés comme du papier ne redevinrent jamais comme avant, même en y versant de l'eau chaude.

dimanche 9 juillet 2017

Le blues de verre (Motoo Fujiwara)



Le chat aux yeux de verre chante à la pleine voix
Le chat aux yeux de verre chante, les moustaches s’agitant au gré du vent

Si je me casse la voix, j’irai à la rivière
Je lécherai le reflet de mon visage à la surface de l'eau
Si aujourd'hui, ma pitance est meilleure que celle d'hier, je dirai, les yeux vers le ciel, "quelle bonne journée" en riant aux éclats.

Je chante toujours de toutes mes forces
Je vis ma vie pleinement

Le chat aux yeux de verre chante même quand il a faim
Le chat aux yeux de verre chante pour prouver qu’il est vivant
Le chat aux yeux de verre crie sa courte vie
Le chat aux yeux de verre crie pour ne pas laisser s'échapper le moindre instant

Etre né dans ce monde a déjà un sens.
Il ne faut pas gâcher la moindre seconde
Qu'il pleuve ou qu'il tonne, je lèverai ma tête vers le ciel et je rirai

Un jour, je deviendrai une étoile étincelante dans le ciel
Jusqu’à ce jour, je chanterai de toutes mes forces

Si je me casse la voix, j’irai à la rivière
Je lécherai le reflet de mon visage à la surface de l’eau
Etre né dans ce monde a déjà un sens.
Je crie pour ne pas laisser s'échapper le moindre instant
C’est pour ça que je chante
Je chante toujours
Je crie à ce moment 

Le chat aux yeux de verre est devenu une étoile
Sa forte voix a cessé
Tu as brûlé le dernier morceau de ta vie, on n’entend plus ton blues
Mais il reste gravé à jamais dans nos cœurs
Maintenant quand un malheur arrivera, tout le monde chantera
le blues du chat aux yeux de verre, les yeux levé vers le ciel, en souvenir de lui.

Je chanterai toujours de toutes mes forces
Je vis ma vie pleinement
Même si une obscurité se lève devant moi
Je ne cesserai de chanter de toutes mes forces

samedi 8 juillet 2017

Karma (Motoo Fujiwara)



Une bille de verre est tombée
Tandis que je l’ai poursuivie, une autre est tombée
Dans un coin ensoleillé,
Une seule bille reste encore là

Lorsque le cœur se met à battre,
On est obligé de prendre sa place
On est obligé de se défendre pour garder sa place

Alors que je faisais attention à ne pas salir mes mains,
Elles semblaient être souillées
Avant que je doute ma mémoire,
Ma mémoire me doute

Nous nous reverrons certainement
Nous suivrons nos battements de cœur comme point de repère
Je suis là et je t'appellerai toujours. 
Lorsque des raisons insignifiantes se superposent et s’agitent,
Nous saurons notre raison d’être

Tant qu’on existe
On est obligé de prendre sa place
Dans un seul coin ensoleillé,
Deux billes de verres ne peuvent pas être ensemble

Une bille de verre est tombée
À ce moment, elle a poussé l’autre
Dans cette place qu’elle a prise, une lumière l’a bénie

Le nombre de mes empreintes de pas,
Je me rends compte que ce n’est qu’un chiffre
Ce que je dois vraiment savoir se trouve entre un et zéro

Nous nous rencontrerons pour la première fois
En prenant le même cri comme point de repère
N’oublie pas que je t’appelle toujours
Au moment où nous ensevelirons nos raisons superposées,
Nos promesses s’enlaceront

Nous sommes des miroirs qui reflètent nos karmas
Lorsque nos mains souillées se rencontreront, nous comprendrons nos véritables formes pour la première fois.
Je suis là, et je peux te toucher
Dans un coin ensoleillé, nous sommes ensemble
N’oublie pas que je t’appellerai toujours
De l’intérieur de cette même bille de verre

Nous nous reverrons certainement
Au moment où nous ferons une croix sur nos raisons cachées
Notre promesse sera tenue
Nous serons une seule bille de verre 

vendredi 7 juillet 2017

Mayday (Motoo Fujiwara)


J'ai entendu ce silence provenant de la part que tu détestes 
Je me tenais en face de toi, mais je l'ai entendu de très loin
Cherchant la source, je suis finalement arrivé à une flaque d'eau
Si c'était le cœur d'une personne, elle serait insondable
Peu importe si j'étais celui qui était appelé ici ou non
Ça n'a pas d'importance.
Le problème se trouve ailleurs.

Pourrai-je retenir mon souffle jusqu'à atteindre le fond de ton cœur ?
Je plongerai jusqu'à ce que je retrouve ta part qui a sombré
À mesure que la douleur grandit, nous nous rapprochons
Quand je vais respirer à nouveau, ce sera avec toi.

Mon silence a été entendu tout comme le tien
Et si tu voulais plonger pour moi comme je l'ai fait.
Confions-nous l'un avec l'autre ; gardons le proche de nous, ne le perdons pas. 
Pour toi, je l'apporterai à ton côté que tu détestes. 

Parce que nous sommes tous différents, étrangers les uns aux autres
Alors nous nous sentons chaleureusement proche quand nous éprouvons notre solitude

Auras-tu le courage ?
Une fois que je regarderai dans ton cœur
Je connaîtrai toutes les douleurs que tu as cachées,
Au lieu de se blesser, nous allons nous blesser chacun notre tour
Si ce n'est pas quelque chose que nous pouvons partager, vivons cette expérience ensemble

Nous avons peur, toi et moi, de nous laisser regarder et de regarder à l'intérieur d'un autre
Mais tu envoyais de toutes tes forces un Mayday qui ressemblait à une prière.

Le signal de détresse retentit au plus profond de ton cœur
C'est donc là que tu étais.
Viens avec moi, n'aie pas peur.
Touchant la source du signal, je lui enverrai un baiser
Celui que tu m'as confié

Auras-tu le courage ? 
Une fois que nous tenons la main
Je vais t'emmener à l'extérieur sans jamais te lâcher.
Aie confiance en moi.
Pourras-tu retenir ton souffle jusqu'au monde extérieur de ton cœur ?
Quand je respirerai à nouveau, tu seras avec moi.

mercredi 5 juillet 2017

Voyager / Flyby (Motoo Fujiwara)



''Voyager''

Le XX YY

J’ai ressayé de communiquer toutefois je n’ai reçu aucune réponse.
Quelle que soit la distance,
Je suis toujours sur votre orbite

J’ai lancé une lumière vers le ciel nocturne
Ces sanglots m’avaient une fois appartenu
Même si ma mémoire m'abandonne,
Mon activité continue, j'errerai dans le lointain

Répondez-moi
Ça fait longtemps depuis qu’on m’a envoyé de la surface des vivants
Depuis lors, j’ai passé mon temps à compter le nombre des étoiles qui passent
Je vous envoie cette mélodie que j’ai créée par enchaîner les notes qu’avaient laissés ces étoiles.

''Flyby''

Quelle que soit la distance,
Je suis toujours sur mon orbite
Quelle que soit la distance,
Vous êtes toujours sur votre orbite

Répondez-moi
J’ai fait un tour de votre cœur et je suis revenu maintenant
La distance ne s’est pas raccourcie,
Mais j’ai toujours été là
Au revoir.
Vous pouvez m’oublier
Mais je ne vous oublierai pas.
Je vous demande une réponse,
Je vous demande une réponse.

Je vous envoie cette mélodie
Avec la voix qu’on m’a donnée

Le XX YY

J’ai ressayé de communiquer toutefois je n’ai reçu aucune réponse
Quelle que soit la distance,
Je suis toujours sur l’orbite de votre cœur

dimanche 2 juillet 2017

Ohne Titel / Sans titre

Meine Großmutter hat in einem Schloss immer allein gewohnt.
Ihre Ehemann, das heißt also, mein Großvater, war schon tot vor langer Zeit, bevor ich geboren wurde.
Die Hausbewohner haben über den Tod meines Großvater geredet, dass sie ihn vergiftet hatte.
Aber sie hat nichts darüber gesagt.

Irgendwann habe ich ein altes Album in einem Zimmer gefunden.
Auf Fotos hat mein Großvater hat lebendig und stark in militärischen Uniform ausgesehen.
Meine Großmutter, die blind war, ist zu mir gekommen und sie hat mir gesagt,
"Dein Großvater hat einen verboten Verschluss geöffnet.

- Welcher Verschluss war es ?", habe ich sie gefragt. Diese Schloss ist wirklich groß.

"Keine Ahnung. Ich bin blind, wie du schon weißt, mein Sohn", hat mir sie gesagt mit ihren trüben Augen.


Ma grand-mère a toujours vécu dans un château toute seule.
Son mari, c’est-à-dire, mon grand-père était déjà mort avant ma naissance il y a longtemps.
Les voisins disaient sur la mort de mon grand-père que ma grand-mère l’avait sans doute empoisonné.
Mais elle n’a jamais dit quelque chose à ce propos.

Un jour, dans une pièce j’ai trouvé un vieil album.
Sur ces photos, mon grand-père en uniforme militaire semblait vif et jeune.
Ma grand-mère, qui était aveugle est venue vers moi et m’a dit,
‘’- Ton grand-père avait ouvert une serrure interdite.
- De quelle serrure s’agit-il ?’’, lui ai-je demandé. Ce château était vraiment vaste.
‘’Aucune idée. Je suis aveugle, comme tu le sais déjà, mon petit’’, m’a-t-elle dit en me regardant avec ses yeux troublés.

''Guild'' (Motoo Fujiwara)


''Guild'' Bump of Chicken (à partir de 7;25)

Combien de temps s’est écroulé depuis qu’on m’a donné ce travail appelé un humain ?
Je n’ai jamais reçu un salaire digne de mon travail

J’avais peut-être mal compris
Ce n’est pas du travail, je le savais
Mais tout est trop tard maintenant
Ce n’est rien d’autre que du travail

Je ne suis pas triste
Je suis juste fatigué
J’ai besoin de congés
À qui pourrais-je le dire ?

Qu’est-ce qu’on m’a volé ?
Qu’est-ce qui m’a volé ?
Dans la routine des jours qui se répètent
L’ai-je oublié ?

Suis-je sali ?
Ou est ce monde qui est souillé ?
De toute façon, je dois ouvrir mes yeux
Mes journées sont si ordinaires que cela me rend fou

Un corps vide affamé,
Immobile, en attendant de la nourriture
Il espère que quelqu’un lui viendra et adressera la parole,
Sans rien dire, il le pense tout seul

Combien de temps s’est écoulé depuis qu’on m’a renvoyé de ce travail appelé humain ?
Faire semblant de faire des efforts en transpirant
C’est tout ce que j’avais fait

Maintenant je me rappelle
Pleins de choses
Pourrais-je affronter
Avec cet afflux de lumières ?

Je ne suis pas beau
Je ne pourrai pas être gentil non plus,
Mais tout de même,
Me pardonnera-t-on de continuer à respirer ?

Je me suis forcé à rire
Plus tard, j’ai pleuré devant le miroir
Ça c’est normal
Parce que tu te caches
Personne ne se rend compte de toi
Ce sont mes journées si ordinaires qui se répètent nuit et jour.

Tu as aboyé pour être aimé
Tu as eu peur d’être aimé
Tu t’es enfui dans la cage
Je vais te faire sortir de là

Accepte-toi tel que tu es, même si tu es souillé
Ton monde t’appartient
La façon dont tu es est comment tu es censé vivre
Mes journées sont si ordinaires que cela me rend fou

On m’a renvoyé de ce travail qu’on m’avait donné
Combien de temps s’était écroulé ?
Qu’est-ce que je faisais ?

J’avais choisi moi-même
''Ce n’est pas du travail.'', je le savais

On m’a renvoyé de ce travail qu’on m’avait donné
Combien de temps s’était écroulé ?
Qu’est-ce que je faisais ?

J’avais choisi moi-même
''Ce n’est pas du travail.'', je le savais.