mardi 15 août 2017

''Le lait'' Haruki Murakami

 Hé, je suppose que tu viens ici pour acheter du lait. J’ai raison, n’est-ce pas ? Ah, mais non, t’as pas besoin de me répondre. Je comprends même si tu me dis rien. Ça fait vingt-quatre ans que je vends du lait ici. Je te regardais venir vers moi et hop, j’ai tout compris. Je me suis dit, ah cette personne veut du lait, elle a marché jusqu’ici juste pour en acheter. Tu vois ? C’est quand même quelque chose, héhéhéhéhé. Ça fait déjà vingt-quatre ans que je vends du lait. Juste regarder le visage du client, ça me suffit pour comprendre ce qu'il pense..
 Mais, j’suis désolé de te dire ça, mais je peux pas te vendre de lait. Non, je peux pas, héhéhéhéhé. Je ne te vendrai pas de lait. Je ne te vendrai jamais jamais de lait. Même si tu pleures, même si tu me donnes une montagne de lingots d’or, je ne t'en vendrai jamais. J’imagine que maintenant tu te dis dans ta tête, « Pourquoi ? Pourquoi cet homme ne me vend pas de lait ? Ai-je fais quelque chose de mal ? » Héhéhéhé, c'est ce que tu penses, n'est-ce pas ? Hein ? Tu n’as rien fait de mal. Tu n’as rien fait. C'est juste que je ne veux vraiment pas te vendre de lait. Tu vois ? C’est pas logique. C’est une question de sensibilité. Héhéhéhé, t’as compris ?
 Quand on vend du lait depuis vingt-quatre ans, de temps en temps, il y a des types auxquels on ne veut vraiment pas vendre de lait. C’est une vérité, je mens pas. Ce genre de personnes apparaît tous les deux ou trois ans, mais il y en a réellement ! Héhéhéhéhé. C’est en effet bizarre mais je vois son visage et hop, je me dis, c’est impossible de vendre du lait à cette personne. Il y en a vraiment. Héhéhéhéhéhé.
 Non, non. Jamais. Je ne te vendrai pas de lait. Jamais, jamais, je ne t'en vendrai pas.. Héhéhéhéhéhé.

''Les bas'' Haruki Murakami

Alors maintenant, essayez d’imaginer s’il vous plaît.
C’est une petite pièce. Elle se situe au deuxième ou troisième étage d’un immeuble. Depuis les fenêtres,on peut apercevoir d’autres immeubles. Il n’y a personne dans cette pièce. Et là, un homme entre. Il est sur la fin de sa vingtaine d’année et a un visage pâle. On pourrait dire qu’il est beau mais sa tête ne laisse pas une impression particulière aux gens. Il est maigre et fait à peu près un mètre soixante-douze centimètres.
 Pouvez-vous imaginer tout ça ?
 Il tient un sac de voyage noir en plastique. Il le dépose sur la table qui est au milieu de la pièce. Il semble qu’il y ait quelque chose de lourd à l’intérieur. Il ouvre la fermeture à glissière et sort ce qu’il y a dedans. D’abord, ce sont des bas féminins noirs. Ce n’est pas un collant, ce sont des bas séparés de style traditionnel. Au total, il y en a une douzaine. Toutefois cet homme ne semble pas s’y intéresser. Sans même y jeter un coup d’œil, il les jette sur le sol. Il sort aussi des talons noirs mais il les jette aussi. Ensuite une grosse radiocassette apparaît. Après l’avoir regardée un instant, il la pose sur le sol d’un air indifférent. On comprend par son expression qu’il s’énerve de plus en plus. Puis il sort cinq ou six paquets de cigarettes. La marque est High Light. Il en ouvre un et il prend une cigarette et il l’essaye. Après avoir expiré deux ou trois fois, en secouant la tête, il l’écrase contre le sol.
 À ce moment-là, le téléphone sonne. Dringdringdringdringdring. Il décroche attentivement. « Allô. », dit-il d’une voix tranquille. Son interlocuteur lui dit quelque chose. « Non, c’est faux. », répond-t-il. « C’est totalement faux. Je n’ai pas de chat chez moi, je ne fume pas. Je n’ai pas mangé de crackers au fromage depuis dix ans. Non. La ligne Fukuchiyama n’a aucun rapport avec moi. Aucun, comprenez-vous ? » Et il raccroche.
 Il sort un paquet de crackers au fromage dont la moitié est intacte. Puis des bas apparaissent de nouveau. Il tend fort ces bas et il les regarde à contre-jours. Ensuite il fouille les poches de son pantalon, il sort toutes les pièces de monnaie et les met dans un vase vide qui est posé à côté de lui. Il met également les bas tendus dedans.
À ce moment-là, quelqu’un frappe à la porte. Toctoctoctoctoc. Il cache le vase dans un coin de la pièce et il ouvre doucement. De l’autre côté de la porte se tient un homme petit aux cheveux rares avec un nœud papillon rouge. Cet homme lui tend un journal roulé et dit d’une voix ferme : [...]
 Et là, une question.
 Qu’est-ce que cet homme aux cheveux rares lui a dit ?
 Vous avez quinze secondes pour répondre. Tic-tac, tic-tac.

lundi 14 août 2017

L'homme à la couverture rouge


 Permettez-moi d'abord de préciser que cette affaire n’a jamais été éclaircie et que l’on ne connait toujours pas l’auteur du crime.

 En 1903, dans un petit village de la préfecture de Fukui, vers vingt-deux heures trente, la famille d’un revendeur reçut la visite d'un étrange visiteur.
« Je suis envoyé par la branche aînée de la famille. », dit-il en frappant à la porte.
La femme se leva et ouvrit la porte, et sur le perron se tenait un homme emmitouflé dans une couverture rouge, une lanterne de la branche aînée à la main.
 « Il y a quelqu'un de malade chez nous, c'est urgent. On a besoin d'un coup de main. », dit-il.
Le mari partit précipitamment avec cet homme. Leur maison était située à environ huit kilomètres de celle du malade.

Après leur départ, sa femme était inquiète, mais elle coucha ses enfants et somnola elle aussi. Deux ou trois heures plus tard, quelqu’un frappa de nouveau à la porte. C’était encore l'homme à la couverture rouge.
« Le malade ne pourra pas tenir jusqu'à demain. Il aimerait que vous veniez aussi. », dit-il.
Elle confia précipitamment ses enfants à des voisins intimes et elle partit avec cet homme.

 Une ou deux heures plus tard, cette fois quelqu’un frappa à la porte de la maison à laquelle la femme du revendeur avait confié ses enfants. C’était encore l’homme avec sa couverture rouge. On ne voyait toujours pas son visage.
« Leurs parents voudraient que les enfants viennent aussi. », dit cet homme.
Mais la femme de cette maison lui dit que si les enfants sortaient à cette heure, ils attraperaient froid, et que de plus, comme ils dormaient déjà, elle préférait qu’ils les rejoignent le lendemain. L’homme insista mais comme elle refusait catégoriquement, il repartit d’un air mécontent.

 Quelques jours plus tard, les cadavres défigurés du couple de revendeurs furent découvert dans une rivière. Il est évident que l’auteur de ce crime est l’homme à la couverture rouge. 

 Toutefois, vu qu’il fit sortir les victimes une par une, son acte était trop prémédité pour être celui d’un simple amateur. De plus, son intention de tuer également les enfants peut nous laisser imaginer à quel point sa haine était profonde.
  Au début, comme il tenait une lanterne de la branche aînée de la famille, on supposa que l’auteur serait immédiatement identifié. Cependant, même après plusieurs enquêtes, on a toujours aucune piste concernant l'assassin, et au final, cette affaire ne fût jamais éclaircie.

‘’Radis blanc râpé’’ Haruki Murakami

 Le plateau à la main, l’homme-chameau descendit l’escalier du sous-sol comme d’habitude. Il était toujours laid et sale. Ou devrais-je dire, il devenait de plus en plus sale et laid de jour en jour. Sa morve gouttait sur le sol, et ses yeux avaient de grosses chassies. Ses dents saillantes étaient jaunies et abîmées, la couleur de ses lobes d’oreilles était altérée à cause de la crasse, ses cheveux longs étaient couverts de pellicules, à chacun de ses pas de la poudre blanche tombait aux alentours. Son haleine était abominable. Il m'était impossible de manger un plat apporté par un tel homme.
 Dès que je le lui dis, l’homme-chameau cracha dans l’assiette et dit joyeusement : « Fais comme t’veux ! Jé m’en fous même si t’meurs de faim ! T’façon, t’mourras bientôt. C’pareil, c’pareil, héhéhéhéhé. »
 Si j’étais dans une situation normale, l’homme-chameau ne serait pas un obstacle pour moi. Mais mes deux bras étaient fermement attachés au mur par une grosse chaîne.
 L’homme-chameau sortit un gros fer de marquage qui était resté dans les flammes de la cheminée, en balançant son embout entièrement rouge dans l'air, il la regarda d’un air content.
« Héhéhéhéhé, quand mon maître sera revenu, t’pourras jouer avec lui tant que t’veux. Il t’fera pleins de trucs drôles. Jé l’aiderai aussi. On ne t’tuera pas facilement. On t’laissera vivant et t’fera souffrir pendant longtemps. Mais au final, t’mourras ! Toi, une bête qui ne craint même pas Dieu, devra payer pour avoir fait la cour à Madame ! »
 Dans le sous-sol, comme l’homme-chameau me l’avait dit, il y avait beaucoup d’instruments de tortures. Il y avait un étau pour broyer un doigt, des entonnoirs et des tuyaux pour la noyade, un pic à glace, des tenailles, un fouet avec des épines. Sur l’étagère, il y avait tous les albums de Tom Jones et Abba.
« Jé pas fait la cour à Madame ! », lui dis-je. Puis je me repris, « Je n’ai pas fait la cour à Madame ! » Je ne sais pas de quel dialecte il s’agissait mais la manière de parler de l’homme-chameau était contagieuse.
« Je lui ai juste servi du thé. »
 L’homme-chameau rit bêtement et lâcha un gros pet.
« Jé sais, jé sais. Jé sais touuut. À ce moment-là, il y avait un éclat de désir sexuel dans tes yeux. En lui servant du thé, t’pensais à la fellation dans té tête. Jé comprends si jé regarde les yeux. Jé suis pas idiot. 
- C’est faux. À ce moment-là, je pensais au radis blanc râpé que j’allais manger au dîner, dis-je.
- T’vois ! T’vois ! C’est exactement comme jé dit ! dit l’homme-chameau triomphalement.
- Hé, attends voir. Comment ça c’est ‘’exactement comme j’ai dit’’ » lui répliquai-je mais il ne m’écouta pas.
« T’souffriras à fond dans ce sous-sol et t’mourras petit à petit ! Héhéhéhéhéhéhéhé. »
 Et pourtant je pensais vraiment au radis blanc râpé.  

dimanche 13 août 2017

''Le vendeur de l'Inde'' Haruki Murakami

 Tous les deux mois, le vendeur de l’Inde vient chez moi. Chaque fois que ma mère dit, « Peut-être que bientôt, le vendeur de l’Inde viendra. », comme s’il l’avait entendue, le vendeur de l’Inde frappe à la porte de ma maison. Donc, je dis toujours à ma mère, « Maman, tu ne dois pas penser au vendeur de l’Inde. Si tu y penses, il viendra. » Et ma mère me dit « C’est vrai. Le vendeur de l’Inde vient parce que j’y pense. » mais elle oublie facilement et murmure sans s’en rendre compte « Bientôt, le vendeur de l’Inde… ». Et il vient chez moi deux ou trois jours plus tard.
 Le vendeur de l’Inde est un homme grand et bronzé. Il porte toujours un sac lourd sur son épaule. J’ai entendu dire qu’il a à peu près le même âge que mon père, mais il semble être beaucoup plus jeune. Ses yeux sont brillants comme deux gros scarabées. «Tout ça, c’est grâce à l’Inde. », dit-il fièrement. « Petit garçon, si tu consommes beaucoup d’Inde, tu pourras devenir un adulte mâture et vigoureux comme moi, et ta vie aura un sens. »
 Je ne comprends pas bien ce qu’il me dit parce que c’est trop difficile pour moi, mais quand je parle avec lui, j’ai l’impression d’être réprimandé et cela me trouble. De temps en temps, le vendeur de l’Inde se plaint même à ma mère. Je le trouve étonnant. Il faut dire que même mon père ne peut pas facilement se plaindre à ma mère.
« Madame, qu’est-ce que c’est que ça ? Je suppose que vous n’utilisez pas suffisamment d’Inde récemment. La quantité de l’Inde que vous m’avez acheté n’a guère diminué depuis que je vous ai rendu visite la dernière fois. », dit-il à ma mère en regardant dans le placard et il poussa un soupir. « Ce genre de produits, comme je vous dis toujours, ça n’a aucun effet si vous n’en utilisez pas assez et si vous ne les faites pas pénétrer dans le corps. Regardez votre fils. Ses yeux manquent d’éclat et ont l’air endormis sans vigueur, vous ne trouvez pas ? C’est vraiment un mauvais signe. Moi, je comprends tout si je regarde les yeux. Les yeux nous disent tout. C’est parce que vous n’utilisez pas assez d’Inde. Il manque évidemment d’Inde. Vous n’aimez pas votre fils, hein ? Vous aimez votre fils. Alors, il faut lui donner davantage d’Inde. 
- Oui, oui, je vois, Monsieur le vendeur de l’Inde, s’excuse ma mère avec précipitation. Mais ces derniers temps, il y a aussi le vendeur de Bali qui vient à la maison. Afin de garder de bonnes relations avec mes voisins, je dois acheter aussi ses produits. Il y a des circonstances atténuantes, Monsieur. Bien sûr, je sais que l’inde est meilleure mais……
- Le vendeur de Bali ! s’écrit le vendeur de l’Inde d’un ton ricaneur. Le vendeur de Bali, Madame, ce n’est rien franchement. Il n’a que son nom pour lui. Si vous êtes sérieuse, il n’y a vraiment que l’Inde. Mes produits sont différents, définitivement. »
 Ainsi, ma mère est encore forcée d’acheter un peu d’Inde. En les regardant, je me dis que le vendeur de l’Inde est quand même un personnage.

samedi 12 août 2017

''Get Back'' The Beatles (和訳)





ジョジョは一人でいるのがかっこいいと思っていたけど
それが長くは続かないことはわかっていた。
ジョジョはカリフォルニアのハッパ欲しさに
アリゾナのツーソンの家を旅立った。

帰れ、帰れ。
さっさと自分のいたところに帰れ。
帰れ、帰れ。
さっさと帰れこんちくしょう。
帰れよ、ジョジョ。帰れってんだよ。
帰れ、帰れ。
自分の家に帰れ。
早く帰れ、さっさと帰れ。
自分の家に一秒でも早く帰れよ。

かわいいロレッタ・マーティンちゃんは自分を女性だと思っていたけど、
よく考えたらただのおっさんだった。
周りの女の子はいつか痛い目に遭うって言ってるけど
そのときになったら考えるんだって。

帰れ、帰れ。
さっさと帰れよ。
帰れ、帰れ。
自分のいたところに帰れ。
ロレッタも帰れ、おうちに帰れ。
帰れ、帰れ。
さっさと帰れよこんちくしょう。
帰れ、帰れ。
早く自分の家に帰れ。

Jojo was a man who thought he was a loner
But he knew it wouldn't last
Jojo left his home in Tucson, Arizona
For some California grass

Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back Jojo, go home
Get back, get back
Back to where you once belonged
Get back, get back
Back to where you once belonged
Get back Jo

Sweet Loretta Martin thought she was a woman
But she was another man
All the girls around her say she's got it coming
But she gets it while she can

Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back Loretta, go home
Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back, get back
Get back to where you once belonged
Get back, get back, get back

Le sèche-cheveux

 Vers dix-neuf heures, tandis que je regardais un documentaire sur les créatures marines dangereuses sur Youtube(un plongeur qui a été mordu par un requin géant racontait son expérience douloureuse), quelqu'un a frappé sur la porte de ma chambre.
 De l’autre côté de la porte, à bonne distance se tenait un homme que je n'avais jamais vu. Il avait un grand front et courbait son dos. Il semblait avoir trente ans mais je ne suis pas sûr.

«Qui êtes-vous ? lui ai-je demandé.
- ah, do you have a drier ?» m'a-t-il bredouillé.
Comme il m'a tout à coup parlé en anglais, j'ai mis un instant pour comprendre ce qu'il a dit.
«Sèche-cheveux ? lui ai-je demandé.
- Oui.»

 Mais apparemment ses cheveux tout courts était sèches. Je ne comprenais pas pourquoi il avait besoin d'un sèche-cheveux. C'est un cinglé. J'ai commencé à regretter d'avoir ouvert la porte.
Comme s'il devinait mes pensées, il a dit,
«J'ai fait tomber mon ordinateur dans de l'eau. J'ai envie de le sécher.
- Mais s'il est tombé dans de l'eau, c'est déjà trop tard, n'est-ce pas ?
- il fonctionne encore mais il faut le sécher immédiatement.»

 J'ai pris mon petit sèche-cheveux bleu de Panasonic et je l'ai accompagné jusqu'à sa chambre qui était au bout du couloir.
En marchant je lui ai demandé s'il frappait à chaque porte. Il m'a dit que quelqu'un lui avait dit qu'une fille habitait dans ma chambre et qu'il a imaginé que dans la plupart des cas une fille a un sèche-cheveux.

 Mais j'habite tout seul dans ma chambre.
Et elle est trop étroite pour que deux personnes y vivent ensemble.
Si deux personnes vivaient dans cette pièce aussi petite qu'une cage à lapins, elles finiraient par fusionner comme deux morceaux de beurre.
Mais qui lui a dit qu'une fille habitait dans ma chambre ?
J'étais complètement perdu.

 Je n'étais presque jamais entré dans la chambre d'un inconnu. J'ai découvert que la disposition des meubles comme le lit, l'étagère était l'inverse de la mienne. La table était en désordre, mais sa chambre était tellement propre que j'ai compris qu'il avait l'habitude de la nettoyer. Je lui ai donné mon sèche-cheveux et je lui ai demandé quand il me le rendrait.
Il m'a dit que ça ne prendra que quelques minutes et de rester dans sa chambre.
 Il a branché le sèche-cheveux et a commencé à sécher son ordinateur.
La fenêtre était ouverte et il pleuvait dehors. Le parfum de la pluie et le vent froid s'introduisaient par l’ouverture.
En le séchant, il m'a demandé si j'étais coréen. Je suis japonais, lui ai-je dis. Excuse-moi, a-t-il dit. De quelle ville vous venez, lui ai-je demandé. Metz, m'a-t-il dit. Ce n'est pas loin, ai-je dit. Non, ce n'est pas loin...

 Ainsi pendant cinq minutes, je l'ai regardé sécher son ordinateur. Il m'a expliqué que cet ordinateur était équipé d'un logiciel spécial et qu'il était cher. J'ai hoché la tête mais j'étais attiré par la lumière jaunâtre d'un réverbère mouillé. .

 En fin de compte, son ordinateur noyé a été sauvé. Il m'a rendu le sèche-cheveux en me remerciant. Il avait l'air aussi heureux qu'un père ayant sauvé son fils de la noyade.
« Bonne soirée, m'a-t-il dit.
- Bonne soirée.» lui ai-je dit.
 Le sèche-cheveux bleu à la main, en marchant dans le couloir, je me suis dit que l'occasion de prêter un sèche-cheveux à un homme pour sécher son ordinateur, ne m'arriverait pas une deuxième fois dans ma vie.