vendredi 9 février 2018

To the depth of the ocean : L'histoire de Joy DIvision


 Autrefois j’ai rencontré une personne qui ne savait pas que Dave Grohl, le leader des Foo Fighters était le batteur de Nirvana. C’est vrai qu’il est devenu beaucoup plus viril après la séparation du groupe. Il avait une barbe et des cheveux ébouriffés alors que quand il était batteur, ses cheveux étaient raides comme ceux d’une fille et était imberbe. Et donc, saviez-vous que les membres de New Order jouaient dans un groupe qui s’appelle Joy Division ?

 Je pense que New Order est beaucoup plus connu que Joy Division, cependant ce dernier est aussi un groupe légendaire dans l’histoire du rock britannique. J’aime les deux, mais quand j’étais au lycée, j’étais beaucoup plus attiré par Joy Division. La voix de baryton du chanteur résonnait comme s'il venait des enfers. Le déroulement des morceaux semblait dangereux comme avant le passage d'une tempête. Des chansons telles que « Disorder », « Ceremony » et « Shadowplay » étaient mes préférées.

 Le leader de Joy Division était un jeune homme qui s’appelait Ian Curtis. La journée, c'était un fonctionnaire à la mairie. La nuit, il se transformait en un poète. Sa musique, ornée de paroles mélancolique, a attiré petit à petit mais de façon certaine les jeunes de l'époque. Joy Division a commencé à être reconnu en tant que groupe culte ayant des fanatiques. En 1979, ils ont sorti leur premier album « Unknown Pleasures ». Il a été classé soixante-dixième avec son premier album dans le UK Album Chart, mais deuxième dans le classement de musique indépendante, et finalement il s'est classé premier.

 Le succès du groupe était assuré. L’année suivante, ils ont commencé l’enregistrement de leur second album « Closer ». D’autre part, l’état mental d’Ian devenait de plus en plus instable. Pendant qu’il travaillait au bureau de la mairie, il avait vu une jeune fille souffrir d’une crise d’épilepsie et qui est morte sur place. Depuis ce jour, le fait qu’il était aussi épileptique ne cessait de l'angoisser. Il se voyait mourir en convulsant comme la jeune femme. De plus, la relation avec son épouse Deborah était tendue à cause de sa liaison amoureuse avec une autre femme.

Le lundi 18 mai, lorsque Deborah Curtis est rentrée chez elle, elle a découvert Ian Curtis mort par pendaison. Il n’y avait pas de testament. Le tourne-disque diffusait « Idiot » d’Iggy Pop. Ian n’avait que vingt-trois ans, « Closer » est devenu leur dernier album. La couverture de ce disque représente le tombeau de la famille Appiani en Italie, comme si elle prévoyait sa mort prématurée.

 Les trois membres restant de Joy Division, Bernard Albrecht, Peter Hook, Stephen Morris ont renommé le groupe « New Order » selon la promesse qu'ils avaient faite : changer le nom du groupe en cas de la mort d'un membre. Ils ont sorti le morceau célèbre pleurant la mort d’Ian Curtis « Blue Monday », qui a eu un grand succès dans le monde entier.


mercredi 7 février 2018

Raymond Queneau

 Connaissez-vous « Les exercices de style » de Raymond Queneau ? Cet écrivain français a écrit une courte histoire dans laquelle il a vu un même homme pendant une journée de 99 façons différentes.
 Aujourd’hui, j’ai vu la même femme toute la journée. Mais je n’écrirai pas cette histoire de 99 façons différentes. La femme était grande, elle avait un long cou et portait un manteau noir. Dans un sens, son visage était sans doute trop particulier pour être qualifié de beau, mais avait une certaine beauté et une aura énigmatique. Son nez était entassé très haut comme une muraille. Sans aucune expression, elle regardait au loin, peut-être un autre monde, un autre temps comme la chute de Constantinople ou l'incendie de la bibliothèque d'Alexandrie. C’était le matin. Et quand j’ai pris le bus pour rentrer chez moi l'après-midi, la même personne était assise en face de moi, les yeux perdus dans le vide.


''Dire au revoir'' Haruki Murakami




 Dans un roman de Raymond Chandler, il y a la phrase célèbre : « To say goodbye is to die a little (Dire au revoir est mourir un peu) ». J’aimerais aussi dire une chose aussi spirituelle mais j’ai honte, de plus, en réalité, c’est difficile d’en dire sans avoir bu. Si je suis ivre, j’ai peur de dire des bêtises. Alors, je ne peux y rien faire.
Je ne conteste pas Monsieur Chandler, mais si je me permets d’exprimer mon avis personnel, on ne meurt pas souvent un peu après avoir dit « Au revoir ». Nous mourons un peu lorsque nous affrontons le fait d’avoir dit « Au revoir » et quand nous sentons réellement le poids d’une chose à laquelle nous avons dit adieu. Mais dans la plupart des cas, on a besoin de temps afin de regarder autour de soi avant d’atteindre ce point.
 Moi aussi, j’ai dit au revoir à pas mal de gens dans ma vie, toutefois je n’ai presque pas l’impression d’avoir pu dire un joli adieu. Lorsque j’y repense, je me dis « J’aurais quand même pu dire au revoir un peu mieux ». J’ai donc encore des regrets – mais pas tant que ça (même si je regrette, cela ne garantit pas que je puisse vivre mieux). Ce qui confirme justement que combien je suis insuffisant et peu sérieux. Peut-être que l’homme ne meurt pas d’un coup, il meurt petit à petit en laissant beaucoup de choses derrière lui.

 Je vais vous narrer la fois où, exceptionnellement j'ai pu dire un bel adieu.
 Le dernier jour du XXème siècle, le crépuscule était incroyablement beau sur la plage nord du Kauai. Une masse orangée allait se dissimuler derrière le bout d’une montagne, les nuages et la mer étaient teintés de la même couleur. Je conduisais une voiture en cherchant un endroit où regarder le soleil embrasé. Par hasard, la belle chanson de Brian Wilson « Caroline No » émanait de la radio. J’ai eu le cœur rempli d’émotion et je n’ai rien pu dire pendant un certain moment.
 Jusque-là, je n’avais pas beaucoup d’intérêts sur le fait que le XXème siècle s'achevait. Je me disais dans mon cœur que ce n’était qu’une question de calendrier. Néanmoins pendant que j’écoutais cette chanson, j’ai eu ce sentiment : « À cet instant, je suis en train dire adieu à une masse immense du temps » et cela s’est répandu dans tout mon corps. J’avais seize ans lorsque j’avais écouté pour la première fois « Caroline No ». Honnêtement, je n’avais pas compris ce morceau. Je le comprends maintenant. Je le comprends profondément. Et à ce moment-là, j’ai senti réellement que mon XXème siècle s’est écoulé de cette manière. Ce n’est en effet pas grand-chose, mais pour moi c’était quelque chose.
 Ainsi, j’ai l’impression que j’ai pu adresser un bel adieu au XXème siècle, grâce à un certain arrière-plan et une musique. Cela arrive parfois. 


mardi 6 février 2018

Les croquettes

 Je restais pensif après l’échec de ma première tentative afin de cuisiner des croquettes. J’ai pensé à toutes les causes possibles de cette défaite totale. D’abord, j’avais ignoré la recette et je n’avais pas mis les pâtes dans le réfrigérateur. L’huile n’était pas assez chaude. D'ailleurs, j’avais juste mélangé de la farine et de l’eau, alors que d'après la recette il fallait y ajouter un œuf. Il y avait sans doute d’autres causes, mais celle-ci en était la principale.

 Pour la deuxième tentative afin de cuisiner des croquettes, j’ai fait des pâtes plus petites pour qu’elles ne s’écrasent pas dans de l’huile. Je les ai laissées refroidir dans le réfrigérateur pendant deux heures. Puis, j’ai mélangé de la farine, de l’œuf et de l’eau. Après avoir vérifié que de l’huile était suffisamment chaude, j’y ai mis des morceaux de croquettes. Lorsque je les ai sorties de la casserole, elles n'étaient pas écrabouillées cette fois. L’extérieur semblait un peu jaune alors que je l’imaginais plus doré, mais au moins elles avaient une forme de croquette. J’en ai mangé une. La peau était croustillante. La pâte avait bien un goût de pomme de terre. Mais autrement dit, elle n’avait que ce goût. Et je me suis souvenu que je n’avais mis ni sel ni poivre ni rien d’autre. Certes, cette chose avait une forme de croquette, mais c'était trop insipide pour qu’on puisse appeler ça un met.     

 C’était il y a trois jours. Aujourd’hui, j’ai cuisiné des croquettes pour la troisième fois. J’ai ajouté du sel, du poivre, de la viande hachée, de l’oignon et aussi de la farine à la pâte pour qu’elle soit plus goûteuse, puis je l'ai mise dans le réfrigérateur. Plusieurs heures plus tard, j’ai fait chauffer l’huile. J’ai bien mélangé de la farine, de l’eau et de l’œuf puis j'ai trempé les pâtes dedans. Après les avoir couvertes de chapelure, je les ai mises dans l'huile. Cette fois j’ai attendu jusqu’à ce qu'elles soient suffisamment dorées. Quelques minutes plus tard, je les ai prises avec des baguettes. Comme j’avais prévu, elles étaient plus fermes que la première fois. La couleur et la forme étaient bien meilleures. J’en ai goûté une. La peau croustillante s’est brisée avec un bruit agréable. Et la pâte avait d’autres saveurs que de celle de la pomme de terre grâce aux ingrédients que j’avais ajoutées. Ma croquette n’était effectivement pas parfaite, loin d’être celle d’un cuisinier professionnel, mais pour la première fois elle ressemblait à celle que j’attendais et elle était ordinaire. Pour l’instant, mon envie de cuisiner des croquettes est satisfaite.

lundi 5 février 2018

Une anthologie sur le thème des chats


 Depuis quelques semaines, je songe à un livre qui n’existe pas. Il s’agit d’une anthologie d’histoires de chats. J’imagine sa couverture. Je me demande quelles nouvelles j'y mettrais.

 Ce qui me vient d’abord à l’esprit, c’est « Nekomachi (La ville des chats) » de Sakutarô Hagiwara. C’est l’histoire d’un poète qui se voit errer dans une ville où il n’y a que des chats. En fait, il y a l’histoire de Haruki Murakami dont le titre est presque même, « Neko no machi (La ville des chats) », mais l’intrigue est un peu différente. « Nekomachi » de Sakutarô est plus proche d’un essai, mais « Neko no machi » de Haruki est une nouvelle que lit un personnage. Dans cette dernière, un homme prend le train et arrive à une ville déserte. Peu après, il se rend compte que c’est une ville de chats. Par la curiosité, il y passe quelques jours. Mais bien vite, les habitants de cette ville, les chats, commencent à se plaindre que cela sent l’humain. Le jeune homme tente de s’enfuir de la ville et revient à la gare. Toutefois plus aucun train ne s’arrête à cette gare. C’est en réalité un extrait de « 1Q84 » et on peut lire gratuitement et légalement sur le site du New Yorker.

 Par ailleurs, il y a aussi « Le bureau des chats » de Kenji Miyazawa. Je crois qu’il a déjà été traduit en français. Cette nouvelle traite aussi d’un sujet obscur, un harcèlement qui a lieu au bureau des chats.

 Et comment pourrait-on oublier Sôseki Natsume ? Mais « Je suis un chat » est un long roman, si bien que l’englober dans une anthologie serait difficile. L’essai « Le tombeau du chat » semble pertinent comme amuse-gueule pour ce recueil imaginaire.

 Il y a aussi Otsuichi, écrivain presque inconnu en France. J'ai traduit la moitié de sa nouvelle « Shiawase wa koneko no katati (Le bonheur a la forme d’un chaton) ». C’est une œuvre un peu triste mais chaleureuse.

 Cinq nouvelles ne suffissent sans doute pas pour faire un recueil. Il faudrait que je continue à chercher des histoires de chats. Ce serait chouette si je pouvais utiliser un tableau représentant un chat de Leonard Foujita pour la couverture. Et que serait le titre ? Je réfléchis en regardant mes coussinets sans trouver de réponse.


dimanche 4 février 2018

NATSUME Sôseki et un chat



 J’ai regardé la série intitulée « L’épouse de NATSUME Sôseki ». Elle ne comporte que quatre épisodes. J’aimerais bien que les séries américaines soient aussi plus courtes.
 Ce que j’ai pensé après l’avoir regardée, c’est qu’être Sôseki, c’était dur, mais être l'épouse de Sôseki, c’était tout aussi dur.

 Deux ans de séjour en Angleterre a permis à Sôseki d’approfondir ses connaissances sur l’anglais et l’Occident, toutefois la vie à Londres a complètement usé ses nerfs. À cette époque-là, les prix en Angleterre étaient vingt fois plus élevés qu’au Japon. La bourse que lui avait octroyée le gouvernement japonais étaient loin d’être suffisante pour qu'il mène une vie correcte. Tracassé par la pauvreté et le racisme, il se sentait misérable et restait de plus en plus souvent enfermé dans sa chambre. Lorsque le gouvernement japonais lui a demandé les résultats de ses recherches, il leur a envoyé une feuille blanche. Dans une lettre à son meilleur ami MASAOKA Shiki, il écrit : « Je suis foutu. Je pleure tous les jours maintenant ».

 Lorsqu’il est revenu au Japon en 1901, son épouse Kyôko a eu l’impression que c’était une autre personne. Lui qui avait été quelqu’un de calme avant, s’en prenait à ses proches pour un rien et se fâchait facilement. Il se comportait violemment et souffrait d’un délire de persécution. Un psychiatre lui a diagnostiqué une grave névrose. Le délire de Sôseki, qui a duré quelques mois, était si grave que Kyôko a été obligée de se réfugier un certain temps chez ses parents avec ses enfants.
 À un moment donné, un chat noir s’est introduit dans la maison des Natsume. Kyôko qui n’aimait pas les chats l’a expulsé, mais il revenait sans cesse même si elle le mettait dehors. Un jour, Sôseki s’est finalement rendu compte de la présence du chat. Il a dit :

« Qu’est-ce que c’est que ce chat ?
- Je ne sais pas. Il revient sans cesse même si je le chasse. Je pense à demander à quelqu’un de l'emmener au loin.
- S’il veut rester, pourquoi tu ne le laisses pas ? »

 Kyôko était mécontente, mais ainsi ce chat a eu le droit de vivre dans la maison.

 Un jour, la servante qui travaillait chez les Natsume a dit en caressant ce chat :
« Madame, c’est un chat du bonheur.
- Chat du bonheur ?
- Regardez ses griffes. Elles sont noires jusqu’à la pointe. On appelle un tel chat ‘’chat du bonheur’’. Je vous jure que ce chat apportera la prospérité à la maison. C’est vraiment rare. »
 Kyôko a aussitôt changé d'attitude envers le chat et lui a accordé un statut différent.

 Peu après, Sôseki a commencé à écrire son premier roman « Je suis un chat ». Le modèle était évidemment ce chat noir. Dès que ce roman a été publié, il est devenu un best-seller. La situation financière des Natsume s’est stabilisée. Sôseki a été reconnu en tant qu’écrivain et il a pu quitter son travail de professeur qui ne lui plaisait pas. Kyôko a remarqué que l’état mental de Sôseki s'était amélioré depuis que ce chat s’était installé chez eux. Était-ce alors réellement ‘’un chat du bonheur’’ ?

 Après la mort du chat, Sôseki et Kyôko ont élevé un tombeau derrière la maison. Comme il n’avait pas de nom, Sôseki y a seulement écrit ‘’Le tombeau du chat’’ et il a dédié un haïku ("Qu'il y ait une nuit où jaillissent des éclairs en-dessous"). Kyôko, bien qu'elle n'aimait pas les chats, éprouvait sans doute de la reconnaissance. Elle n'a jamais oublié de déposer sur la tombe un filet de saumon et de la bonite séchée chaque mois au jour de sa mort. Sôseki a écrit plus tard un court essai intitulé « Le tombeau du chat ».

samedi 3 février 2018

De te fabula ! : Des anecdotes au sujet de NATSUME Sôseki

  


 J’ai déjà écrit que je m’étais rendu à la bibliothèque de japonais pour emprunter un livre de Yukio Mishima. À cette occasion, j’avais emprunté aussi « Sanshirô » de Sôseki sans raison particulière. Vu que j’ai déjà beaucoup de livres à lire pour des cours, je pensais à abandonner la lecture s’il ne me plaisait pas. Toutefois ce livre a conquis mon cœur dès la première ligne.
« Quand il sortit de sa torpeur et ouvrit les yeux, il s'aperçut que la passagère avait engagé la conversation avec le vieil homme assis à côté d'elle (...) »
 Toute la semaine, je le lisais dès que j’avais le temps et je l'ai fini plus tôt que le livre de Yukio Mishima.
 Comme il avait fait des études en Angleterre, ce qui était rare à son époque, je pense que c’était l’un des écrivains japonais les plus occidentalisés de cette génération. J’ai remarqué qu’il y avait de nombreuses références à des auteurs européens. Certains sont encore connus, d’autres moins ou oubliés.

 J’ai dit à Pauline que « Sanshirô » de Sôseki était un livre saisissant. « Bien sûr ! » m’a-t-elle dit. Comme c’est une grande admiratrice de Sôseki, elle l’avait déjà lu. Ensuite, elle m’a parlé de « Je suis un chat ». J’aime les chats, j’aime Sôseki, mais je n’ai jamais eu l’occasion de lire « Je suis un chat ». À vrai dire, ce roman était à côté de « Sanshirô » à la bibliothèque. Je me suis demandé lequel je prenais et finalement, j’ai choisi le dernier, qui était plus fin.

« ‘’Je suis un chat’’ nous livre un secret : comment parler des livres qu’on n’a pas lus », m’a dit Pauline.
 Cette phrase a aussitôt capté mon attention. Je lui ai demandé de me dévoiler ce secret. Je voulais absolument savoir comme parler des livres qu’on n’a pas lus. Mais elle a dit seulement : « Lis ‘’Je suis un chat’’ ». J’ai déjà beaucoup de livres à lire pour les cours, ai-je protesté. « Et bien tant pis, tu ne sauras jamais quel est le secret :p ». Mais je n’ai pas renoncé. Je lui ai demandé voire je l’ai presque suppliée de me dévoiler ce secret en lui disant que, quand on est en lettres, cette astuce doit être forcément utile. « Mais non, mais non, en tant qu’étudiant en lettres, tu dois tout lire ». J’avais oublié que c’est une jeune prof de français.


 Il y a beaucoup d’anecdotes intéressantes sur cet écrivain. Il semble qu’il a été quelqu’un qui avait le sens de l’humour. Les Natsume avaient un chat. Mais celui n’avait pas de nom comme dans la première phrase de «Je suis un chat » (''Je suis un chat. Je n'ai pas encore de nom). Le grand écrivain l’appelait « Chat, chat ». Lorsque ce chat sans nom est mort, Sôseki a écrit à ses amis le faire-part de décès suivant :
« Mes chers amis, j’ai le regret de vous annoncer le décès de mon chat suite à une maladie incurable. Il a trépassé à mon insu sur le four de la resserre. J'ai demandé un pousse-pousse, et il a été mis dans une boîte et enterré dans le jardin derrière ma maison. Étant donné que moi, son maître, suis occupé à écrire ‘’Sanshirô’’, vous êtes priés de ne pas assister à ses funérailles.
Le 14 septembre, 1908 »
 Il avait aussi un drôle de tic. Quand il était en panne d'inspiration en écrivant un roman, il s’arrachait des poils du nez et les plantait dans son manuscrit ! L’écrivain et l’admirateur de Sôseki, Hyakken Uchida témoigne : 
« Parmi les objets laissés par le professeur Sôseki que je possède, il y a des poils de son nez. Maintenant j’ai ouvert la boîte pour écrire ce manuscrit, il y en avait juste dix au total dont deux étaient blonds ».
 Je ne sais pas si on peut dire ''malheureusement'', mais en tout cas, ses poils ont été perdus lors de la deuxième guerre mondiale.

 Contrairement à l’impression que donnent ses œuvres, Sôseki semblait avoir le sang chaud. On raconte l'anecdote suivante :
« Un jour, il s'est rendu au bain public avec Akutagawa. Pendant qu’ils se lavaient, un homme à côté de Sôseki s’est brutalement aspergé d’eau chaude. On dit que de l’eau éclaboussé le visage de Sôseki. Il a crié aussitôt ''Espèce de connard !''.Quand Akutagawa a tourné la tête vers lui, il a vu que Sôseki s'en prenait à un homme robuste et musclé. Cette fois-là l’incident a tourné court car l’homme s’est excusé immédiatement. Akutagawa raconte qu’il était toujours tendu dans ces moments-là.»
 Alors Natsume, dans sa célèbre introduction de « Botchan » (‘’J’ai eu beaucoup d’ennuis à cause de mon caractère casse-cou hérité de mes parents’’) parle-t-il peut-être de lui-même ?

 Malheureusement, il y a aussi des anecdotes infâmes. Il semble qu’il molestait quotidiennement sa famille. Un de ses fils, Shinroku Natsume écrit dans « Mon père, Sôseki Natsume » : 
« Mon père foulait aux pieds avec des socques n’importe quelle partie de mon corps, de mes jambes à ma tête. En faisant de grands gestes avec sa canne, il m'en frappait».
Sa petite-fille écrit dans son essai : 
« Fudeko (sa fille aînée) était elle aussi souvent malmenée. Elle dit aussi qu’elle voyait souvent Kyôko (son épouse), les yeux rouges de larmes, les cheveux ébouriffés, sortir en courant du bureau de Sôseki. Peut-être l'avait-il saisie par les cheveux et traînée d'un endroit à l'autre de la pièce. Dans le monde, Kyôko est considérée comme une mauvaise épouse, elle est même comparée à celle de Socrate. En réalité, selon ma mère, personne d’autre que Kyôko n’aurait pu vivre avec lui. Elle dit qu’elle voudrait même la féliciter. »
Kyôko semblait être quelqu’un qui avait de la volonté. Lorsque des amis lui ont conseillé de divorcer, elle a refusé catégoriquement en disant : « Si mon mari me détestait et si c'était la raison pour laquelle il me bat, je divorcerais volontiers, mais il se comporte violemment parce qu’il est malade. Si c’est une maladie, nous avons l’espoir qu’il guérisse. Je n’ai donc pas l’intention de le quitter. »

 Pour conclure, le cerveau de Sôseki Natsume est, encore aujourd'hui, conservé à la faculté de médecine de l’Université de Tokyo. D'après ce qu'on dit, son poids est de 1 425 grammes.